Top 100 : Partie 2 (1982-1985)

11. 1982 CAMELOT 3000, DC Comics (Mike W Barr / Brian Bolland)
 

Derrière cette histoire de science-fiction (où le roi Arthur revient à la vie en pleine invasion de la Terre par des extraterrestres) se cachent beaucoup d’innovations. En effet, il me semble que c’est la toute première maxi-série de DC (c’est-à-dire une série limitée de plus de 6 épisodes) qui va ouvrir la voie à toutes les maxi-séries qui vont fleurir chez l’éditeur les années suivantes comme CRISIS ON INFINITE EARTHS ou encore WATCHMEN. Il s’agit aussi de l’un des premiers comics à n’être vendu que sur le « direct market », à savoir uniquement les magasins spécialisés. Car oui, on a un peu tendance à l’oublier, mais le but premier des magasins de comics était surtout de développer une offre différente de celle des super-héros, de mettre en avant des séries un peu plus ambitieuses. Quand on voit ce que c’est devenu actuellement… mais bon, ce n’est pas le sujet ici.
C’est aussi l’un des tout premiers travaux américains du dessinateur Brian Bolland, au style fin et réaliste, qui va devenir très rapidement une superstar des comics. On ne peut que regretter que son rendement ne lui permette pas de produire plus de quelques couvertures par an !
C’est aussi l’une des histoires qui va permettre aux auteurs britanniques de définitivement s’imposer  chez DC Comics puisque dans les mois suivant la publication de la série, une nuée d’artistes d’outre-manche vont obtenir des séries et pas des moindres puisqu’on parle de Jaimie Delano, Alan Moore, Grant Morrison, Peter Milligan puis Neil Gaiman, Garth Ennis etc….
A ce titre, je pourrais même décréter que ce CAMELOT 3000 est le tout premier titre Vertigo non officiel !
Mais revenons à l’histoire. Barr (qui avait déjà proposé cette idée à Marvel) essaye d’être historiquement précis (il a demandé des conseils à son prof d’histoire) et pousse le bouchon assez loin. En effet, derrière une trame assez classique (des humains contre des aliens, un leader qui s’élève) le scénariste propose des thèmes assez novateurs pour l’époque, voire même très osés. Nudité (renforcée par des dessins sublimes de Bolland), homosexualité (puisque Tristan, l’amant d’Yseult se retrouve réincarné en… une femme) et un très joli discours sur la guerre, la tolérance et le sacrifice. Cela fait beaucoup en douze numéros et je dois vous avouer qu’à la lecture (lors de sa publication en France dans le magazine AREDIT du même nom), cela m’avait fait un choc.
Tout est réussi dans cette bande dessinée que je conseille absolument, c’est l’un des musts des comics et ce n’est pas loin d’être dans mon TOP 10.
 


12. 1982 DEATH OF CAPTAIN MARVEL, Marvel Comics (Jim Starlin)

 

Voici aussi une œuvre assez fondatrice dans le monde des comics mais du côté de chez Marvel cette fois-ci. C’est Jim Starlin (dont on a déjà précédemment évoqué le Warlock dans la partie précédente)  qui nous livre ce « graphic novel » (là aussi c’est l’un des tout premiers, voire le premier de l’ère moderne), c’est-à-dire un récit d’une soixantaine de pages auto-contenu.
Il nous raconte la mort d’un super-héros emblématique de la firme (puisqu’il porte son nom) de la mort la plus commune qu’il soit : le cancer !
Starlin ose pour l’une des toutes premières fois confronter les super-héros (qui peuvent tout faire) à la maladie et c’est vraiment très poignant. Il faut dire qu’après WARLOCK, Starlin a livré un run d’anthologie sur Captain Marvel et qu’il le connaît mieux que personne. Ici il laisse tomber les concepts et livre une histoire sans concessions, dont la fin est fatale et qui a tellement marqué le genre que jusqu’à maintenant personne n’a osé ressusciter le héros; c’est d’ailleurs l’un des derniers à ne pas avoir vu sa mort réduite à une retcon avec Gwen Stacy, les parents de Bruce Wayne et l’oncle Ben (Bon, cela n’aurait pas été le cas si Geoff Johns avait travaillé pour Marvel tellement ce dernier à l’habitude de retconner toutes les morts de héros emblématiques !!!! ).
Peut-être moins réaliste et moins mature que ce qui se passait au même moment chez la Dinstiguée Concurrence, je pense que ce Death Of Captain Marvel a permis à toute une frange mainstream de se prendre une bonne dose de réalité en pleine figure.

