TOP 100 COMICS partie 1 (1964-1982)

Bon, alors voici la liste de mes TOP 100 COMICS. De fait, il n’y a pas vraiment beaucoup de surprises. Mais j’espère bien quand même attirer votre attention sur quelques comics en particulier.
Quelques éléments de précision : j’ai essayé, dans la mesure du possible de résumer une série en particulier par un arc ou un run, ce qui ne veut pas dire que d’autres moments de la série sont excellents (je les citerai d’ailleurs). Par exemple, plutôt que de mettre Spider-Man par Ditko et Romita, j’ai choisi un arc en particulier.
Ma première liste tournait autour de 150/200 comics, j’ai donc dû faire un gros gros tri, je mettrai je pense à la fin les laissés sur le côté de la route. Mais il a fallu faire des choix. J’ai donc essayé de ne pas mettre à chaque fois les mêmes auteurs (exception avec Moore et quelques autres) et de ne pas mettre à chaque fois la même équipe créative, sauf encore une fois rares exceptions.
Evidemment, je ne parle que de ce que j’ai lu, je n’ai pas tout lu en comics, et même si j’ai lu énormément de comics depuis 40 ans, j’ai encore quelques grosses lacunes, notamment en indépendant et en « oldies », vous remarquerez donc que la liste ne commence véritablement que dans les années 80. Je ne vois pas l’intérêt de parler de Terry and the pirates et de Prince Valiant alors que je n’en ai lu qu’un tout petit bout et que je n’ai pas assez de recul sur le sujet, cela ne signifie pas qu’il n’y avait pas de qualités à cette époque, juste que je n’ai pas assez de connaissances dessus pour faire un truc correct, de la même manière on peut y inclure les récits des années 50 pré comics code.
Il ne s’agit pas de la liste des meilleurs comics de l’univers, simplement une liste d’histoires qui, au moment de leur parution m’ont troublé, bouleversé, m’ont fait évoluer dans ma réflexion sur la manière d’aborder la bande dessinée.
J’ai voulu les mettre par ordre chronologique, mais je garde un top 10 pour la fin, donc certains numéros sont absents et seront abordés dans mon dernier post !

Voici donc la première partie de ma liste de 1964 à 1982

1.1964. Strange Tales #130/147. Dr Strange, Marvel Comics (Stan Lee / Steve Ditko)

Le DOCTOR STRANGE apparaît pour la première fois dans le magazine STRANGE TALES #110 , STRANGE TALES est un magazine un peu spécial puisqu’il regroupe en fait deux séries d’une dizaine de pages chacune. DOCTOR STRANGE, donc mais aussi les aventures de la TORCHE (qui aura un guest régulier : LA CHOSE à partir du #123) avant que les deux héros ne laissent la place à NICK FURY à partir du #135. STRANGE TALES finira sa vie au numéro 168 et la revue va changer de titre pour devenir DOCTOR STRANGE vol 1. Les premières aventures du docteur sont donc de petits récits de huit pages centrés sur la magie avec une histoire différente à chaque numéro mais dont la résolution est quasiment toujours la même : le docteur finit par se servir de son amulette magique ! Même s’ils ne sont pas parmi les plus passionnants, ces épisodes sont déjà signés par le tandem STAN LEE/STEVE DITKO et introduisent des personnages intéressants comme NIGHTMARE (dès le #110) et le BARON MORDO.
A partir du numéro #126, les histoires de STRANGE vont commencer à devenir à suivre d’un numéro sur l’autre, ce qui est un fait assez rare pour l’époque (même si il est déjà utilisé dans Fantastic Four) avec un arc introduisant le terrible DORMAMMU, démon à tête de flamme et surtout CLEA, l’intérêt amoureux de STRANGE. (STRANGE TALES #126/127, publiées dans STRANGE SPECIAL ORIGINES 172).
A l’issue du numéro 14 , LEE et DITKO vont laisser leur place à une tripotée de scénaristes et de dessinateurs (DENNY O’NEIL, DAN ADKINS, GEORGE TUSKA, ROY THOMAS) ; qui vont officier jusqu’à la transformation de STRANGE TALES en DOCTOR STRANGE à partir du numéro #169. Cette série connaîtra de très nombreux volumes et renumérotations jusqu’à aujourd’hui !
A noter qu’en 1984, lancé par les fabuleux épisodes de l’ère STERN/SMITH/GREEN, MARVEL va rééditer la saga de DORMAMMU (en changeant un peu la fin) dans quatre numéros de DOCTOR STRANGE CLASSIC avec des couvertures de JOHN BYRNE , des articles de ROGER STERN dans chaque numéro et des PIN UP d’artistes renommés qui reprendront l’intégralité de la saga. Ces quatre numéros ont été publiés en France dans les MARVEL FANFARE SPECIAL #1 et #2 en 1984 mais aussi dans le magazine ECLIPSO en 1974 ainsi que dans les pages de STRANGE SPECIAL ORIGINES pour les numéros 139/140/141 en Octobre 1983.

