Top 100 : Partie 5 (1991-1995)

41.1990. SHADE THE CHANGING MAN #1-3, DC Comics (Peter Milligan / Chris Bachalo / Mark Pennington)

Certainement pas les meilleurs épisodes de la saga mais bon, c’est peut être ceux que j’ai le plus lu de la série puisque le premier trade paperback est sorti bien avant que je ne récupère le reste en singles.
Certes, la série est loin d’être parfaite, mais c’est aussi ce qui fait son charme.
SHADE THE CHANGING MAN est une série créée par STEVE DITKO qui débute en 1977. C’est l’histoire d’un fugitif venu de la planète META possédant la M-VEST (MIRACO-VEST) qui lui permet de créer une image déformée de lui-même. Il essaye de prouver qu’il est innocent durant toute sa série, affrontant les agents de méta partis sur Terre le chercher. Il y a eu 8 numéros bimestriels avant que la série ne soit annulée lorsque DC décide de réduire de manière drastique le nombre de ses publications en 1978. Un neuvième numéro verra le jour un peu plus tard pour conclure l’histoire.
Il rejoindra brièvement la SUICIDE SQUAD quelques mois avant son relaunch par MILLIGAN et BACHALO. Peter Milligan est un auteur qui fait partie de « l’invasion britannique » de la fin des années 1980. Après s’être fait remarquer outre-manche notamment avec la série SKIN racontant les aventures d’un Skinhead atteint de déformation physique à cause de la thalidomide et un essai sur la mini-série SKREEMER pour DC Comics, l’éditrice Karen Beregr lui propose de relancer SHADE avec un jeune dessinateur, Chris Bachalo.
Comment résumer cette série ? C’est tout simplement impossible, ce qui ne veut pas dire que c’est compliqué à lire, juste que c’est très difficile et que cela ne se construit pas uniquement sur une intrigue. Le douzaine/quinzaine de premiers numéros nous propose une relecture assez cynique de l’Amérique, ses travers, ses défauts vus par les yeux d’un extraterrestre et d’une jeune fille dont les parents ont été assassinés par un tueur en série et dont le petit ami s’est fait descendre par la police parce qu’il était noir (en fait, la police arrive au moment où le petit ami et le tueur en série se battent et ils tirent sur … le noir). Je ne sais pas quoi dire d’autre. Avec des intrigues assez osées, tout le prisme de l’Amérique (la déification puis la destruction des idoles, le racisme, la folie) est passé à la moulinette à travers de scènes complètement dingues (comme cette tête de JFK géante qui sort d’un trottoir).
C’est loin d’être maîtrisé (au tout début, SHADE devait être une mini-série où un ELVIS géant allait parler de la malbouffe) mais c’est vraiment ce qui fait le charme de cette série, avec des dialogues bien sentis et une suite de scènes tout à fait bizarres, mal fichues mais qui font finalement sens.
Je ne sais pas quoi dire, si ce n’est que cette série nous propose certainement la plus belle progression artistique de l’histoire, les dessins de Chris Bachalo (bon dès le départ) atteignant des sommets à partir de l’épisode #12-13. Pour ceux qui ne le connaîtraient que par ses travaux récents chez Marvel, cela risque de vous faire une surprise. La série baisse un peu à partir du numéro 50 mais en attendant, c’est véritablement un petit joyau que je conseille fortement. Une série dont on ne ressort de toute façon pas insensible ! IL me semble que DC Comics a réédité deux ou trois TPB de la série : foncez !


42. 1990 THANOS QUEST (Starlin/Lim)

