ROM Spaceknight : une série à moitié inédite en VF

ROM SPACEKNIGHT

 


Couverture de STRANGE 137 ; merci à COMICVF !

ROM SPACEKNIGHT est une série créée par BILL MANTLO et AL MILGROM, dont le premier numéro est daté de Décembre 1979.
C’est une série un peu spéciale dans la mesure où MARVEL ne détient pas les droits du personnage, puisque ROM est à la base un jouet inventé par BING MC COY et RICHARD LEVY qui le vendent à la compagnie PARKER BROTHERS.


Le jouet : on comprend que cela n’ait pas bien marché

Le jouet s’appelait originalement COBOL (du nom du langage informatique) mais PARKER BROTHERS va changer son nom en ROM (Read-Only-Memory). Ce jouet était une première pour PARKER BROTHERS qui n’avait auparavant crée que des jeux de plateau (MONOPOLY entre autres) et la compagnie , un peu frileuse sur le sujet, va essayer de fabriquer le jouet le moins cher possible, ce qui donnera un résultat décevant, avec très peu d’articulations et deux gros yeux rouges symbolisés par des LED (alors qu’ils étaient censés être verts au départ, mais les LED rouges coutaient moins cher…)


ROM #1 ; première couverture, bien en dessous de la version VF de JEAN FRISANO

Afin de faire de la publicité, PARKER BROTHERS demande à MARVEL de créer un COMIC BOOK basé sur son personnage. La base de l’histoire selon PARKER BROS est très simple : ROM est un membre de l’ordre SOLSTAR, qui combat les méchants DIRE WRAITHS (Spectres noirs) et c’est à peu près tout. Ce sont donc les auteurs de la MARVEL qui vont faire de ROM un CYBORG , lui donner une origine et le faire interagir avec les différents personnage de l’univers de STAN LEE. Si ROM est toujours sous licence PARKER BROS, tous les autres personnages de la série sont des copyrights de la MARVEL.
Le jouet est un échec total, vendu à peine à 200 000 exemplaires, ce que BING MC COY imputera à la faiblesse du packaging et au peu de publicité faite autour du jouet.
PARKER BROTHERS arrête donc la ligne après une seule tentative et retourne fabriquer des jeux de société.


Publicité pour ROM dans les comics MARVEL de l’époque

La série quant à elle , va durer 75 numéros et quatre annuals. ROM devient un personnage de la continuité MARVEL, interagissant avec les plus grands héros de la firme, ce qui va poser certains problèmes de droits. En effet, vu que c’est PARKER qui possède toujours les droits de ROM, MARVEL ne peut plus faire apparaître son personnage dans les comics, ni même les réimprimer. Par exemple, un numéro de POWER MAN et IRON FIST dans lequel apparaît le chevalier de l’espace a été tout simplement retiré de l’ESSENTIAL POWER MAN & IRON FIST, qui réimprimait les épisodes de cette série. MARVEL a tant bien que mal essayé de contourner le problème, en créant dans les années 90 une mini-série SPACEKNIGHTS qui met en scène un pseudo-ROM qui n’a pas le même nom et dont l’armure a été relookée, mais sans grand succès
On peut apercevoir de temps en temps certains clins d’œil au chevalier de l’espace, notamment dans la production de PETER DAVID ; qui n’hésitera pas à le faire apparaître (sans donner son nom) sous sa forme humaine au mariage de RICK JONES et MARLO CHANDLER. Plus tard, dans la série CAPTAIN MARVEL vol 3 ; on peut apercevoir un grille pain qui a la forme du casque de notre héros chez RICK JONES.
On peut le revoir aussi dans EARTH X (ALEX ROSS- JIM KRUEGER- DOUGIE BRAITHWAITE), où ce dernier (toujours sous sa forme humaine) est emprisonné dans les limbes.
Il y a quelques mois, MARVEL a crée un personnage cosmique répondant au nom de WRAITH (le SPECTRE) mais il n’avait aucun rapport avec les ennemis du chevalier de l’espace.


Cuverture de ROM #3 par FRANK MILLER

La réimpression des épisodes du chevalier en armure est toujours au point mort, en dépit de la demande de certains fans , et du co-créateur de la série BILL MANTLO, gravement malade depuis qu’il se soit fait renverser par une voiture en faisant du roller (Il est depuis sous aide médicale constante, et ne s’est jamais remis du traumatisme crânien qui lui a coûté un séjour dans le coma).
ROM a été publié en France dans la magazine STRANGE pendant quatre ans, mais beaucoup de ces épisodes ont été complètement retouchés ou censurés en raison de la violence ou de l’aspect répugnant de certains ennemis du chevalier de l’espace. Les lecteurs Français n’ont d’ailleurs jamais connu la fin de la saga, dont la traduction s’arrête au numéro 48 et ROM reste dans l’esprit des lecteurs de cette époque un excellent souvenir.
Ce sont ces souvenirs que je vais essayer de réveiller pour les anciens lecteurs, car à la relecture, la série ROM (qui a certains défauts évidents) propose parfois de splendides histoires et d’intenses moments de bande dessinée.
Si elle n’atteint jamais des sommets , elle nous offre néanmoins une saga de bonne qualité fait par des auteurs, qui eux aussi sans être géniaux donnent leur meilleur. Le seul problème reste véritablement la fin gâchée par le scénario de MANTLO qui n’a plus vraiment d’idées et la piètre prestation de DITKO, absolument pas à l’aise avec ces cyborgs métalliques.
Et tout bien considéré, les noms des artistes qui ont participé à la série est assez impressionnant. En dehors des deux dessinateurs principaux (SAL BUSCEMA du #1 au #59 et le légendaire STEVE DITKO qui reprendra (malheureusement)les rênes jusqu’à la fin) , on pourra noter les noms de AL MILGROM, AKIN & GARVEY, P.CRAIG RUSSEL, JACKSON GUICE, JOHN BYRNE, BOB LAYTON , MICHAEL GOLDEN et BILL SIENKIEWICZ au casting de la série.
On peut distinguer plusieurs périodes dans la série, qui correspondent plus ou moins à l’arrivée de nouveaux rédacteurs en chef, qui vont à chaque fois donner une nouvelle direction au personnage, toujours scénarisé par BILL MANTLO…

Attachez vos ceintures et préparez vous au voyage !