A la relecture, cette saga est vraiment très réussie. Non seulement elle annonce toutes les bases du mystique Marvel et de son univers avec des concepts très abstraits comme ETERNITE, mais de plus le rythme et la narration sont tout bonnement passionnants. Il faut dire que Stan Lee n’a vraisemblablement pas grand-chose à voir avec l’histoire, intégralement pensée et dessinée par Steve Ditko, dont le style convient à merveille ici. Lee se contente simplement de poser des dialogues et il le fait très bien. C’est réellement l’une des meilleures histoires à suivre du Marvel « vintage » et en tout cas l’une des plus passionnantes. Bien sûr, on ne développe pas de critique de la société, les comics Marvel n’étaient pas encore assez connus pour cela, mais c’est très bien effectué. A noter que vous pouvez trouver cette SAGA en VO dans les Masterworks Marvel ou dans certainement de futures rééditions, le film débarquant à la rentrée.

Les titres écartés de la liste au profit de celui-ci  :
-Dr Strange #17-19 (1976) (Englehart, Colan, Palmer) pour le bicentenaire de la création des USA, où Strange et Cléa retournent dans le passé et où cette dernière a une aventure avec… Benjamin Franklin !

-Triumph and Torment (1989)  (Stern, Mignola, Badger) où Strange part avec Fatalis chercher la mère de celui-ci en enfer !
De fait, la série Dr Strange a toujours été d’une excellente qualité, que ce soit avec Lee, Englehart, Stern , Green, Guice.

2. 1966.FANTASTIC FOUR #44-51, Marvel Comics  (Stan Lee/ Jack Kirby)


En ce qui me concerne, ces huit numéros font partie de la légende des comics ! En effet, on a droit coup sur coup à deux arcs de haute volée, qui correspondent certainement au moment où Lee et Kirby atteignent leur apogée créatrice sur ce titre, donnant des concepts mais aussi des histoires absolument mémorables et introduisant des personnages qui font encore l’actualité aujourd’hui. Cela commence par l’introduction des inhumains pour une longue aventure (#44-47), suivie immédiatement par l’arrivée de Galactus et du Silver Surfer. C’est tout simplement grandiose : les planches de Kirby sont phénoménales, l’action est omniprésente et c’est peut-être tout simplement le premier « blockbuster » de l’ère Marvel (#48-50). Et paradoxalement, cette aventure est encore plus mise en lumière par l’épisode 51, « This Man this Monster » qui nous livre un aspect intime et psychologique de la personnalité de Ben Grimm et qui nous montre que les deux auteurs peuvent aussi livrer des histoires moins cosmiques mais tout aussi excellentes

Titres écartés au profit de celui-ci :
On aurait aussi pu mettre dans cette liste les trois épisodes suivants (#52-54), avec la panthère noire.

