Top 100: Partie 3 (1985-1988)

21. Sera n°9 dans le TOP 10

22. 1985 SQUADRON SUPREME, Marvel Comics (Mark Gruenwald / Bob Hall-Paul Ryan-John Buscema / John Beatty)

Sur la jaquette du recueil, les commentaires n’y vont pas avec le dos de la cuillère : AVANT WATCHMEN, IL Y A EU SQUADRON SUPREME.
Bon, même s’il y a une filiation (une équipe de SUPER HEROS traitée par un biais très humain et assez réaliste) on ne joue pas dans la même catégorie.
Je n’ai pas les dates en tête, mais il me semble qu’une caractérisation un peu humaine des super-héros avait déjà eu lieu dans le NEW UNIVERSE quelques mois plus tôt et surtout les DP7 , dessinés justement par RYAN et scénarisés par , tiens tiens , MARK GRUENWALD (Entre parenthèses, cette série vaut nettement le coup d’œil).
SQUADRON SUPREME se poste donc à mon sens plus comme un prolongement de DP7 que comme un pré-WATCHMEN.
Mais c’est en dépit de tout plutôt bien exécuté. L’idée de SUPER-HEROS qui mettent à profit leur pouvoirs pour soi-disant aider et créer une utopie, pour résoudre les problèmes mondiaux est une problématique qui va être utilisée dans beaucoup d’autres histoires et pour moi, ce serait plus un précurseur de THE AUTHORITY qu’autre chose.
L’histoire commence fort bien, avec des numéros assez percutants, des relations entre les personnages extrêmement bien fichues et des situations bizarres (la femme singe tombant amoureuse d’un nain, etc…) qui pourraient faire un petit peu penser à la DOOM PATROL.
GRUENWALD part avec le principe d’une UTOPIE où tout réussit aux super-héros pour finalement noircir de plus en plus son récit et nous montrer que chaque action, aussi pure et désintéressée soit-elle, peut engendrer de fâcheuses conséquences. Oui, on parle du libre arbitre dans SQUADRON SUPREME, et si on réfléchit bien, ce n’est pas vraiment anodin politiquement (SQUADRON SUPREME sortant en 1985 , c’est à dire l’année de la deuxième élection de RONALD REAGAN). Je ne peux pas m’empêcher de voir une œuvre politique là-dedans. Bien cachée peut-être, mais tout est là.
Jusqu’au n°8-10 SQUADRON SUPREME est brillant !
Ca se gâte un peu sur la fin.
Un truc un peu trop rapide, comme si GRUENWALD en savait plus trop là où il voulait aller. Se sentant un peu piégé par ce qu’il a mis en place. Il applique donc la politique de la terre brûlée, et massacre pas mal de ses persos. Ca se fait trop rapidement à mon goût.
En attendant, SQUADRON SUPREME reste une excellente série, qui était quand même très novatrice dans le contexte, cela a un petit peu vieilli mais c’est vraiment intéressant dans le traitement.

 

23. 1985 Sera n°10 dans le TOP 10


24. 1986 BATMAN : DARK KNIGHT RETURNS, DC Comics (Frank Miller/Klaus Janson/Lynn Varley)

Evidemment, cela semblait difficile de faire un Top 100 comics sans parler de Dark Knight Returns, même si finalement, il ne rentrera pas dans mon TOP 10. En effet, plus je relis ce Dark Knight, moins j’y trouve de qualités même si cela reste sans aucun doute un comics de référence qui a tout changé pour le « caped crusader ». Peut-être que j’ai lu trop de choses sur ce personnage, peut-être que le discours de Miller a un peu vieilli. Rien à redire en revanche sur les dessins.
Pour ceux qui vivraient sur une autre planète, voici un bref résumé de cette mini-série:
nous voici une vingtaine d’années dans le futur. Alors que le commissaire Gordon prend sa retraite, tout le monde se félicite de la disparition de Batman depuis dix ans. Et pourtant, Gotham ne va pas bien, elle est gangrénée par les gangs (les fameux « mutants »), des criminels ultra violents dont les actes vont pousser Bruce Wayne à reprendre le costume. Sauf que cette fois-ci, les méthodes du justicier sont extrêmes ! Il n’hésite pas à maltraiter ses victimes et à leur faire mal ! Le retour du Batman va alors entrainer une réaction gouvernementale qui va employer le meilleur des super-héros, Superman, pour faire le ménage.
Vous ne vous y trompez pas, le script ressemble un petit peu à celui du film Batman vs Superman mais je vous rassure, cela n’a rien à voir avec la copie médiocre de Zack Snyder. En effet, si le réalisateur ne raconte rien et ne reprend que des passages de cette bande dessinée, Frank Miller nous donne ici tout un discours politique assez clair. L’homme ne peut se faire justice que tout seul et ne doit compter sur personne d’autre. C’est un petit peu extrême, surtout vu des années 2016 mais encore une fois, Miller est le premier à avoir tenté ce genre de choses. Il a toute une réflexion sur le surhomme, ce qu’il doit faire et ce qu’il peut faire. Et l’opposition entre l’humain et le surhumain est savoureuse. C’est bien évidemment une série importante, mais finalement c’est un peu celle qui, prise au premier degré, a complètement changé la donne sur le personnage pour le meilleur mais surtout pour le pire !  Du coup, j’aurais presque tendance à préférer son DARK KNIGHT 2 car c’est à mon sens dans ce bouquin (écrit en plein milieu de l’attaque du 11/09) que Frank Miller passe du côté obscur, aussi bien au niveau des dessins que de l’histoire…