13. 1982 GOD LOVES, MAN KILLS, Marvel Comics (Chris Claremont/Brent Anderson)

Vous vous rendez compte de la production de comics en 1982, quasiment que des chefs d’œuvres !  Personnellement cela me rend nostalgique, surtout à une époque où le seul fait marquant de l’année est le cent-quatorzième reboot d’une série.
Pour le coup, ce « graphic novel » me semble être la quintessence de l’œuvre de Claremont sur les X-Men, plus encore que le Dark Phoenix Saga puisqu’il est uniquement installé autour de la notion de rejet de l’autre. C’est là que WIllim Stryker lance une chasse absolue et sans aucune concession aux mutants, qui se retrouvent complètement ostracisés, détruits, torturés et laissés sur le bord de la route. Ce qui est aussi intéressant dans l’œuvre de Chris Claremont c’est que, contrairement au nihiliste Starlin, le premier laisse toujours une porte de sortie en ce qui concerne la bonne foi de l’être humain. Rien n’est tranché, toutes les lignes se mélangent et chaque intervenant de l’histoire, bon ou mauvais, possède ses propres motivations.

Ce qui est bien avec ce genre de récit c’est qu’on peut bien évidemment le rattacher à n’importe quelle minorité actuelle ou passée. Claremont fait un parallèle sans équivoque avec la shoah et l’extermination des juifs mais cela aurait aussi bien pu être les homosexuels, les noirs que cela n’aurait rien changé au propos. C’est aussi la première fois (même si cela avait été travaillé depuis très longtemps sur la série principale) que Magneto sort de son rôle de méchant basique pour devenir un personnage qui simplement a été entraîné sur la mauvaise pente par son histoire personnelle et qui est tout à fait capable de bonté et de mansuétude. C’est à mon sens ce récit qui définit irrémédiablement la relation entre Xavier et Magneto, ce qui a été utilisé jusqu’à l’écœurement dans tous les films X-Men.
Quelques mots aussi sur la prestation de Brent Anderson, dessinateur solide qui se lâche totalement et livre des planches d’une intensité et d’une cruauté insoupçonnables jusqu’alors (la scène de torture de cyclope est tout simplement magistrale).
Un grand récit, qui n’a pas vieilli !
 

Titres écartés au profit de celui-ci:
– Dark Phoenix Saga # 129-138 (que dire de plus sur ce récit ?)
– Ka-zar the savage #9-12 où le héros dessiné par Brent Anderson va se confronter à Belasco dans un récit vraiment difficile et passionnant.
– Uncanny X-Men #174-175 avec le mariage de Cyclope et Madelyne Prior, dessiné par Paul Smith et qui reste pour moi un moment aussi important que le Dark Phoenix Saga et où Claremont met une fois de plus en avant se sperosnnages plutôt que son intrigue.

14. 1982 V for Vendetta, DC Comics (Alan Moore / David Lloyd)
 

Difficile de commenter cette histoire, puisque tout a déjà été dit dessus. Quelques précisions néanmoins.
Pour ceux qui auraient été touchés par le film (très médiocre) et qui n’auraient vu que ça, jetez-vous sur la bande dessinée !
Elle est à bien des aspects très très différente puisque tout le contexte de l’Angleterre de l’époque (l’ère Thatcher) ne transparait pas dans le film et que les virtuosités du scénariste ultime (dont certaines pages mêlent récit et musique) sont déjà au plus haut, comme le prouve tout ce travail sur les allitérations en V auquel ni la traduction Française (pourtant très bonne), ni les films ne peuvent rendre justice. C’est beaucoup plus complexe et travaillé que ce que l’on imagine et cela préfigure tous les travaux du scénariste qui sortiront par la suite ! Je n’en dis pas plus, vous connaissez, mais quelques mots quand même sur le travail absolument parfait de David Lloyd, qui arrive à retranscrire une ambiance destructrice, glauque et violente sans avoir jamais recours à des images choc ou à des scènes gores. Remercions-le à jamais pour cela !