3. 1967. AMAZING SPIDER-MAN #47-52, Marvel Comics (Stan Lee/ John Romita sr)

J’ai longtemps hésité car de fait, les aventures « vintage » de l’homme araignée n’ont pas vraiment vieilli (contrairement à Thor, aux Avengers, etc…) et peuvent encore se lire sans grosse difficulté aujourd’hui. Difficile donc de trouver une période significative et j’ai donc préféré mettre cette arche narrative-là plutôt que ASM #31-33 par Lee et Ditko qui elle aussi résumé bien le personnage de l’époque, tiraillé entre sa tante, ses petites amies et ses devoirs d’homme araignée, pour la simple raison que l’équipe Lee/Ditko a déjà été citée plus haut. De plus, John Romita sr est l’une des références sur Spider-Man, son design étant limite canonique pour les générations à venir. Dans ces six épisodes (que l’on a pu relire dans les vieux Strange), on a tout ce qui fait de Amazing Spider-Man et de Peter Parker un héros différent. En effet, c’est l’une des toutes premières séries où l’on s’intéresse de fait beaucoup plus au personnage derrière le masque qu’au héros en lui-même. On y voit un Peter Parker malade en train de se battre contre ses pires ennemis, le Vautour, Kraven et même le Caid et Norman Osborn viennent faire une apparition. On y trouve aussi le fameux « spider-man no more » (ASM #50) qui peut résumer à lui seul l’existence du personnage ainsi que le fameux « Team up » entre SPidey et JJ Jameson (le tout premier) contre le Caïd. On peut dire ce qu’on veut, la série n’a pas faibli après le départ de Ditko, signe que certainement Lee y était aussi pour quelque chose. Les dessins de Romita sont vraiment très réussis aussi.

Titres écartés au profit de celui-ci :
– AMAZING SPIDER-MAN #31-33 qui sont à peu près dans la même veine, le trio Peter/MJ/Gwen étant remplacé par Peter/Betty/Ned Leeds.
– AMAZING SPIDER-MAN # 56-68 des mêmes Lee et Romita qui voient une intrigue au long cours et des épisodes vraiment rondement menés avec les deux vautours, la tablette du Caïd et qui se termine par Crisis on the campus, qui nous rappelle que Stan Lee a énormément lutté en son temps pour les droits civiques à sa manière !

4. 1970 GREEN LANTERN/GREEN ARROW #76, DC Comics (Dennis O’Neil/Neal Adams/Frank Giacoia)

J’ai très longtemps hésité avant de mettre ce numéro, pourtant mythique puisqu’il s’agit d’un des plus emblématiques de l’époque. En effet, alors que les ventes de Green Lantern vivotaient et que le super-héros combattait des monstres dans l’espace, l’éditeur Julius Schwartz donne carte blanche à Dennis O’Neil et au dessinateur Neil Adams pour relancer la série, qui devient alors Green Lantern/Green Arrow pour l’occasion. Les deux auteurs, très engagés politiquement, nous proposent alors quelque chose d’assez nouveau (même si déjà effleuré par Stan Lee en face) : un comics réaliste, où les deux héros vivraient des aventures très terre-à-terre et en lien avec les problèmes de l’époque. Cela tombe très bien car Neal Adams est au maximum de sa virtuosité graphique, avec bien évidemment un ton hyper réaliste qui influencera à l’avenir de grands noms comme Bill Sienkiewicz.
Dans cette aventure, Green Lantern va intervenir alors qu’un homme blanc se fait agresser par plusieurs noirs, pour découvrir qu’en réalité ce dernier est un propriétaire véreux, qui fait vivre ses locataires dans des conditions inacceptables. L’un des locataires lui fait alors la remarque suivante (à peu de choses près) : » tu règles les problèmes des gens à la peau violette, jaune, bleue qui habitent à des millions d’années lumières de là, mais qu’as-tu-fait pour les gens à peau noire qui sont à 100 mètres de chez toi ? « .


On a de fait une opposition assez marquée entre Green Lantern alias Hal Jordan, soldat et qui respecte les règles avant tout et son acolyte Green Arrow, dont la sensibilité tend beaucoup plus à gauche. Les deux héros décident alors de partir faire un tour des Etats-Unis avec un gardien de l’univers (l’un des patrons de Green Lantern) histoire de prendre conscience des réels problèmes. C’est assez intéressant et pour le fait, assez inédit. Après, les épisodes qui suivent sont un petit peu tous dans la même veine, avec des dessins absolument magnifiques mais pour moi le scénario est un peu lourd. En effet, O’Neil se lâche et ne fait pas dans la dentelle, abordant des problèmes sur les Indiens, la surpopulation, la justice, la drogue mais c’est assez tranché et lourd à mon sens. Après, si l’on contextualise ce comics, c’est bien évidemment une grande avancée par rapport à un discours très peu engagé dans les comics mainstream de l’époque, et je comprends bien qu’il faille secouer le cocotier assez violemment, tout du moins au départ. Reste que ces épisodes ont un peu mal vieilli en termes de narration, contrairement aux dessins, absolument fantastiques !  Ce numéro est de toute façon un tournant dans l’histoire du comic-book !