 

25. 1986 CEREBUS : HIGH SOCIETY Aardvark-Vanaheim

(Dave Sim)

Bon, depuis le temps que j’en entendais parler, de ce CEREBUS, qui est considéré comme l’un des fleurons du comics, il était temps de s’y mettre. Averti par quelques uns sur la difficulté de la langue (surtout en ce qui concerne les accents des personnages) et ravi par l’idée de VERTIGE GRAPHICS de publier en VF les aventures de l’oryctérope.
Un quoi ?
Un oryctérope.
Petite parenthèse WIKI :
L’Oryctérope du Cap (Orycteropus afer), aussi appelé cochon de terre (ou porc terreux dans la BD) , est un mammifère fourmilier d’Afrique, qui joue un rôle écologique important en contrôlant l’extension des populations de termites. Orycteropus afer est la seule espèce vivante du genre Orycteropus, unique membre de l’ordre des tubulidentés. Mais il existe bien d’autres espèces éteintes dans ce genre.
Pour voir à quoi ressemble réellement un oryctérope, je vous conseille ce sketch des nuls, on en voit un autour de 50 secondes.
Merci régis : http://www.youtube.com/watch?v=l6yume-YiyM
Bon, alors première remarque, les éditions vertige graphics commencent par la publication du deuxième volume de CEREBUS, et pas le premier, qui semble de moindre qualité. Il y a quand même un résumé pour qu’on comprenne bien tout, mais pour le coup, certaines références ou personnages me sont complètement passés à côté.
Car CEREBUS est une BD exigeante, qui multiplie les personnages, les références et les situations.
Vraisemblablement, on commence un petit peu comme une BD parodique (avec une sorte de MOON KNIGHT dessinée à la manière de SIENKIEWICZ surnommé le CAFARD DE LUNE) mais cela part très rapidement vers un comics plutôt politique, très très très écrit , et qui multiplie les situations, les rebondissements et les personnages.
A tel point quand même qu’on est parfois perdu si on ne lit pas tout d’un coup. Les noms de villes s’enchaînent avec ceux de leurs responsables, pour une intrigue basée sur une élection. En effet, pour avoir de l’argent et rembourser ses dettes, CEREBUS a un plan: devenir premier ministre d’une grande citée : IEST. On a donc à peu près 400 pages de magouilles électorales où DAVE SIM se moque totalement des politiques, des élections et des tractations qui mènent au pouvoir. c’est un joli pamphlet, dans la mesure où c’est plutôt fin et surtout embarqué dans une intrigue véritablement très dense.
Mais ce n’est pas que ca, car DAVE SIM s’amuse avec les pages, il change le format, insère des tonnes et des tonnes de pages écrites, peaufine son univers comme jamais, joue avec les longueurs, avec les cadres, jusqu’à la dernière centaine de pages dessinées en format à l’italienne (c’est à dire sur la longueur et pas sur la largeur).
Alors oui, il faut véritablement s’accrocher, mais après lecture, cela vaut vraiment le coup. En effet, on ne s’ennuie pas une seconde et même si je dois avouer qu’à un moment, j’ai été complètement paumé dans les turpitudes de l’élection, il est difficile de relâcher le bouquin tant c’est bien fichu. Les dessins sont un véritable mélange des genres, SIM étant capable de dessiner de manière très cartoony son personnage principal, de faire des humains à la JOHN BYRNE période 80’s tout en parodiant SIENKIEWICZ. Dessinateur multi-style et scénariste complexe, DAVE SIM nous livre avec ce CEREBUS : HIGH SOCIETY un pavé (500 pages) qui prend énormément de temps à décortiquer, avec une intrigue complexe, dense , mais surtout un message et une volonté d’inventer des choses à chaque chapitre, que ce soit dans la forme du comic book , voire même dans le fond.
Et la grande force de la chose, c’est que même plus de vingt ans après, les tentatives de DAVE SIM de tordre le format de la BD dans tous les sens ne font pas déjà vu. Certainement à cause de l’intrigue (je me répète mais c’est vraiment ce qui m’a marqué le plus) très dense et très complexe.
On attaque le volume avec une petite pantalonnade parodique, et on finit sur un truc véritablement fin et élaboré. On se fait balader et on suit non seulement le cheminement de CEREBUS sur la voie qui même au pouvoir et ses conséquences, mais aussi celui de l’auteur qui tente des choses nouvelles à chaque page.
Effectivement, c’est un bouquin important.
Dommage que VERTIGE GRAPHICS ait calé en cours de route, ne sortant que la première partie du volume suivant. Je pense qu’URBAN pourrait reprendre le créneau.