Punaise, ça fait quand même bizarre de passer de SHADE THE CHANGING MAN à THANOS QUEST, mais bon, c’est un peu le jeu de cette liste des 100.
Cette mini-série (deux épisodes de 40 pages) m’avait vraiment marqué à l’époque. Il s’agit du retour de Jim Starlin sur son personnage préféré (Thanos) après l’avoir ressuscité dans la série SILVER SURFER. Et je pense que Starlin avait envie de raconter cette histoire depuis très longtemps. En effet, il s’agit, encore une fois avec cet auteur, d’une quête initiatique où Thanos va récupérer après des combats physiques, spirituels, métaphysiques mais toujours homériques les gemmes de l’infini. C’est évidemment très basique en terme d’histoire et d’intrigue mais ce n’est pas l’essentiel ici, il s’agit simplement pour Starlin de se réapproprier le personnage et de le définir de nouveau pour des lecteurs qui n’auraient pas lu Adam Warlock quinze ans plus tôt (ce qui de fait était mon cas).
Ce qui est surtout surprenant, c’est la prestation absolument admirable du dessinateur Ron Lim.
Lim est un dessinateur de comics classique, qui a toujours livré des planches au storytelling impeccable mais qui a parfois du mal avec ses compositions ou ses personnages. Bref, c’est ce qu’on peut qualifier (mais sans aucun problème pour moi) de dessinateur de comics lambda. Sur ce Thanos Quest il est absolument méconnaissable, totalement transcendé par le script  et livre des planches vraiment fabuleuses, qui correspondent parfaitement à l’histoire.
D’ailleurs la suite (INFINITY GAUNTLET pourtant dessinée par George Perez) est beaucoup moins réussie et Lim, à mon sens, ne n’atteindra plus jamais un tel niveau.
A lire.

Titres écartés au profit de celui-ci

-INFINITY GAUTLET (Starlin/Perez-Lim/Rubinstein) qui voit (presque) tout l’univers Marvel se battre contre THANOS

43. 1991 Sera N°8 de mon TOP 10 

44. 1991 SANDMAN #32-37: A GAME OF YOU (Neil Gaiman/Shawn Mc Manus-Bryan Talbot-Coleen Doran/George Pratt-Dick Giardano-Stan Woch) , DC Comics

 

Cet arc est le préféré de Neil Gaiman sur la série Sandman, et ce n’est pas très étonnant. En effet, il parle de l’identité, de la quête de soi, de l’image et ce sont vraiment de sujets de prédilection de l’auteur. De plus, il engobe tout cela dans un royaume imaginaire fantasy où il excelle et où Shawn Mc Manus, le dessinateur est particulièrement à l’aise.
Ce n’était pourtant pas mon histoire préférée de Sandman et il m’a bien fallu une douzaine d’année en plus et deux ou trois relectures pour bien comprendre le message de l’auteur et la portée de son récit.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Sandman, je n’ai aucune difficulté à dire que c’est pour moi l’une des meilleures séries de tous les temps en comic-book, en tout cas c’est celle qui me touche le plus, non seulement grâce à l’écriture de Gaiman, que je trouve formidable, avec des dialogues qui font mouches, des phrases et des réactions qui deviennent instantanément des classiques et un travail soigné et abouti de tous les instants.
Elle nous raconte l’histoire de Dream, un des membres des 7 endless, qui représente la personnification du rêve.
Après avoir été emprisonné par un humain pendant 70 ans, ce dernier retourne aux affaires et il a beaucoup de choses à régler.
On retrouve dans ce story-arc le personnage de Barbie (une jeune fille blonde qui vient de divorcer de ..Ken qui est parti avec Cyndi !!!) découvert dans THE DOLL’S HOUSE dont un cauchemar lié à l’enfance a pris possession d’une partie de son esprit (et donc d’un bout du royaume des rêves). Barbie est accompagnée de THESSALY, une vieille sorcière qui a l’aspect d’une gamine de quinze ans et de WANDA, un transsexuel qui peine à se trouver. Ensemble et avec l’aide de Sandman (qui n’apparaît que dans le dernier épisode et uniquement sur deux ou trois pages) ils arriveront à redonner son intégrité à Barbie, mais cette aventure aura de fâcheuses conséquences sur ses partenaires. Cela donnera lieu peut-être à la scène la plus triste de l’histoire du comic-book, lorsque Barbie peindra un nom au rouge à lèvres sur une tombe.
Quelques mots sur les dessins de Shawn Mc Manus qui,s’ils peuvent surprendre un petit peu au début, sont tout à fait adaptés pour l’univers fantasy/enfantin coincé dans l’esprit de Barbie. Il est accompagné par Coleen Doran et son trait rugueux et de Bryan Talbot qui vient conclure l’histoire.
Un grand moment.