Titres écartés au profit de celui-ci :
– Détective Comics #400-405 (1970) de la même équipe artistique (et Frank Robbins) et qui propose un traitement similaire à Batman, nous dévoilant une histoire vraiment bien troussée autour d’un méchant emblématique du « caped crusader », à savoir Man-Bat.

5. 1973. TOMB OF DRACULA #12-14, Marvel Comics (Marv Wolfman/Gene Colan/Tom Palmer)

Après une douzaine d’épisodes assez moyens, c’est à partir de ce moment que la série TOMB OF DRACULA, l’une des rares à l’époque à donner le premier rôle à un véritable méchant, prend son envol. En effet, après de nombreux changements de scénaristes et d’encreurs, c’est l’arrivée définitive du trio Wolfman/Colan/Palmer qui va faire des merveilles aussi bien au niveau des graphismes que de l’histoire. Il faut dire que cela doit être assez difficile de trouver une direction à une série de ce type, et Wolfman y arrive très bien en laissant Frank Drake, le héros supposé du début, et en donnant une importance primordiale aux personnages qui l’entourent, je parle de Quincy Harker, Rachel et bien évidemment Blade ! Cet épisode #12 marque aussi la mort d’un personnage important, qui va renforcer la cohésion de l’équipe et qui ressemble un peu à ce que Claremont fera avec Proudstar quelques années plus tard. S’en suit un épisode de pure vengeance, suite directe du numéro 12 qui voit Blade enfoncer un pieu dans le cœur de Dracula, qui revient à la vie le mois suivant grâce à l’hystérie d’un prédicateur des routes !

Autant les dessins d’Adams avaient un style réaliste, autant Gene Colan se permet quelques entorses à la réalité mais cela fonctionne aussi bien. De plus, son travail (notamment sur les visages) est magnifié par l’encrage de Tom Palmer qui est le meilleur complément que l’on peut donner à Colan à cette époque (même si j’aime Janson et Smith aussi). J’ai mis ces trois épisodes en exergue car ils lancent véritablement la série, mais de fait, vous pouvez tout lire jusqu’au numéro #70 qui signe la fin de l’aventure, tout est quasiment excellent. Wolfman prouve qu’il sait gérer des séries au long cours et Colan nous gratifie certainement d’un de ses meilleurs travaux. Graphiquement c’est impressionnant !

Titres écartés au profit de celui-ci :
TOMB OF DRACULA #15-70 (1973) : allez-y les yeux fermés, même si les personnages et les décors ont un peu vieilli, c’est une série magnifique avec très peu de temps morts.
6. 1973. JUNGLE ACTION #6-18 Marvel Comics, (Don Mc Gregor/ Rich Buckler-Gil Kane-Billy Graham / Klaus Janson, P Craig Russell, Dan Green, Pablo Marcos, Bob Mc Leod)