26.1986, Sera N°7 dans mon TOP 10

 

27. 1986, MIRACLEMAN #11-16 OLYMPUS, Eclipse Comics, Marvel Comics (Moore/ Totleben)

Attention, grosse grosse BD !
Le scénariste nous livre ici, après un arc peut-être un peu faible, une histoire tout juste mémorable, surtout si on la remet dans son contexte historique. Après avoir complètement défini son personnage et son histoire, bref, après s’être intéressé au passé de Mike Moran (l’alter ego de Miracleman) les auteurs nous emmènent dans le futur, en faisant un bond de quelques années dans le temps. Sous forme de flashbacks, le scénariste nous propose de découvrir l’ascension de Miracleman mais aussi de toute l’humanité dans son sillage. Car notre héros est devenu un dieu et a ainsi crée son propre panthéon.

On découvre ici l’histoire originale, celle qui a véritablement posé pour la première fois la question de ce que deviendrait l’humanité si un surhomme prenait le pouvoir avec un traitement véritablement au-dessus de Squadron Supreme (petite remarque, à l’époque la série n’était pas publiée par Marvel Comics, qui n’en a racheté les droits que depuis quelques années mais par Eclipse Comics). Les questions que se pose l’auteur sont des questions qui vont revenir dans beaucoup de ses œuvres, notamment la place du surhomme et sa signification pour les autres. En dehors de ça, nous avons aussi une très grande histoire, avec le réveil de Kid Miracleman qu’on sentait poindre depuis un moment et des scènes de destruction massive entre des dieux tout puissants. C’est beau et la fin du combat entre Mike et Johnny est juste poignante. De plus, elle fait le lien avec un épisode de transition dessiné par STEVE DILLON dans Miracleman #2 et qu’on pensait sans conséquences. Cela signifie que l’auteur avait déjà tout prévu depuis le début, ou alors qu’il a su retomber de manière impeccable sur ses pattes (je penche pour la première solution). C’est magistral au niveau de l’histoire, mais la forme est tout aussi sublime, on voit vraiment que les deux auteurs jouent avec le format en proposant un numéro où Miracleman danse et des scènes d’amour oniriques (qu’on reverra d’ailleurs dans Swamp Thing ou Promethea). Le scénariste réintroduit les Warpsmiths dont les premières aventures quelques mois plus tôt prennent aussi tout leur sens et va assez loin en proposant certainement à travers eux toutes ses pensées et ses idées sur l’humanité.
Avec le recul, l’utopie proposée par Moore semble assez osée et peut être un peu naïve, mais n’oublions pas que ce comics a été écrit il y a presque trente ans, et que le monde a changé. En tout cas, Moore, comme beaucoup d’autres anglais à cette époque, utilise son personnage et sa bande dessinée comme réel vecteur de ses idées politiques, poussant parfois le bouchon assez loin (Charles Manson comme directeur d’un centre pour enfants battus, la suppression de toute forme d’argent, voire une scène d’anthologie entre Miracleman et Maggie Thatcher) mais aussi de ses idées plus personnelles, avec les partouses entre les six époux Warpsmiths lors d’un décès. Toutes ces idées prennent leur envol dans le dernier numéro, double, dans lequel Moore ferme définitivement la porte.
De plus, cette fois-ci, tous les épisodes sont dessinés par John Totleben qui apporte exactement le style qu’il faut sur ces histoires. Là aussi, c’est tout simplement magistral et on peut s’extasier sur de nombreuses pages. La maestria du dessinateur est évidente et c’est un pur régal. Totleben arrive à traduire toutes les nuances et toutes les émotions voulues par le scénariste de manière impeccable.Ce troisième arc, OLYMPUS, est à mon sens un indispensable pour tous les lecteurs de comics, aussi bien pour les anciens (qui retrouveront les prémices de tout ce qui viendra après) mais aussi pour les lecteurs plus occasionnels, qui pourront être surpris de voir qu’on peut faire passer des idées politiques et radicales dans une bande dessinée. Véritablement un moment important.