Première période : MARY JO DUFFY ; la science fiction à l’honneur.
La première rédactrice en chef de ROM SPACEKNIGHT n’est autre que MARY JO DUFFY, connue essentiellement pour ses scenarii sur STAR WARS (on notera que JO DUFFY a elle aussi connu un tragique accident qui lui a valu une importante intervention chirurgicale sur sa jambe droite ; reconvertie dans les assurances, elle sera évacuée par les pompiers du WORLD TRADE CENTER le 11/09). Il n’est donc pas étonnant que la série commence par un style proche de celui de la science fiction, surtout que les magazines MARVEL de l’époque regorgent de publicité pour le film de GEORGE LUCAS. ROM est un chevalier de l’espace de la planète GALADOR qui a parcouru l’univers depuis 200 ans à la recherche des ennemis jurés de son peuple, les terribles et malfaisants spectres noirs, qui peuvent changer de forme et qui ont infiltré la terre. En effet, les spectres noirs ont perdu la bataille contre les GALADORIENS , qui ont donné leur humanité afin qu’on les greffe à des armures hyper puissantes qui leur permettent de repousser et de vaincre ‘ennemi. Ils forment le corps des chevaliers de l’espace et décident à la fin de leur bataille victorieuse, d’éradiquer les spectres noirs dans tous les recoins de l’univers. Les débuts de ROM sont difficiles, il arrive à CLAIRTON en VIRGINIE où la population locale le prend pour un robot tueur.


Contrairement à ce que toute la population pense, ROM ne tue pas des humains, il bannit des spectres !

En effet, ROM possède une arme puissante : un neutraliseur qui lui permet non pas de tuer, mais d’expédier les spectres noirs dans les limbes sans espoir de retour. Les habitants de la Terre ne voient malheureusement qu’ un robot géant tuer des humains alors qu’en fait il ne s’agit que de spectres déguisés que seul l’analysateur de ROM permet de déceler. (En dehors de ces deux armes, il possède aussi un traducteur qui lui permet de communiquer avec les autres). La première personne qu’il rencontre est une jeune femme de la ville, qui répond au nom de BRANDY CLARK, elle vit avec sa famille à CLAIRTON depuis longtemps et est fiancée à un garagiste du coin, STEVE JACKSON. BRANDY va tout de suite essayer de protéger ROM et de défendre son histoire, mais personne ne la croit.


ROM et BRANDY CLARK

On a donc un triangle amoureux qui va petit à petit s’installer, BRANDY étant de plus en plus attirée par le cyborg sous le regard effondré et désabusé de son petit ami, qui ne peut rien y faire. ROM quant à lui est aussi très attiré par BRANDY, mais il ne veut pas avouer son amour, prisonnier qu’il est de son armure : il se dit qu’elle sera mieux avec un homme, un vrai. On retrouve les intrigues classiques de la MARVEL de l’époque et la relation BRANDY/ROM ressemble un peu à celle de la VISION et de la SORCIERE ROUGE.
Après quelques épisodes, STEVE et une grande partie de la ville va accepter ROM et l’aider dans sa quête d’éradication des spectres noirs ; cachant le chevalier de l’espace aux yeux de quelques journalistes et surtout des spectres noirs, qui tiennent des postes assez importants dans la hiérarchie de la ville, voire de l’état.


Le triangle amoureux classique : ROM, BRANDY et STEVE JACKSON

Dés le numéro 3 ; on s’aperçoit que le SHIELD, l’organisation gouvernementale de l’univers MARVEL est infiltré par les spectres noirs (ce qui nous rappelle quand même beaucoup SECRET INVASION) , cela a pour mérite de situer ROM comme un personnage du monde MARVEL à part entière, même si pour le moment, sa guerre est confinée à CLAIRTON.
La légende des SPACEKNIGHTS commence à se développer dés le numéro 4, où la technologie des spectres permet de greffer une armure semblable à celle de ROM à un criminel notoire (ARCHIE STRYKER) qui considère notre héros comme un criminel. On apprend que cette armure est celle de KARAS, un ami GALADORIEN de ROM qui lui aussi avait sacrifié son humanité pour repousser les spectres. Cela permet d’étoffer complètement le casting et de donner une véritable base historique au personnage, il y a d’autres chevaliers, tous avec des pouvoirs différents et on peut se demander si ce n’est pas une demande de PARKER BROTHERS afin de constituer la ligne de jouets (avant que ce soit un échec). Mais KARAS et les autres sont des créations de MANTLO et BUSCEMA, d’ailleurs, ils sont sous licence MARVEL.


Tandis que ROM combat STRYKER/KARAS ; BRANDY et STEVE comprennent la véritable nature des spectres !

Le premier super héros à faire une apparition dans le magazine est le DOCTOR STRANGE, le grand magicien de chez MARVEL, et ce dès le #5. Les deux héros ne se rencontreront pas physiquement dans cette histoire de manoir hanté. Cet épisode #5 propose un autre aspect de l’histoire de ROM, confrontant notre héros à des menaces qui ne sont pas des spectres noirs et introduisant l’aspect magique dans la série. Car dès le numéro #6 ; MANTLO fait grandir la menace qui pèse sur la terre. En effet, on apprend que les spectres noirs ne sont pas que des méchants extraterrestres polymorphes (comme les SKRULLS) , mais aussi de grands sorciers qui peuvent lancer des menaces mystiques que notre chevalier en armure aura beaucoup de mal à combattre , on se rappellera du design très efficace des DEATHWING, sorte de monstres ailés et surtout des HELLHOUNDS OF THE BLACK NEBULA, qui sont en fait les chiens de chasse des spectres noirs et qui sont à l’origine de vrais chiens terrestres modifiés magiquement.