Lu assez récemment (il y a à peu près un an ou deux quand l’ESSENTIAL BLACK PANTHER est sorti), et il est vrai que cette histoire qui court sur une petite douzaine de numéros est assez impressionnante. C’est, je crois, l’un des tout premiers travaux réguliers de Don Mc Gregor, alors relecteur chez Marvel, à qui l’on donne sa chance sur un titre mineur (qui ne réditait que des histoires des années 50) avec une seule condition : que l’action se passe au Wakanda avec Black Panther. Et pour l’un de ses premiers essais, c’est absolument magistral ! Mc Gregor est assez inconnu et sous-estimé, mais le travail qu’il accomplit ici est tout juste impressionnant. Derrière une structure assez classique (un affrontement entre T’Challa et Erik Killmonger, qui veut prendre le pouvoir au Wakanda et qui entraîne à chaque épisode un combat entre la panthère et l’un des alliés de Killmonger), le scénariste se permet de développer non seulement les personnages principaux mais aussi les personnages secondaires, comme Monica Lynne ou encore les différents conseillers de T’Challa. Là aussi on a un traitement assez réaliste, bien loin de ce qu’avaient proposé Lee et Kirby dans Fantastic Four, ou même Thomas et Buscema dans les pages d’Avengers.
Mc Gregor met notre héros à rude épreuve et c’est à ma connaissance, la première fois que je vois un personnage principal aussi malmené, même Spider-Man n’a pas eu autant de misères en quelques épisodes. De plus, ce que j’aime vraiment dans ces épisodes, c’est que Mc Gregor dresse des portraits tout en nuance de ses personnages qui ne sont jamais ni tout blancs, ni tout noirs. De Black Panther à Killmonger, tous les personnages ont des doutes, des failles, des défauts ou des qualités. Même Killmonger possède une motivation légitime pour intervenir (il reproche à Black Panther de ne pas avoir sauvé la vie de son père quelques années plus tôt). Cerise sur le gâteau, on a droit à une vraie visite du Wakanda, pays qui n’avait été jusqu’ici que trop superficiellement décrit et on est bien loin de la techno-jungle ! On est tout de suite pris dans les décors et on ressent toute l’humidité et l’ambiance poisseuse du Wakanda. Car non seulement Don Mc Gregor nous propose une histoire de haute volée, mais il est accompagné par deux grands artistes qui livrent des planches remarquables. L’arc commence en effet par des pages signées Rich Buckler qui est tout simplement excellent dans ses cadrages, ses splash pages et ses compositions surprenantes, on est en plein dans les années 70 et on pourrait tout à fait rapprocher son travail de celui de Steranko ! Il est remplacé par Billy Graham, artiste qui s’est fait trop rare et qui reste tout à fait dans le ton, même si c’est peut-être un peu moins tape-à-l’œil que le travail de Buckler !

Il n’y a rien à dire, c’est une très grande bande dessinée, qui fait à mon sens évoluer un peu les titres Marvel vers un peu plus de réalisme.

Titres écartés au profit de celui-ci :
– NICK FURY, agent of SHIELD #155-168. (1967) qui en dehors de la maestria graphique de Jim Steranko me semble quand même moins évolué en terme d’histoire.

7. 1975 WARLOCK #9-15, Marvel Comics (Jim Starlin/Jim Starlin/Steve Leialoha).

A partir des années 70, les comics font donc leur crise d’adolescence et une toute nouvelle ligne d’auteurs, dix à vingt ans plus jeunes que leurs aînés, prennent le pouvoir. Ces derniers ont vécu le Vietnam et ont une conscience politique assez aiguë (comme on a pu le voir avec Dennis O’Neil) et c’est exactement ce que nous propose le WARLOCK de Jim Starlin. Ce dernier, derrière un aspect cosmique vraiment très prononcé (son héros ne remet plus les pieds sur la Terre (ou la contre-Terre) et reste, contrairement à ce que l’on peut voir actuellement dans les Gardiens de la Galaxie qui passent leur temps sur notre planète, tout le temps dans l’espace avec des créatures vraiment bizarres. Il faut dire que la drogue est aussi l’un des éléments présents dans le travail de Starlin (celui a avoué être sous influence lors de ses travaux) et cela se voit ! Le dessinateur/scénariste nous propose des tonnes d’idées bizarres, de personnages issus de son imagination la plus profonde, comme ses personnages avec une seule tête et des petits bras, où les différents trips de Warlock à l’intérieur de son propre esprit. Mais résumer Warlock à une série hallucinatoire n’est pas juste non plus ! En effet, Starlin nous donne aussi sa vision du pouvoir, de l’église et de l’asservissement d’une culture par une autre avec l’église de la vérité, une secte censée détenir la vérité universelle et qui est, de plus, dirigée par MAGUS, qui n’est rien d’autre qu’une version futuriste de notre héros ! C’est assez dérangeant et une véritable première dans l’histoire des comics Marvel où le pire ennemi du héros est littéralement … lui-même (Peter David reprendra ce concept avec le Maestro dans Incredible Hulk) ! Starlin pousse tous les concepts à l’extrême et ne peut s’empêcher d’introduire pour son final Thanos, la personnification du nihilisme (bien loin de ce qu’on peut entrevoir dans les films Marvel). Quoi d’étonnant à ce que notre odyssée se termine par la mort du héros.
En dehors de tous ces aspects, on ne peut qu’être admiratif devant les dessins très détaillés de Starlin qui confirment le côté très personnel de cette œuvre. Là aussi, nous avons un comic-book et un auteur (comme Steve Gerber) qui est totalement représentatif d’un certain esprit de l’époque et à influencé toute une génération d’auteurs mais aussi de lecteurs.