 

15. 1983 DAREDEVIL #191, Marvel Comics (Frank Miller/ Terry Austin)
 

Alors un choix peut-être un peu surprenant quand on pense à Frank Miller sur Daredevil puisque tout le monde aurait pu s’attendre à la mort d’Elektra. Mouais… ce n’est pas mon histoire de Miller préférée et je trouve qu’il a sorti de très bonnes choses sur Daredevil en dehors d’Elektra et de la main. Je pense notamment à la première rencontre DD/Caid qui est à mon sens largement au-dessus. Je voulais un peu mettre l’accent sur autre chose et notamment cet épisode qui est le dernier avant le départ de Miller. Encré par Terry Austin et non pas Klaus Janson, il livre une histoire poignante où Daredevil se retrouve face au Tireur (qui est paralysé dans un lit et qui vient de tuer Elektra) avec un pistolet et joue à la roulette russe avec lui ! En parallèle, Daredevil nous raconte les évènements qui l’ont amené à se retrouver en face du tireur avec un pistolet. Il s’agit des conséquences d’une rencontre : d’un jeune garçon dont le père véreux était défendu par Matt Murdock, qui se prenait pour Daredevil et a tiré sur des gamins de son école qui le maltraitaient.
Derrière cette histoire, on peut bien évidemment voir toute la réflexion de Miller sur l’image du super-héros et son influence sur les jeunes. Ce sont des thèmes qui vont revenir de manière récurrente dès son passage chez DC comics l’année suivante et qui vont bien sûr influencer Dark Knight Returns et tout le reste.
Reste que c’est très bien exécuté et assez osé. Un comics qui ne pourrait plus exister aujourd’hui chez Marvel/Disney où tous les super-héros sont rajeunis et intégrés au forceps au moule du « gentil super-héros qui pourrait être adapté au cinéma ».
 

16. 1984 LEGION OF SUPER HEORES #1-5 : an eye for an eye, DC Comics (Levitz/Giffen-Lightle-Mahlstedt)
 

Là aussi un choix un peu surprenant car je ne parlerai pas de GREAT DARKNESS SAGA, tout simplement parce que (même si cette période de la légion est fantastique) à mon sens, ces premiers numéros du volume deux de cette série sont nettement meilleurs. Levitz et Giffen nous donnent un récit assez difficile, où la violence et les extrêmes sont très présents dans une aventure qui confronte la légion des super-héros avec la légion des super-vilains. Tout ce qui fait la richesse du travail de Levitz et Giffen sur ce titre est résumé ici : gestion de dizaines de personnages sans qu’aucun d’entre eux ne soit spolié, récit grandiose et intense, trahisons, retournements de situations et sacrifice d’un personnage ! Je sais que la légion des super-héros a été très peu publiée en France, mais vraiment, si j’ai un conseil à vous donner et si vous aimez le genre super-héros, cette période (de LEGION vol 1 #284-313 et vol 2 #1-13) est tout simplement magnifique et largement au niveau de ce qui se passait dans les Uncanny X-Men ou dans les Teen Titans. Giffen aux dessins est excellent, même si un peu moins novateur que sur ses autres séries et est parfaitement épaulé par Larry Mahlstedt puis Steve Lightle qui vient lui donner un coup de main sur les dessins. Vous pouvez les trouver en VO en deux albums deluxe et deux TPB et croyez-moi, vous ne le regretterez pas !
 

Titres écartés au profit de celui-ci:

-Omega Men #1-6 par Roger Slifer et Keith Giffen qui est là aussi un arc assez intense et très violent pour du comics mainstream. Je conseille fortement ces épisodes qui sont vraiment différents de la production de l’époque.
– Legion of Super-Heroes : The great Darkness saga .