Les HELLHOUNDS

Après s’être battu avec SERPENTYNE (un ennemi de MISS MARVEL), ROM se fait confisquer son neutralisateur par les spectres : il doit absolument sortir de CLAIRTON pour aller le rechercher dans une base gouvernementale contrôlée par les vilains en plein WASHINGTON. Il réussira à récupérer son arme grâce à STRYKER, toujours dans l’armure de KARAS et qui va se ranger aux côtés de ROM (#10-11). Ces épisodes marquent un tournant dans la série. Le revirement de STRYKER marque plus ou moins la fin de la méfiance des humains à l’égard de ROM, qui va bientôt rencontrer l’un des personnages fétiches de BILL MANTLO : le VALET DE CŒUR , qui abusé par les spectres , va laisser notre héros sans vie au fond d’un lac. En effet, les preuves de l’existence des spectres commencent petit à petit à apparaître, mais ces derniers contrôlent encore l’information en capturant les journalistes ou en faisait disparaître les photos ou les articles compromettants. C’est une véritable conspiration mondiale.


Mister ROM à WASHINGTON, couverture de MIKE GOLDEN

ROM, lui, va recouvrer ses forces tout en combattant un méchant secondaire de l’univers MARVEL, le PLUNDERER.
Ce numéro #13 est important car commencent à apparaître en fin d’épisode les TALES OF THE SPACEKNIGHTS qui nous racontent les origines de ROM et des chevaliers de l’espace de GALADOR, leurs différentes aventures et leur guerre contre les spectres. L’hommage aux TALES OF ASGARD de THOR est assez appuyé, et cela va permettre à MANTLO de préparer le retour de ROM sur GALADOR dans le numéro #25.
Après une bataille anecdotique contre le PENSEUR FOU, un ennemi des quatre fantastiques, ROM revient à CLAIRTON pour me mariage de BRANDY et STEVE. Mais STEVE a été remplacé par un spectre noir, qui ont profité de l’absence de ROM pour capturer (et remplacer) une bonne partie de la ville. ROM arrive juste à temps pour sauver l’élue de son cœur et libère tous les habitants. Le mariage n’a donc pas lieu et le fossé se creuse entre BRANDY et STEVE.


ROM empêche le mariage de BRANDY et du faux STEVE JACKSON, cela va rapprocher les deux personnages encore plus !

Les TALES OF THE SPACEKNIGHTS continuent toujours en fin d’épisode, et nous livrent la première apparition de TERMINATOR et STARSHINE, deux chevaliers de l’espace qui auront leur importance plus tard.
La saga de ROM atteint son premier point culminant dans les épisodes #17 et #18 qui vont introduire un vilain majeur et tout à fait réussi : HYBRID, qui comme son nom l’indique est le fruit de la liaison d’une humaine et d’un spectre noir. C’est aussi l’occasion pour notre chevalier de l’espace de rencontrer le groupe de mutants le plus célèbre de la bande dessinée : les X-MEN.
Ces deux épisodes (qui ont été terriblement censurés et réduits à 22 pages en France) sont excellents, MANTLO faisant un tour dans l’horreur pure. Le design de BUSCEMA est fantastique et on est vraiment écœuré par l’apparence du monstre et ses actions. HYBRID finira banni dans les limbes par la jeune KITTY PRYDE qui va malencontreusement envoyer aussi ROM dans cet endroit pas encore exploré dans la série. C’est à ce moment que JO DUFFY est remplacée par AL MILGROM, scénariste et dessinateur historique de MARVEL, qui signe aussi la plupart des couvertures (ratées) de la série.


ROM et les X-MEN face à HYBRID, le spectre mutant, le vilain le plus réussi de la série

Toute cette première période a réussi à introduire ROM, son histoire et à l’ancrer dans l’univers MARVEL par petites touches, de sorte que si de plus en plus de gens commencent à prendre conscience de la présence des spectres, personne n’a encore averti les grands héros que sont les VENGEURS ou les quatre FANTASTIQUES.
SAL BUSCEMA livre l’un de ses meilleurs travaux, surtout qu’il s’encre lui même. Quelques mots sur les couvertures, signées pour la plupart MILGROM ou ED HANNIGAN qui sont absolument épouvantables et indignes de la série. On notera quand même quelques couvertures signées MIKE GOLDEN et FRANK MILLER qui relèvent le niveau.

La période MILGROM
C’est donc AL MILGROM qui va tenir les rênes éditoriaux de la série du numéro #19 au numéro #30 , une de ces premières décisions : adjoindre à BUSCEMA un encreur de légende ; le fameux JOE SINNOTT, encreur de KIRBY sur THOR, les traits de BUSCEMA vont alors devenir un petit peu moins hachés et cela fonctionne très bien. Il faut dire que BUSCEMA convient à pas mal d’encreurs au style assez différent, et on remarque tout de suite le changement. Le début de la période MILGROM est surtout une préparation au retour de ROM sur la planète GALADOR, après avoir retrouvé et laissé le véritable KARAS dans les limbes et affronté le FANTOME de l’ESPACE (l’un des premiers vilains de l’univers MARVEL qui vit dans les limbes et aperçu dans les tout premiers numéros des VENGEURS), ROM doit faire face aux machinations de MENTUS , un ennemi de GALADOR qui a réussi à convaincre le chevalier de l’espace TERMINATOR de la justesse de sa cause et qui apparaît surtout dans la partie dédiée aux TALES OF THE SPACEKNIGHTS.
ROM a alors des visions de ses anciens amis chevaliers de l’espace qui lui intiment l’ordre de retourner à GALADOR, prétextant que cette dernière est détruite ; il s’agit bien évidemment d’une machination de MENTUS pour obliger ROM à revenir sur sa planète natale. Il ne va pas hésiter une seule seconde.
Mais ROM ne peut pas laisser CLAIRTON sans défense, MANTLO va donc nous réintroduire le personnage de TORPEDO (alias BROCK JONES et apparu dans DAREDEVIL sous la plume de MARV WOLFMAN) qui devient le protecteur de la ville en l’absence du chevalier.