 

Titres écartés au profit de celui-ci :
– MAN THING #1-22 (1974) avec un autre grand représentant de la contre-culture de cette période et avec une conscience politique encore plus aiguisée, Steve Gerber !

8. 1976  ?
Ce titre sera dévoilé lors de la dernière liste car il fait partie de mon TOP 10 !!!!! Avec les évènements de l’année en question aux USA, il ne devrait pas trop être difficile à identifier.

9. 1978. THE ADVENTURES OF LUTHER ARKWRIGHT, Dark Horse (Bryan Talbot)

 

Lorsque je me suis essayé à mes premières critiques comics, il y a une bonne dizaine d’années j’avais parlé du premier volume du CŒUR DE L’EMPIRE , publié par KYMERA, et j’avais eu beaucoup de doutes. C’était bien, certes, mais j’avais l’impression que quelque chose manquait et surtout j’avais très peur que cette série n’aille pas jusqu’au bout ! Un forumer (rendons gloire à Mr NIX) m’avait alors fait la réflexion que quand même, AU CŒUR DE L’EMPIRE c’était franchement bien, même si ce n’était pas du niveau de LUTHER ARKWRIGHT , que j’étais un peu dur. En fait, je ne savais rien de cette série (AU COEUR DE L’EMPIRE) et je pensais naïvement que c’était le début d’une histoire et pas sa suite ! Forcément, il me manquait des choses, à savoir un livre qui racontait des aventures situées dans le passé de L’EMPIRE (on ne peut pas tout savoir…) et qui s’appelait LES AV ENTURES DE LUTHER ARKWRIGHT
Je me fis la promesse de le lire un jour. Et puis je le trouvai dans une boutique quelques années plus tard ! Et quel choc !
LUTHER ARKWRIGHT est un assez vieux concept (1978), qui a permis à l’auteur britannique BRYAN TALBOT de gagner ses titres de noblesse, inspirant même ALAN MOORE et autres GAIMAN. TALBOT venait (presque) de créer le concept du « graphic novel » avant tout le monde.
Et dieu sait qu’il a des qualités, ce livre. On peut parler de livre car c’est une bande dessinée très littéraire, avec parfois des planches entières de textes et qu’on ne peut pas lire en dix minutes. Et rien de bien surprenant puisque j’ai appris bien plus tard que TALBOT voulait en fait utiliser au départ le personnage de JERRY CORNELIUS de l’auteur de science-fiction MICHAEL MOORCOCK pour faire une BD, mais qu’en voyant la foule de concepts qui s’ouvraient à lui, il s’en était peu à peu éloigné.
Pour tous ceux qui ne connaitraient pas encore, Michael Morcook est non seulement un auteur de science-fiction très prolifique (Hawkmoon, Elric), mais aussi l’un des précurseurs des univers parallèles et du passage entre les dimensions !
L’histoire est assez compliquée : LUTHER ARKWRIGHT est un être unique, le seul qui n’ait pas d’équivalent dans les différentes versions de la terre, le seul à pouvoir passer d’une dimension à l’autre sans l’aide de machines, ce qui fait le lui l’agent principal du WOTAN, une police chargée de protéger les dimensions parallèles. Quand les disrupteurs (une faction armée qui tente d’imposer sa loi sur les différentes terres) projettent d’anéantir le multiverse, ARKWRIGHT et ses alliés vont devoir intervenir, quitte à provoquer une guerre universelle.