 

Titres écartés au profit de celui-ci :
Saga of the Swamp Thing (Moore/totleben/Bissette/Veitch) car même si ce n’est pas vraiment pareil et qque c’est une excellente série, qui va explorer tous les recoins de l’univers DC, on a la même équipe artistique.


28.1986  Sera n°2 dans mon TOP 10

29. 1987 Batman Year One, DC Comics (Miller / Mazzuchelli)

 

Deuxième étape de la déconstruction de Batman par Frank Miller après son Dark Knight Returns. Personnellement, je préfère nettement celui-ci au précédent. Après nous avoir narré la fin de Batman, Miller s’intéresse ici à ses origines et il les réécrit plutôt bien, avec une force dans la narration qui est cette fois-ci magnifiée par le talent de David Mazzuchelli dont cela reste quasiment la dernière œuvre de super-héros. Miller en fait beaucoup moins dans la provocation et le politiquement incorrect et se concentre uniquement sur l’histoire, donnant une profondeur à ses personnages assez impressionnante. La relation Gordon/Batman/Bruce Wayne est toujours très bien exécutée et l’histoire est franchement prenante. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le design assez retro de David Mazzuchelli qui fonctionne parfaitement. Après, ces quatre épisodes du duo sont devenus des incontournables, et ont permis carrément de lancer des séries qui se basaient dessus (comme le Catwoman de Cooke par exemple). C’est donc une œuvre importante, beaucoup plus maîtrisée que le Dark Knight Returns et dessinée par un maître de la narration !
Idéal pour commencer !

 

30.  1987 Kraven’s last hunt, Marvel Comics (De Matteis / Zeck)

 

Depuis Watchmen ou Dark Knight, le « grim and gritty », c’est-à-dire une ambiance sombre et réaliste s’est imposée dans les compagnies d’édition, qui cherchent toutes à surfer sur ce style. C’est bien évidemment un peu plus compliqué pour Marvel qui est en phase de transition et qui va chercher, elle aussi, à faire son « watchmen ». Elle va donc laisser carte blanche au scénariste J.M. De Matteis, réputé pour ses récits assez alambiqués (il suffit de lire sa prestation sur DEFENDERS) et un peu bizarres et au dessinateur Mike Zeck pour livrer un récit noir sur le super-héros alors le plus populaire de la firme… Spider-Man.
De Matteis nous propose donc tout un travail sur le poème The Tyger par William Blake (ce qui n’est pas très nouveau dans la mesure où Moore s’en était déjà servi dans Watchmen) qui devient alors Spyder, spyder. Cela peut sembler assez ridicule mais les six épisodes sont vraiment bons, avec un Kraven le chasseur (un des ennemis historiques de Spider-Man) décidé à aller jusqu’au bout pour se venger du super-héros, quitte à le tuer et prendre sa place ! Je vous rassure tout de suite, Spider-Man ne meurt pas mais il se retrouve enterré vivant durant quelques jours, au moment même où Vermine, un homme-rat, fait un carnage dans les égouts de la ville (au passage, excellent personnage qui met bien en relief le comportement de Kraven et de Peter Parker à son égard). C’est glauque, il y a des scènes dérangeantes (Kraven mange des araignées, Peter enterré vivant, Vermine) et la fin est sans concession puisque les artistes nous réservent le premier suicide d’un personnage important des comics. Je l’ai relu il y a quelques mois et cela se tient toujours bien, même si le style de De Matteis est encore un peu ampoulé. En revanche, rien à dire sur les dessins de Mike Zeck, excellents du début à la fin pour ce qui est l’une des meilleures histoires du tisseur de toile !

 

Titres écartés au profit de celui-ci:
Spider-Man Life in the Mad Dog Ward (Ann Nocenti/Cynthia Martin) (Web of Spider-Man #33 – Amazing Spider-Man #295 – Spectacular Spider-Man #133)  qui traite de manière magistrale le problème des asiles et de la folie.

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Arrowsmith dit :

    Le squadron supreme sera dans mon TOP 100. Le animal man est en passe d’être enfin lu. Cela à l’air grand, voire géant. signé FlecheSmith, un ami qui te veux du bien 🙂

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  2. Arrowsmith dit :

    cela marche ?

    J'aime

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