Arrivée de TORPEDO, nouveau protecteur de CLAIRTON

Mais pour franchir l’espace, il faut un vaisseau, ce qui donne lieu au seul crossover de la série, à savoir un numéro qui commence dans POWER MAN & IRON FIST #73 (Avec MARY JO DUFFY au scénario et GREG LAROCQUE aux dessins) et qui se termine dans ROM #23 , où notre chevalier emprunte à REED RICHARDS, le leader des quatre fantastiques, une fusée spatiale. La menace des SPETCRES NOIRS est maintenant connue par les plus grands héros de MARVEL, qui ne vont pourtant pas beaucoup bouger ! Après être passé par le système solaire XANDARIEN où ROM va rencontrer le NOVA CORPS, il arrive enfin sur GALADOR pour se rendre compte que le dirigeant de la planète a été remplacé par…..ROM lui-même !
En effet, MENTUS a greffé l’esprit du chevalier renégat TERMINATOR dans une armure identique à celle de ROM et qui est surtout constituée des restes du matériel génétique de ce dernier, ce qui va l’empêcher notre héros de retrouver un jour une forme humaine.


ROM, MENTUS et TERMINATOR/Rom et un joli aperçu du style verbeux de BILL MANTLO

Comme si ça ne suffisait pas, GALACTUS (le dévoreur de planète et ennemi mythique des FANTASTIC FOUR) débarque dés le #26. Afin d’éviter que la planète qu’il vient à peine de retrouver sombre dans le néant, ROM joue le héraut de GALACTUS pendant un moment, et convainc la puissance cosmique de se détourner de GALADOR pour engloutir la planète des spectres (WRAITHWORLD) . On s’étonne de voir notre héros aussi enclin a provoquer un génocide ( rappelons nous qu’il ne tue pas les spectres, il les bannit dans les limbes) mais on comprend très vite qu’il s’agit d’une ruse. En effet, le monde des spectres (inhabité puisque tous les spectres ont été défaits par les chevaliers de l’espace 200 ans plus tôt et disséminés dans tous les recoins de la galaxie) , nourri par l’énergie maléfique de la NEBULEUSE NOIRE où il se trouve est impossible à assimiler pour GALACTUS, au contraire, le monde des spectres se nourrit de la puissance de la divinité cosmique dévoreuse de planètes.
GALACTUS se voit obligé de laisser tomber le monde des spectres, et il est bien ennuyé car il a promis à ROM de laisser GALADOR tranquille si celui ci le conduisait sur WRAITHWORLD, la part du contrat étant remplie, il ne peut donc pas se venger…
Il va quand même déplacer GALADOR dans l’espace et ne pas révéler sa nouvelle location à ROM et aux chevaliers de l’espace qui l’accompagnent, faisant de ces derniers des parias qui ne savent plus où aller.


La vengeance de GALACTUS

TERMINATOR meurt dans le combat, balayant les derniers espoirs de notre héros quand à la possibilité de retrouver son humanité. Les chevaliers de l’espace se séparent et ROM retourne avec STARSHINE sur la Terre, où CLAIRTON a une fois de plus été envahie par les SPECTRES, qui ont capturé la moitié de la ville et en dépit des efforts de TORPEDO, qui n’a pas d’analyseur permettant de révéler la véritable nature des spectres.
Ils réussiront à se défaire de la menace, avec l’aide de l’homme taupe, vilain lui aussi mythique des FANTASTIC FOUR et que MANTLO avait déjà utilisé dans SPIDER MAN aux JEUX OLYMPIQUES ! STARSHINE, jalouse de l’affection de ROM pour BRANDY meurt dans l’épisode #28 en se sacrifiant !
La saga de GALACTUS et sa suite forment des numéros encore une fois extrêmement bien ficelés et passionnants de bout en bout !
Les numéros #29 et #30 , un peu plus faibles, vont mettre ROM aux prises avec deux anciens ennemis de HULK, à savoir le MISSING LINK et METAL MASTER, ce qui n’est pas une surprise dans la mesure où le duo MANTLO/BUCSCEMA officie aussi sur la série HULK !

ANN NOCENTI : magie et mysticisme
C’est à partir du #31 que AL MILGROM est remplacé par ANN NOCENTI, alors rédactrice en chef des X-MEN et qui va donner une direction beaucoup plus mystique et magique à la série. Elle va plonger nôtre héros au cœur d’une macabre machination initiée par les spectres sorciers. Mais avant, elle nous offre avec MANTLO le retour de HYBRID , qui affronte non seulement ROM, mais en plus la CONFRERIE DES MAUVAIS MUTANTS et en particulier MYSTIQUE, DESTINEE et MALICIA ! Ces épisodes sont tout bonnement excellents, MANTLO arrivant à capturer l’esprit des personnages de cette confrérie, notamment celui un peu plus ambigu de MALICIA, qu’il décrit comme une jeune femme fragile qui ne sait pas trop où elle en est (elle rejoindra d’ailleurs quelques temps plus tard les X-MEN et passera du côté des « gentils ») . Encore une fois, ce dyptique ROM #31-32 est l’une des meilleures histoires de la série et l’ambiance n’est vraiment pas étonnante quand on connaît un peu le travail de NOCENTI.