 

45.1992 HULK : FUTURE IMPERFECT, Marvel Comics (Peter David / George Perez)

 

Nous avons dans ces deux épisodes de quarante pages chacun une histoire exceptionnelle. C’est pour moi la quintessence de ce qu’a produit Peter David sur Incredible Hulk (il y est resté douze ans). Ici ce n’est donc pas la série régulière, mais cela y ressemble énormément et cela va poser des bases sur tout ce qui va arriver plus tard, puisque c’est la première fois qu’on nous présente le MAESTRO, une version alternative et malfaisante de Hulk, personnage qui existe encore aujourd’hui (notamment dans le crossover SECRET WARS). Comme avec ce scénariste, il y a toujours un projet à long terme et en dehors d’être une histoire tout à fait auto-contenue, on pourra y trouver des bases sur l’évolution de certains personnages, notamment Rick Jones et sa petite-fille du futur. Brune Banner y voit donc ce qu’il pourrait devenir s’il ne se contrôle pas plus et cela lui rajoute bien évidemment beaucoup d’humanité.
De plus, les dessins sont signés George Perez (qui fait un superbe retour après avoir passé des années chez DC sur notamment Wonder Woman) et cela fonctionne à merveille ! En effet, les dessins détaillés de l’artiste conviennent parfaitement au scénario malicieux et plein de références de David. Les deux artistes seront d’ailleurs réunis sur une série indépendante : SACHS AND VIOLENS un an plus tard.
Bref, c’est véritablement excellent et superbement dessiné !

 

Titres écartés au profit de celui-ci:
INCREDIBLE HULK #372-435 qui sont les meilleurs épisodes de la période Peter David avec trois dessinateurs hors pair : Dale Keown,Gary Frank et Liam Sharp. Si vous voulez lire du Hulk, ce sont ces épisodes-là !

INCREDIBLE HULK #312 (Mantlo/Mignola) Sans oublier ce numéro, l’un des premiers à poser les bases d’un Hulk beaucoup plus humain et sensible que ce que l’on imagine !

46.1992 Sera N°1 dans mon top 10

47. 1993 DEATH : THE HIGH COST OF LIVING #1-3 , DC Comics (Neil Gaiman/Chris Bachalo).
 

Que dire sur cette mini-série qui explore en profondeur le personnage de Death, la sœur de Sandman introduite dans Sandman #7. Tout d’abord qu’elle est scénarisée par Neil Gaiman, mon scénariste préféré et Chris Bachalo, mon dessinateur préféré et qu’elle parle de Death, l’un de mes personnages préférés. Du coup, c’est un peu normal de retrouver cette mini-série de 3 épisodes dans mon Top 100. Si Sandman est la personnification du rêve, Death, comme son nom l’indique, est la personnification de la mort. Sauf que c’est l’une des plus humaines de toute la tribu des endless et certainement l’un des personnages fétiches de Gaiman.
Le pitch est très simple: A chaque siècle, Death prend une forme mortelle pour mieux comprendre à quoi les vies humaines qu’elle prend ressemblent, pour avoir un goût de sentiment de mortalité ;c’est le prix qu’elle doit payer tous les 100 ans.
Et voici donc la forme humaine de Death, Didi, qui va passer sa journée avec un adolescent torturé : Sexton Furnival. Ensemble, ils vont rencontrer des sorciers, des personnages bizarres et profonds, bref, ils vont découvrir le sens de la vie !

GAIMAN joue sur ses forces, c’est-à-dire les personnages. Quasiment pas d’action, un scénario assez linéaire et ça marche à fond. Gaiman peut se consacrer pleinement aux dialogues, presque tout le temps à double sens sur le rôle et la fonction de Death et c’est une de ses spécialités, ces petites réparties qui n’ont pas beaucoup de valeur, mais qui définissent si bien les personnages. Voir le scan où Sexton demande à Didi que si elle était vraiment la mort, elle aurait dû être présente lors de la mort de THEO (un des méchants qui meurt en présence des protagonistes principaux), DEATH lui répond alors : « mais j’étais présente !», c’est ce qui pour moi définit essentiellement le style de GAIMAN, des petites phrases qui font mouche ! Tout est bien pensé, Didi qui s’éclate à bouffer tout et n’importe quoi, qui touche des bébés dans le ventre de leurs mamans, qui vit, tout simplement, alors que c’est la mort. Des running gags (elle ne paye jamais rien) qui signifient finalement beaucoup; de plus, le personnage de Sexton, assez basique au départ (un ado suicidaire) se développe et s’ouvre au fur et à mesure de sa progression avec Didi. Comme à son habitude, GAIMAN introduit d’énormes références aux personnages déjà existant dans SANDMAN sans que cela gêne la compréhension du récit, d’ailleurs, cette fois ci, GAIMAN ne nous abreuve quasiment pas de références littéraires et nous livre une série simple, comme son héroïne.
Mais je peux difficilement être partial lorsqu’il s’agit de GAIMAN. Pour moi, cette histoire est certainement l’une des meilleures qu’il ait écrites, et pourrait même être une très bonne introduction à l’univers de la série SANDMAN. En plus on a droit à du vintage CHRIS BACHALO qui nous livre aussi avec MARK BUCKINGHAM l’une de ses meilleures prestations sur une série (avec peut-être son LOTDK encré par MARK PENNINGTON et ses GEN X avec Mark Buckingham). On a souvent tendance à lui reprocher de dessiner de manière assez compliquée et confuse, ce n’est pas du tout le cas ici. On a une succession de toutes petites cases, avec de petites scènes de vie qui nous encrent pleinement dans le réel, comme un jouet clown qui ne rebondit pas, une cigarette qui se consume, ou alors tous ces panels de discussion entre DEATH et Sexton. Il sait manager les splash pages aussi a bon escient, et puis, personne ne dessine DEATH mieux que lui. La force de BACHALO, ce sont les expressions des personnages, ici, il est vraiment servi. On pourra quand même reprocher à GAIMAN de ne pas avoir donné toute son ampleur au personnage de THE EREMITE qui fait un peu doublon avec MAD HETTIE.
Pour résumer : une histoire simple, GAIMAN qui flirte avec la poésie et Bachalo a son meilleur. ESSENTIEL !
 