17. 1984 THE NEW MUTANTS #18-21, Marvel Comics (Chris Claremont/Bill Sienkiewicz)
 

J’aurais pu choisir n’importe quelle saga du run de Bill Sienkiewicz sur les New Mutants et j’ai choisi celui sur le démon Bear, même si j’ai une tendresse particulière pour celui centré sur LEGION le fils de Xavier. Là, on parle vraiment de comics qui ont fait évoluer le comics mainstream. Explication : New Mutants est une série dérivée des X-Men qui parle de la seconde génération de mutants, plus jeunes et pas habitués à leurs pouvoirs. Son premier dessinateur (Bob Mc Leod) est excellent mais dans un style très classique, ce qui était la norme à l’époque. Et voilà qu’à partir du numéro 18, Mc Leod est remplacé par Bill Sienkiewicz, qui commence à expérimenter et à tenter de nouvelles choses graphiquement après un passage sur Moon Knight où il s’inspirait beaucoup de Neil Adams.

Et quel changement !!!  A l’époque j’avais d’ailleurs vraiment détesté (bon, j’avais douze/treize ans et j’étais nourri depuis le début à des dessins très épurés)! Autant vous dire que cela a beaucoup changé depuis puisque Bill Sienkiewicz est pour moi l’un des meilleurs artistes de comics encore vivant. Et il explose toutes les conventions sur ces épisodes (et les suivants) : des peintures, des cadrages, des personnages et comme très souvent, Chris Claremont se met au diapason. Ce qui est assez intéressant avec Claremont c’est qu’il adapte sa narration en fonction de son dessinateur sans que cela semble trop forcé. Il nous propose ici une saga avec Dani Moonstar (la leader de l’équipe) confrontée à un ours-démon qui avait fait disparaitre ses parents quelques années plus tôt.
Contrairement à ce qui existait à l’époque, cette période des NEW MUTANTS est assez exigeante en termes de lecture et il faut véritablement faire quelques efforts pour rentrer dans l’histoire. Mais une fois qu’on a fait l’effort, on découvre une virtuosité et une narration graphique beaucoup plus élaborée que ce qui se faisait d’habitude. Pour moi, ces NEW MUTANTS ont tout simplement changé la manière de raconter des histoires dans les comics mainstream, c’était une des premières fois que l’on osait une manière différente de représenter les super-héros, qui s’éloignait de tous les codes de l’époque. Cela a aussi permis de paver la voie à quelques autres dessinateurs dont le style est assez similaire comme JOHN J MUTH, KENT WILLIAMS, DAVE Mc KEAN et autres.
Ce comics est tellement visionnaire que trente ans plus tard, il réussit à être plus moderne que la moitié des productions actuelles.
 

18. 1984 FANTASTIC FOUR #262, Marvel Comics : The trial of Reed Richards (John Byrne)
 

Difficile de trouver un épisode ou un arc résumant tout le run de John Byrne sur Fantastic Four. Car non seulement le scénariste/dessinateur est resté très longtemps sur le titre (#232-295) mais il a livré de véritables pépites qui font encore plaisir à lire aujourd’hui ! J’ai choisi ce numéro car pour moi il résume tout à fait l’essence de la première équipe Marvel. C’est un véritable hommage à Stan Lee et Jack Kirby puisque, comme ces derniers, l’auteur se met en scène dans sa propre BD.
L’histoire est très simple : quelques épisodes plus tôt, Reed Richards a refusé de tuer Galactus, prétextant qu’il était une force cosmique et que même s’il se nourrit de planètes entières, semant la destruction et la mort dans son sillage, c’est dans sa nature et ce n’est pas aux humains de décider de sa mort! Ce qui n’est pas du tout du goût des Shi’ar, une race extraterrestre donneuse de leçons qui se prend pour une sorte de police cosmique, qui décide de capturer Reed Richards et de lui intenter un procès ! Procès qui sera chroniqué par..Byrne lui-même !
Très intéressant encore une fois car il montre une autre facette du vilain ultime, Galactus, un des personnages préférés de l’auteur. Niveau dessins, rien à dire : c’est du John Byrne donc c’est clair et détaillé, précis, du vrai comics.
 

Titres écartés au profit de celui-ci:

– She Hulk #1-8 toujours par Byrne qui du coup va pousser le bouchon assez loin avec un comic-book humoristique qui brise le quatrième mur, c’est-à-dire que les personnages ont conscience d’être dans une bande dessinée.
– John Byrne’s Next Men , qui nous raconte les aventures d’une équipe de « mutants » telle que Byrne aurait aimé les voir. Plutôt sympa même si le côté « je me moque de Marvel et de DC » est un peu trop lourd.