Ce qui est terrible, c’est que même trente ans plus tard, ce LUTHER ARKWRIGHT semble toujours aussi innovant, esthétique et recherché. Comme je le disais, TALBOT enchaîne cadrages surprenants, placarde des textes entiers illustrés, tente des astuces visuelles (utilisation des silences) pour faire de cette BD une œuvre véritablement originale et qui garde tout son sens et toute sa fraîcheur près de trois décennies plus tard !
Talbot est en plus un dessinateur hors pair, au style réaliste très détaillé et très fin qui explose véritablement sous nos yeux. Profitez-en, une intégrale de LUTHER ARKWRIGHT mais aussi de HEART OF EMPIRE est ressortie en VO très récemment !
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En tout cas, c’est un must pour tous les lecteurs de SF et tous les admirateurs de Bande dessinée. Là aussi, une bande dessinée exigeante, qui nous fait réfléchir et qui propose une véritable expérience de lecture.

10. 1982. ROM SPACEKNIGHT #31-32, Marvel Comics (Bill Mantlo/Sal Buscema/Joe Sinnott)

J’avais envie de mettre du Rom non seulement pour rendre hommage à Bill Mantlo, scénariste qui a arrêté d’écrire des comics à la suite d’un accident de roller mais aussi à l’un de mes dessinateurs préférés, Sal Buscema. Je sais, cela peut paraître bizarre de préférer Sal Buscema à son frère John mais je trouve que c’est vraiment un dessinateur comme je les aime ; toujours prêt, toujours à l’heure et finalement un style peut être pas vraiment tape à l’œil mais qui fait le job, surtout quand il est bien encré et c’est le cas ici avec Joe Sinnott.
C’est une série un peu spéciale dans la mesure où MARVEL ne détient pas les droits du personnage, puisque ROM est à la base un jouet inventé par BING MC COY et RICHARD LEVY qui le vendent à la compagnie PARKER BROTHERS. Le jouet s’appelait originalement COBOL (du nom du langage informatique) mais PARKER BROTHERS va changer son nom en ROM (Read-Only-Memory). Ce jouet était une première pour PARKER BROTHERS qui n’avait auparavant crée que des jeux de plateau (MONOPOLY entre autres) et la compagnie , un peu frileuse sur le sujet, va essayer de fabriquer le jouet le moins cher possible, ce qui donnera un résultat décevant, avec très peu d’articulations et deux gros yeux rouges symbolisés par des LED (alors qu’ils étaient censés être verts au départ, mais les LED rouges coutaient moins cher…).Afin de faire de la publicité, PARKER BROTHERS demande à MARVEL de créer un COMIC BOOK basé sur son personnage. La base de l’histoire selon PARKER BROS est très simple : ROM est un membre de l’ordre SOLSTAR, qui combat les méchants DIRE WRAITHS (Spectres noirs) et c’est à peu près tout. Ce sont donc les auteurs de la MARVEL qui vont faire de ROM un CYBORG , lui donner une origine et le faire interagir avec les différents personnage de l’univers de STAN LEE. Si ROM est toujours sous licence PARKER BROS, tous les autres personnages de la série sont des copyrights de la MARVEL.
Le jouet est un échec total, vendu à peine à 200 000 exemplaires, ce que BING MC COY imputera à la faiblesse du packaging et au peu de publicité faite autour du jouet.
PARKER BROTHERS arrête donc la ligne après une seule tentative et retourne fabriquer des jeux de société.
La série quant à elle , va durer 75 numéros et quatre annuals. ROM devient un personnage de la continuité MARVEL, interagissant avec les plus grands héros de la firme, ce qui va poser certains problèmes de droits. En effet, vu que c’est PARKER qui possède toujours les droits de ROM, MARVEL ne peut plus faire apparaître son personnage dans les comics, ni même les réimprimer. Par exemple, un numéro de POWER MAN et IRON FIST dans lequel apparaît le chevalier de l’espace a été tout simplement retiré de l’ESSENTIAL POWER MAN & IRON FIST, qui réimprimait les épisodes de cette série. MARVEL a tant bien que mal essayé de contourner le problème, en créant dans les années 90 une mini-série SPACEKNIGHTS qui met en scène un pseudo-ROM qui n’a pas le même nom et dont l’armure a été relookée, mais sans grand succès
On peut apercevoir de temps en temps certains clins d’œil au chevalier de l’espace, notamment dans la production de PETER DAVID ; qui n’hésitera pas à le faire apparaître (sans donner son nom) sous sa forme humaine au mariage de RICK JONES et MARLO CHANDLER. Plus tard, dans la série CAPTAIN MARVEL vol 3 ; on peut apercevoir un grille pain qui a la forme du casque de notre héros chez RICK JONES.
On peut le revoir aussi dans EARTH X (ALEX ROSS- JIM KRUEGER- DOUGIE BRAITHWAITE), où ce dernier (toujours sous sa forme humaine) est emprisonné dans les limbes.
Récemment, IDW a récupéré les droits du personnage et propose une nouvelle série qui s’inspire uniquement du traitement PARKER BROS (ils ne peuvent donc pas réutiliser les personnages Marvel ni les autres chevaliers). Pour le moment, c’est loin d’être très convaincant.
ROM a été publié en France dans le magazine STRANGE pendant quatre ans, mais beaucoup de ces épisodes ont été complètement retouchés ou censurés en raison de la violence ou de l’aspect répugnant de certains ennemis du chevalier de l’espace. Les lecteurs Français n’ont d’ailleurs jamais connu la fin de la saga, dont la traduction s’arrête au numéro 48 et ROM reste dans l’esprit des lecteurs de cette époque un excellent souvenir. A la relecture, la série ROM (qui a certains défauts évidents) propose parfois de splendides histoires et d’intenses moments de bande dessinée.
Si elle n’atteint jamais des sommets, elle nous offre néanmoins une saga de bonne qualité fait par des auteurs, qui eux aussi sans être géniaux donnent leur meilleur. Le seul problème reste véritablement la fin gâchée par le scénario de MANTLO qui n’a plus vraiment d’idées et la piètre prestation de DITKO, absolument pas à l’aise avec ces cyborgs métalliques.
Et tout bien considéré, les noms des artistes qui ont participé à la série est assez impressionnant. En dehors des deux dessinateurs principaux (SAL BUSCEMA du #1 au #59 et le légendaire STEVE DITKO qui reprendra (malheureusement)les rênes jusqu’à la fin) , on pourra noter les noms de AL MILGROM, AKIN & GARVEY, P.CRAIG RUSSEL, JACKSON GUICE, JOHN BYRNE, BOB LAYTON , MICHAEL GOLDEN et BILL SIENKIEWICZ au casting de la série.
On peut distinguer plusieurs périodes dans la série, qui correspondent plus ou moins à l’arrivée de nouveaux rédacteurs en chef, qui vont à chaque fois donner une nouvelle direction au personnage, toujours scénarisé par BILL MANTLO…