MALICIA, ROM et HYBRID pour l’un des grands moments de la série

Enfin, CLAIRTON est purgée de tous les spectres noirs son protecteur TORPEDO, peut maintenant déceler les éventuels spectres cachés dans la population grâce à son analyseur (cadeau de ROM). Ce dernier, condamné à rester pour l’éternité dans sa boite de conserve depuis l’incident avec TERMINATOR, ne veut pas faire souffrir BRANDY il quitte donc la petite ville, laissant la jeune femme éplorée. Cela permet à ROM de faire un petit tour à travers le monde , du royaume sous marin d’ATLANTIS jusqu’au royaume uni. Tous ces épisodes (#33-40) sont particulièrement efficaces et intéressants, nous présentant par exemple la jeune aveugle SYBIL, qui finira comme pupille de NAMOR, le prince des mers (avant de disparaître dans les limbes scénaristiques cette fois, puisqu’on ne retrouvera plus jamais sa trace dans quelconque revue MARVEL) . Ils forment un tout cohérent, un arc complet qui met donc ROM aux prises avec la branche des spectres sorciers, qui s’en prennent à des enfants à travers le monde.


La jeune SYBIL sous l’encrage particulièrement soigné de AKIN et GARVEY

Leur but : réveiller le DWELLER OF THE THRESHOLD, entité cosmique et malfaisante venant directement de la nébuleuse noire. ROM va bien évidemment mettre fin à la machination (avec d’abord l’aide de NAMOR, puis celle de SHANG-SHI, master of kung fu ! ) et se sacrifier pour retenir le DWELLER dans son royaume magique.
A CLAIRTON, BRANDY n’arrive pas à encaisser le départ de ROM, elle envoie balader en quelques phrases le pauvre STEVE JACKSON et passe un marché avec un spectre (le DOCTOR DREDD) qui greffe son corps sur l’armure de STARSHINE ! Il en profite pour la contrôler mentalement et l’enlève aux yeux de toute la ville de CLAIRTON.


La fusion BRANDY/STARSHINE avec au premier plan, le DOCTEUR DREDD

ROM se débarrasse du DWELLER avec l’aide du DOCTOR STRANGE, qui viendra lui donner un coup de main face non seulement au DWELLER , mais aussi au TRIBUNAL VIVANT ! C’est au #41 qu’ANN NOCENTI laisse la place au tout nouvel éditeur de la série : RALPH MACCHIO.
Ce court passage sur la série est là aussi un des meilleurs ; MANTLO nous introduisant plus correctement la branche des spectres sorciers, sans toutefois nous dévoiler leur véritable apparence, qui viendra plus tard. Il amorce en fait le changement de look des spectres noirs qui arrivera au #48.


ROM affronte le DWELLER avec l’aide du DOCTOR STRANGE

NOCENTI a amené avec elle le splendide duo d’encreurs IAN AKIN et BRIAN GARVEY qui sublimement complètement le travail de BUSCEMA, donnant une poésie et une texture tout à fait remarquable à ses dessins, même si le grand SAL n’appréciait pas vraiment leur travail. Ils vont rester un long moment comme encreurs de la série.
On passera rapidement sur le premier annual qui propose deux épisodes assez insipides dessinées par PAT BRODERICK et GREG LAROCQUE et qui n’a d’autre particularité que d’être le premier travail de BUTCH GUICE en tant que dessinateur (non crédité ) chez MARVEL pour épauler BRODERICK.

RALPH MACCHIO et La WRAITHWA
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L’arrivée de RALPH MACCHIO (secondé par le tout jeune BOB HARRAS qui deviendra plus tard le rédacteur en chef de MARVEL) se fait sans grand changements au départ ; c’est la continuité de run de NOCENTI, mais ROM devient paradoxalement une série beaucoup moins axée sur la magie ! On replonge dans les recoins les plus obscurs de l’univers MARVEL avec QUASIMODO, l’ordinateur vivant (ennemi encore une fois de HULK) qui s’est allié avec les spectres et qui redonne à ROM sa forme humaine , s’emparant de son armure, au moment même où STARSHINE/BRANDY débarque pour le détruire. C’est une histoire classique : les amants ne pourront jamais être réunis ! A la fin de l’histoire, trahi par les spectres et acculé par STARSHINE, QUASIMODO se voit obligé de redonner à ROM son armure, et ce dernier débarrasse STARSHINE de l’emprise du DOCTEUR DREDD.


MAntlo inverse les rôles : c’est la BRANDY chevalier de l’espace qui va sauver un ROM humain en train de se décomposer !

Les deux chevaliers de l’espace vont maintenant pourvoir vivre leur amour au grand jour (il faudra néanmoins qu’ils s’allient avant avec les SUPER SOLDATS SOVIETIQUES pour combattre les spectres en plein cœur de la Sibérie. ). Ces épisodes, jusqu’au #46 marquent un véritable tournant dans la série, qui va complètement changer de direction dés le #47. BUSCEMA dessine des zombies horribles à souhait, nous donnant des corps à moitié décomposés encrés par le duo AKIN/GARVEY qui fait véritablement des merveilles. On note aussi que le #47 est le dernier épisode publié en France, qui décide d’arrêter la publication de la série pour mettre à la place les beaucoup plus impressionnants membres de la DIVISION ALPHA par JOHN BYRNE (STRANGE # 178) !


UN amour qui fait des étincelles

La suite, inédite en France donc, est un peu moins réussie.
MACCHIO et MANTLO décident de repartir à zéro et demandent au génial WALT SIMONSON de « redesigner » les spectres (ceux ci étant polymorphes, ce n’est pas véritablement un problème). Ce dernier propose un look absolument digne des pires films d’horreur ! Les pouvoirs des spectres vont eux-même changer, puisqu’ils possèdent désormais non plus la seule capacité de changer de forme, mais d’absorber les souvenirs de leurs victimes en leur perforant le cerveau avec leur langue ! (Horrifique on vous dit, on comprend d’ailleurs pourquoi LUG/SEMIC et leurs problèmes de censure ont jeté l’éponge en VF ).
Ce nouveau design explose sur la couverture du #47 , dessinée par BILL SIENKIEWICZ et qui est l’une de meilleures de toute la série !