19. TALES OF THE TEEN TITANS #42-44 + annual #3, DC Comics (Marv Wolfman/George Perez/Giordano-De Carlo)
 

J’ai beaucoup hésité entre JUDAS CONTRACT et les tout premiers épisodes de NEW TEEN TITANS #1-5 avec Trigon. Mais finalement, je pense que cet arc résume tout ce que j’ai pu aimer sur ce titre. En effet, à l’instar de ce qui se passait chez les X-Men en face, TALES OF THE TEEN TTANS et sa suite, NEW TEEN TITANS, réalisés sans exception notable par le duo Marv Wolfman/George Perez arrivent à mélanger super-héros, action, romance, soap sans que cela paraisse forcé ou enfantin. Et je trouve que justement, contrairement aux X-Men, Wolfman et Perez abordent des thèmes un peu plus adultes, tout du moins dans le traitement (rappelons que par exemple, Donna Troy se marie avec un gars qui a dix/quinze ans de plus qu’elle, divorcé et qui a déjà un enfant, ce qui est impensable chez Marvel ! ) avec des histoires sur fond de drogue, de violence et de trahisons. Et dans cette histoire, c’est tout simplement la trahison d’un des membres de l’équipe au profit de leur pire ennemi qui nous est racontée. Terra a été introduite quelques numéros plus tôt et les deux auteurs en avaient fait une préférée des fans, à l’instar d’une Kitty Pryde chez les X-Men, allant même jusqu’à suggérer une histoire d’amour entre elle et Changeling, le relief comique de la série. Sauf que Wolfman et Perez avaient une idée derrière la tête, ils savaient d’entrée ce qui allait se passer et à une époque bénie où internet n’existait pas et où les spoilers n’étaient pas diffusés avant même le début de l’histoire, personne ne l’a vu venir ! C’est pour moi l’essence même du comics de base, des auteurs qui ont un plan sur le long terme, prennent le lecteur à rebrousse-poil pour une révélation fracassante. Vous me direz, ce n’est plus possible actuellement puisqu’il faudrait qu’une équipe artistique reste déjà plus de six numéros sur une série. On a de plus un aspect assez malsain puisque Terra, une quinzaine d’année, fait explicitement référence à une liaison avec Deathstroke, une cinquantaine d’années. Même si c’est suggéré, cela va assez loin. On a donc une très bonne histoire et de splendides dessins de George Perez, le dessinateur star des années 80 avec son style hyper détaillé et des dizaines de personnages par planche sans que cela altère la narration ! C’est excellent !
 

Titres écartés au profit de celui-ci:

Tales of the New Teen Titans #50 (Wolfman/perez) : le mariage de Donna Troy, un numéro parfait !
New Teen Titans #1-5 : Terror of Trigon (Wolfman/Perez) qui me semble être le meilleur travail de George Perez jusqu’à aujourd’hui !
New Teen Titans #7-10 où Perez est remplacé par José Luis Garcia Lopez qui réussit à rendre des planches encore meilleures que le premier. C’est un festival graphique que je conseille vraiment et cela signe aussi la fin des épisodes incontournables de la série, qui va vivoter après.

20. 1985 SPECTACULAR SPIDER-MAN #107-110, Marvel Comics (Peter David / Rich Buckler/Kyle Baker-Brett Breeding-Joe Rubinstein)