J’ai choisi de mettre en valeur l’épisode en deux parties concernant Hybrid et les X-Men car ils sont les tout premiers d’ANN NOCENTI alors rédactrice en chef des X-MEN et qui va donner une direction beaucoup plus mystique et magique à la série. Elle va plonger nôtre héros au cœur d’une macabre machination initiée par les spectres sorciers. Mais avant, elle nous offre avec MANTLO le retour de HYBRID (un personnage déjà apparu dans ROM #10), qui affronte non seulement ROM, mais en plus la CONFRERIE DES MAUVAIS MUTANTS et en particulier MYSTIQUE, DESTINEE et MALICIA ! Ces épisodes sont tout bonnement excellents, MANTLO arrivant à capturer l’esprit des personnages de cette confrérie, notamment celui un peu plus ambigu de MALICIA, qu’il décrit comme une jeune femme fragile qui ne sait pas trop où elle en est (elle rejoindra d’ailleurs quelques temps plus tard les X-MEN et passera du côté des « gentils »). Ces épisodes sont vraiment très prenants et procurent encore aujourd’hui une émotion un peu malsaine pour une série mainstream. Je voulais la mettre en valeur avec cette liste.

 

 

 

La suite très rapidement

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. ARROWSMITH dit :

    Bill Mantlo qui était en rollers, c’est surtout fait renverser par une voiture qui a pris la fuite. Le conducteur n’a jamais été retrouvé et le scénariste est depuis alité. Triste.

    Aimé par 1 personne

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