Les nouveaux spectres désignés par WALT SIMONSON sous le crayon de BILL SIENKIEWICZ

Le changement est quand même radical et MANTLO doit se fendre d’une explication pas vraiment convaincante. En fait, ces nouveaux spectres sont ceux issus de la branche magique des spectres noirs (en opposition aux spectres issus de la branche scientifique) , qui, s’apercevant que les plans de domination de la Terre menés par les scientifiques n’ont pas fonctionné, exterminent ces derniers. On peut à la rigueur comprendre, ; mais le problème est que plus personne n’utilisera le design des premiers spectres dans les épisodes qui vont suivre. Clairement, l’explication n’est pas très convaincante et surtout assez mal utilisée. Le passage entre les scientifiques et les magiciens s’effectue en une dizaine de pages et un seul combat dans un musée.


L’affrontement spectres sorciers/spectres scientifiques qui ne durera qu’une dizaine de pages !

MANTLO commence alors à parsemer la série d’ épisodes assez bizarres et très mal fichus, mettant ROM et STARSHINE face à des ennemis de plus en plus improbables (comme le #47 où ils affrontent un robot de dessin animé !)
Après un deuxième annual qui introduit le SPACEKNIGHT SQUADRON (d’autres chevaliers de l’espace encore jamais mentionnés jusque là) et qui entérine l’hégémonie des spectres sorciers, la série atteint donc son #50 et opte pour un tournant assez radical, qui lui sera fatal.
En effet, MANTLO décide d’exterminer tout son casting d’origine : CLAIRTON est attaquée par les spectres sorciers qui tuent tous les habitants : STEVE JACKSON, la famille de BARNDY, TORPEDO, tous ces personnages qui avaient encore un peu de potentiel meurent en une dizaine de pages. Les spectres enclenchent une attaque massive et en règle de la Terre, et il va falloir réagir !


Tout le casting initial disparaît, on sent MANTLO pressé de changer de direction !

C’est le début de la WRAITHWAR ! On apprend aussi dans ce numéro double que les SPECTRES sont une race déviante des SKRULLS, qui ont les mêmes pouvoirs de polymorphie ! Les SPECTRES et les SKRULLS sont des ennemis, ce sont d’ailleurs les SKRULLS qui vont débarrasser CLAIRTON de la menace des spectres sans qu’on comprenne trop pourquoi d’ailleurs, si ce n’est que les deux races ne s’apprécient pas.


Le SPECTRE KILL KREW

Les épisodes #51 à #55 voient donc l’entrée en guerre des humains contre les spectres. ROM et STARSHINE (redesignée elle aussi) , devenue depuis la mort de ses parents et de ses amies un personnage très irritable qui passe son temps à pleurer dans son coin s’allient avec le SHIELD et les USA pour combattre les envahisseurs extraterrestres. ROM fait même une brève apparition à l’ONU ! Si les couvertures, dessinées pour la plupart par BILL SIENKIEWICZ sont terriblement attirantes, l’intérieur l’est beaucoup moins. AKIN et GARVEY sont remplacés par MEL CANDIDO , qui effectue sur les crayonnés de BUSCEMA un travail de cochon : son encrage gras et lourd n’apporte rien du tout : pire, il déprécie les traits du dessinateur.
Le comble, c’est que BILL SIENKIEWICZ vient lui même encrer quelques pages par ci par là tout au long de ces numéros et qu’on se prend à rêver d’une association qui aurait vraiment eu beaucoup de cachet !


ROM et RONALD REAGAN (encrage de BILL S.)

(Il faudra attendre quelques années et les épisodes de SPECTACULAR SPIDER MAN pour revoir enfin le tandem BUSCEMA/SIENKIEWICZ).
Une grande nouveauté : ROM décide , après le massacre de CLAIRTON, de mettre son neutraliseur sur la position « tuer » plutôt que « bannir ».Là aussi, ce qui est un fondement de la série (ROM ne tue pas) se retrouve balayé en quelques cases ; comme pour la passation de pouvoir entre les spectres, ces changements très importants quant à la ligne directrice de la série ne sont pas assez expliqués et trop rapidement entérinés ou d »tour d’une case ou deux.


On ne bannit plus, on tue !

Les idées de MANTLO sont parfois bonnes , notamment lorsque les spectres contaminent le sang des hôpitaux ou infestent les sols, mais souvent mal exécutées. Dans l’optique de renouveler le casting, MANTLO ressort le SIDEKICK suprême, j’ai nommé RICK JONES (atteint pour l’occasion d’un cancer incurable) qui devient un récurrent de la série. Juste après les épisodes #56 et #57 (un crossover avec ALPHA FLIGHT sur des couvertures de JOHN BYRNE) la série commence à dégringoler sérieusement en terme de qualité !


Les SIDEKICKS sont éternels !

Le dernier numéro dessiné par SAL BUSCEMA, le #58 est absolument indigent en terme d’histoire, où ROM et STARSHINE réduits à l’état de microbes par l’homme fourmi affrontent des fourmis modifiées par les spectres… On est loin des extraterrestres qui mangent les cerveaux ou de HYBRID !
SAL BUSCEMA part sans que quiconque ne signale son départ (même pas dans le courrier des lecteurs) ce qui est quand même un comble quand on sait que c’est lui qui a tenu les rênes graphiques des #58 épisodes de la série (remplacé seulement une fois par MARK BRIGHT pour cause d’annual #2 ). Il s’en va dessiner les ETERNALS. BILL SIENKIEWICZ quant à lui part sur le titre NEW MUTANTS avec CHRIS CLAREMONT.
Il faut dire que RALPH MACCHIO s’en va aussi, bref, seul BILL MANTLO reste à bord du navire qui commence à prendre petit à petit l’eau.