Créee par BILL MANTLO et SAL BUSCEMA, JEAN DEWOLFF est un personnage apparu pour la première fois dans SPIDER MAN TEAM UP #48 (1976) . C’est un capitaine de la police de NEW YORK qui va devenir un personnage récurrent des différentes séries du tisseur de toile et notamment de la série SPECTACULAR SPIDER MAN (qui s’attarde plus sur les perosnnages secondaires qui gravitent autour de Peter Parker), où elle va rapidement prendre fait et cause pour le tisseur, le protégeant souvent lui et ses proches (comme la CHATTE NOIRE, petite amie de Spider-Man à ‘époque et voleuse au grand coeur); même si cela lui vaut des remontrances de la part de ses collègues et de sa hiérarchie. DEWOLFF est un personnage intéressant, mais qui est quasiment toujours resté en second plan, il y a peu d’intrigues majeures la concernant et pourtant sa relation amicale avec le tisseur fait de JEAN une des préférées des lecteurs. ON apprendra un peu plus tard qu’elle est amoureuse en secret du tisseur, mais ne lui a jamais avoué.
C’est en 1985 qu’un tout jeune scénariste nommé PETER DAVID est fraîchement nommé sur le titre par l’éditeur JIM OWSLEY (CHRISTOPHER PRIEST). Aux dessins, le vétéran RICH BUCKLER épaulé par BRETT BREEDING, KYLE BAKER, JOE RUBINSTEIN et autres vont faire de ces quatre épisodes un des sommets dans l’histoire du tisseur, qui a de nombreuses conséquences jusqu’à aujourd’hui, puisque c’est aussi l’histoire qui va être plus tard à la base de la création de VENOM !
JEAN DEWOLFF est assassinée chez elle, ce qui va rendre Spider-Man fou furieux. Il aura d’ailleurs besoin de l’aide de Daredevil pour ne pas se laisser totalement déborder par la haine. Qui peut en vouloir à JEAN ? Tueur en série, secret du passé ? Et qui est ce SIN EATER, qui revendique son meurtre ?
C’est un excellent arc, qui permet à PETER DAVID de mettre en œuvre sa science de la psychologie des personnages. C’est un de ses premiers travaux MARVEL et on reconnait déjà la patte du scénariste, détonante par rapport au mielleux (mais de très bonne qualité) de la période MANTLO/MILGROM qui précède ces numéros. La mort de JEAN DEWOLFF, dès la quatrième page du récit est brutale et violente, poussant notre homme-arachnide vers des sensations et des émotions déjà entrevues dans Kraven Last Hunt.
DAVID brouille les pistes en nous donnant un suspect idéal, à savoir le révérend TOLLIVER; plus qu’antipathique pour finalement dénoncer un individu hors de tout soupçon. Sa caractérisation du personnage est forte, et les images choc sont nombreuses, amplifiées de plus par le parallèle avec le pauvre Mr POPCHICK (un ami de TANTE MAY) qui se fait sauvagement frapper au début de la série. C’est très bien pensé et s’il reste quand même quelques petits points du récit qui auraient pu être améliorés (l’identité du SIN EATER est un peu rapidement et assez naïvement amenée ), c’est vraiment bien écrit. Les réactions sont très humaines et on peut comprendre que PETER, par moments puisse complètement péter les plombs et utiliser toute sa force pour évacuer ses frustrations.
Les dessins de RICH BUCKLER sont quant à eux excellents. Rarement on avait vu ce dessinateur à un tel niveau de noirceur à part peut-être sur DEATHLOCK. Il faut dire que ce dessinateur est véritablement protéiforme, pouvant se transformer en clone de KIRBY sur THOR et en quasi-Neal Adams sur certains travaux, notamment Avengers. Les pages changent toutefois un peu en fonction de l’encreur, passant d’un très abrupt KYLE BAKER aux traits plus ronds de BRETT BREEDING ou de JOE RUBINSTEIN. Et pourtant, même avec les deux précédents encreurs dont le style n’est pas vraiment approprié à une certaine noirceur, les planches sont brutes et parfois violentes. C’est tout à l’honneur de BUCKLER qui livre certainement l’un de ses meilleurs travaux. Ce qui est un peu dommage, ce sont les différences d’encrage d’un bout à l’autre de la saga n’aident pas vraiment à la cohésion graphique. C’est en tout cas excellent et cela met en image parfaitement le scénario un peu plus adulte de DAVID .
Bref une excellente histoire avec des rebondissements à chaque page qui placent ces quatre épisodes parmi les meilleurs toutes séries SPIDER MAN confondues.
Ce sont quatre excellents épisodes, beaucoup plus importants que ce que l’on pourrait penser au premier abord car il va définir et agrandir l’univers de SPIDER MAN de façon assez incontournable.

 
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