DITKO et CARLIN mènent la série vers sa fin !

Le #59 voit donc l’arrivée de MIKE CARLIN au poste d’éditeur (il deviendra plus tard le big boss de DC COMICS) qui emmène dans ses valises une légende vivante, STEVE DITKO, le co-créateur de SPIDER MAN !
Mais DITKO n’ a plus vraiment la même aura qu’à l’époque bénie des premiers SPIDER MAN ou des DOCTOR STRANGE. D’ailleurs, MARVEL lui confie la plupart du temps les rênes graphiques de séries de seconde zone (SPEEDBALL) ou lui fait faire quelques annuals bouche-trous.
Il faut le dire, le style vieillot de DITKO ne convient absolument pas sur cette série horrifique et métallique, mais c’est quand même lui qui met un terme à la WRAITHWAR , qui s’étend du #59 jusqu’au numéro #65.
Le scénario du #59 donne le ton à toute la suite de la série : dans cet épisode, ROM (toujours à la taille d’une cellule) utilise son neutraliseur pour faire muter un anticorps de fourmi de sorte qu’il puisse non seulement combattre le virus des spectres noirs, mais aussi propager le vaccin à tout l’écosystème planétaire qui commence à être infecté !
Pas la peine d’en rajouter, c’est assez ridicule !


ROM et STARSHINE contre les fourmis spectres mutantes qui polluent l’écosystème : ca commence mal !

Si DITKO s’en sort à peu près bien sur les scènes de l’infiniment petit , c’est quand même moyen sur le reste. Il est pourtant encré par BOB LAYTON qui ne se prive pas pour bouffer le style du dessinateur (pour le meilleur d’ailleurs, la première page ressemblant plus à du LAYTON qu’à du DITKO). Le scénario s’enfonce de plus en plus dans le n’importe quoi et CARLIN a une idée pour compenser les faiblesses de son dessinateur : lui associer à chaque numéro un encreur différent, qui passe au dessus des crayonnés de DITKO ! Et pas n’importe qui, TOM PALMER au #60 ; BUTCH GUICE au #61 ; AKIN et GARVEY sur le #62 ; BRETT BREEDING sur le #63 et P.CRAIG RUSSELL sur les #64 et #65, mais cela restera pour la plupart du temps sans grand effet sur la qualité artistique, les mélanges ne fonctionnant pas vraiment. Soit le style de l’encreur mange complètement celui de DITKO et le résultat est terne (PALMER, GUICE, GARVEY) , soit il magnifie le côté désuet du dessin pour des planches assez insoutenables (BREEDING). On peut saluer néanmoins le travail de CRAIG RUSSEL qui arrive à donner une dimension intéressante aux dessins de DITKO, mais malheureusement pas convaincante sur chaque page.
Ces numéros voient donc la victoire des humains contre les spectres. En effet, ROM, avec l’aide de l’armée, va convaincre FORGE, l’inventeur mutant des X-MEN d’adapter son rayon neutralisateur de pouvoir afin d’éradiquer les spectres de la planète. Cette histoire sera d’ailleurs reprise dans les numéros des UNCANNY X-MEN de l’époque, dessinées par ROMITA JR et BARRY WINDSOR SMITH (ils sont d’ailleurs publiés en France dans l’album X-MEN ADIEU TORNADE à moitié censurés ! ).


ROM et FORGE

FORGE, échaudés par les commandes gouvernementales qui ont précipité la perte des pouvoirs de sa bien aimée TORNADE, ne veut pas utiliser son arme sur le Terre, car elle priverait aussi les super héros de leurs pouvoirs, il se laisse quand même convaincre et l’armée va fabriquer un pistolet-satellite qui va pouvoir amplifier et envoyer le rayon neutralisateur de ROM sur la Terre. Mais au dernier moment, ROM et FORGE tournent le neutralisateur vers le WRAITHWORLD qui se dirige petit à petit vers le Terre pour l’absorber ! WRAITHWORLD explose hors panel et la disparition de la seule source d’énergie magique des spectres, entraîne donc la chute de ces derniers, qui ne peuvent plus changer de forme et qui se font bannir dans les limbes dans le numéro #66 , encré par STEVE LEIALOHA.


WRAITHWORLD, WRAITHWORLD, MEGATEUF, MEGATEUF

La menace des SPECTRES a disparu, que reste t’il alors à ROM ?
De plus, BRANDY a été retransformée en humaine à cause du revenant HYBRID dans l’annual #3 (assez bon crossover avec les nouveaux mutants dessiné par WILLIAM JOHNSON) et s’est rapprochée de RICK JONES et de la petite CYNDI ADAMS , une jeune enfant dont les parents ont été tués par les spectres. Les trois forment une famille, et ROM décide donc de s’exiler dans l’espace, afin de retrouver GALADOR et d’éradiquer les quelques spectres encore présents dans l’univers.


L’annual #3 avec les NOUVEAUX MUTANTS
RICK/BRANDY/CYNDI/ROM : cherchez l’erreur (et DITKO n’est pas une réponse ! )

Si l’idée d’une guerre globale contre les spectres est en soi tout à fait louable, il n’est pas faux de dire que MANTLO et CARLIN n’ont pas eu le talent pour la mener jusqu’au bout . Certaines bonnes idées frisent avec d’autres absolument ridicules (le pistolet-neutraliseur-satellite) et les grandes scènes de bagarre sont complètement charcutées par un DITKO pas du tout à l’aise quand il s’agit de dessiner les VENGEURS DE LA COTE OUEST, ALPHA FLIGHT ou une scène de mêlée contenant 50 personnages sur une splash page ! De même, le nouveau casting RICK JONES / BRANDY / CYNDI ADAMS ne fonctionne pas non plus, mais tout n’est pas a jeter, et on peut même y trouver un certain charme dans la manière de dessiner et dans la naïveté de l’histoire! On est quand même loin de la réussite de la période NOCENTI !


DITKO vraiment pas au mieux

Le pire, c’est que ROM est maintenant privé de sa seule motivation : il n’a plus de but, plus de ligne directrice, et les derniers épisodes sont tout bonnement catastrophiques !
MANTLO et DITKO envoient ROM dans l’espace, à la recherche de GALADOR, il erre donc de planète en planète, et retrouve petit à petit les membres du SPACEKNIGHT SQUADRON dans des aventures absolument sans intérêt et redondantes (seule la rencontre avec EGO, la planète vivante est réussie) . A chaque épisode ROM arrive sur une planète, rencontre un de ses compères SPACEKNIGHTS et combat la menace des spectres qui ont envahi la planète en question. Les encreurs continuent de se succéder avec du RUSSEL, de BREEDING, du KIM DE MULDER et même du JOHN BYRNE (#74). DITKO n’arrive absolument pas à rendre le design métallique des SPACEKNIGHTS, qui sont totalement ratés. Par exemple, pour signifier que l’armure de ROM est endommagée, il dessine des petits ronds, des sortes de verrues sur son armure qui disparaissent en fonction de l’encreur. C’est assez abominable et souvent à la limite du ridicule : MANTLO est en roue libre, se doutant certainement que la série touche à sa fin.


ROM retrouve petit à petit les membres du SPACEKNIGHT SQUADRON, notez les verrues sur l’armure pour signifier les bosses du chevalier de l’espace

Un crossover avec SECRET WARS II et l’apparition du BEYONDER n’y changera rien : ce être suprême va quand même envoyer BRANDY sur GALADOR pour retrouver son aimé et soigner RICK JONES du cancer incurable qu’il se traîne depuis son arrivée dans la série ; ce qui permet à MANTLO de conclure certaines de ses intrigues avec les personnages secondaires à l’aide d’un deus ex machina bienvenu (je ne parle même pas de la petite CYNDI qui va retrouver ses parents morts d’un coup de baguette cosmique du BEYONDER.).


Un petit coup de BEYONDER et on peut régler trois sous intrigues en dix cases !

ROM et ses amis SPACEKNIGHTS retrouvent le chemin de GALADOR (disparue depuis l’intervention de GALACTUS) grâce à l’aide des SHI’AR dans ROM ANNUAL #4 et tout ce petit monde débarque sur la planète pour le final de la série (#73-75).
GALADOR est détruite, en effet, une nouvelle génération de chevaliers de l’espace a pris le pouvoir depuis la disparition de la planète, ils sont plus forts et plus méchants que les premiers, et décident donc de détruire toue trace d’humanité pour ne laisser que les SPACEKNIGHTS. , sous l’autorité de leur puissant chef DOMINOR.
Evidemment, ROM et BRANDY interviennent et s’allient avec les quelques rebelles humains qui résistent tant bien que mal.


Le combat ROM/DOMINOR avec un design d’armure assez improbable !

DOMINOR est défait en duel singulier et , miracle, BRANDY retrouve une partie de l’essence humaine de ROM dans les débris de GALADOR, ce qui permet à notre chevalier de retrouver sa forme humaine et de pouvoir repeupler GALADOR avec sa chérie ! Les SPACEKNIGHTS eux, retournent dans l’espace vivre leur vie…
La fin est expédiée en quelques pages, je suppose que MANTLO n’a pas été prévenu aussi rapidement que ça de la fin de la série et il nous bâcle sa conclusion, fait en une dizaine de cases. D’une page à l’autre, hop, ROM est redevenu humain et part avec BRANDY.


Le suicide de DOMINOR case 4 !!!

Les dessins de DITKO ne s’améliorent pas non plus et P.CRAIG RUSSEL fait ce qu’il peut pour sauver la série du naufrage. Les scènes de combat sont assez affreuses… Avec un regard distant, on pourra trouver les planches naïves et poétiques, mais cela ne colle absolument pas avec le style de la série et celui de MANTLO, qui a tendance à être extrêmement verbeux tout au long des 75 épisodes.


P.CRAIG RUSSELL sauve les meubles !

ROM reste néanmoins une série qui réveille de bons souvenirs, faite d’excellents passages, de grandes sagas et d’idées intéressantes, mais qui n’aura pas survécu au #50 et la disparition de tout le casting initial ainsi qu’à l’arrivée de STEVE DITKO et de MIKE CARLIN, qui n’arriveront pas à imposer une direction claire à la série. On peut néanmoins regarder ces derniers épisodes sous le filtre de la naïveté et d’un temps révolu.

Il y a trois personnes que je voudrais remercier pour ce dossier:
– tout d’abord XXL, la personne qui m’a fait me rappeler que j’adorais cette série et qui m’a fait saliver dans son thread sur les inédits de ROM en VF, si vous voulez voir la chroniques des épisodes de DITKO inédits en détail, c’est ici
http://www.buzzcomics.net/showthread…ht=spaceknight
SIM THEURY qui m’a permis de pouvoir enfin lire ces épisodes que je n’avais jamais eu en ma possession
– et CYCLOPEBOX, mon copain de virée à RAMONVILLE (et mon grand poto) qui m’a vendu l’intégrale ROM et les annuals et le numéro de PM et IF pour une somme dérisoire.

et Un grand merci à comicsVF et à MICHEL, comme toujours aussi

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Arrowsmith dit :

    Peu lu à mon grand regret. Scarce a également fait un chouette dossier sur ROM.

    Aimé par 1 personne

  2. En aparté, la figurine ROM (celle décrite en début d’article) est très recherchée désormais ! Complète avec sa boîte, elle se vends entre $160 et $220 (selon la qualité de la boîte et de la figurine). Voilà pour la petite info ! 😉 Sinon très bon article !

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