Titres écartés au profit de celui-ci:
– LEGENDS OF THE DARK KNIGHT #64 (Delano/Bachalo/Pennington) Terminus, une des meilleures histoires de Batman !
– THE MAXX #1-6 par Sam Keith, un autre grand artiste qui se lâche totalement sur cette série image.

48. 1993 Ce titre sera N°3 dans le top 10 !

49. 1994 Generation X #1-6 (Scott Lobdell/Chris Bachalo/Mark Buckingham)

 

Eh oui, c’est vraiment la fête de Chris Bachalo sur ce post puisqu’il est encore cité !  Après son passage sur Death, le voici passé chez Marvel où, après un passage sur Hulk et sur X-Men Unlimited, il atterrit sur une nouvelle série mutante, GENERATION X ! Cette série nous raconte les aventures de la troisième génération de mutants et est scénarisée par Scott Lobdell, l’un des principaux scénaristes des X-Men à l’époque et qui se trouve certainement dans sa meilleure période scénaristique. En effet, Lobdell a livré dans les années 1990 une excellente prestation sur les titres mutants, réussissant à privilégier l’action, les sentiments et les cheminements psychologiques de ses personnages.
Et que dire de Chris Bachalo, qui cette fois-ci est encré par Mark Buckingham, qui est certainement son meilleur encreur et qui tracera ensuite sa propre carrière en tant que dessinateur vedette, notamment sur la série FABLES.
Et Bachalo apporte définitivement un ton très VERTIGO à la série, avec des personnages aux pouvoirs bizarres et pour le coup, très différents. C’est certainement la dernière meilleure introduction d’équipe mutante, jamais égalée depuis dans les comics Marvel où des personnages sans nom et sans personnalité apparaissent et disparaissent en moins de dix numéros.
On avait par exemple droit à CHAMBER, jeune garçon anglais et acerbe dont le bas du visage a explosé lors de la première apparition de ses pouvoirs, HUSK, qui peut changer de forme mais à condition de s’arracher la peau ou encore MONDO, dont on ne sait rien. Chaque personnage a ses faiblesses, ses névroses et c’est parfaitement exploité dans ce seul premier numéro. De plus, c’est la première série à faire définitivement passer Emma Frost du côté des héros, nous expliquant qu’elle est une éducatrice avant tout. Son duo avec Banshee fonctionne parfaitement.
C’est, même à la relecture, parfaitement excellent !
Quand on pense à toutes ses nouvelles séries relaunchées, rebootées, avec à chaque fois des personnages kleenex aussitôt oubliés et mal fagotés dont Marvel nous abreuve depuis 6 ou 7 ans, voilà sur quoi il aurait fallu prendre exemple.
 

Titres écartés au profit de celui-ci:
– GENERATION NEXT #1-4 des mêmes auteurs, un grand moment, qui propulse nos jeunes mutants dans les pages de l’AGE d’APOCALYPSE et où Bachalo se lâche réellement !

D’ailleurs, les six premiers numéros (qui vont introduire aussi MARROW) et leur suite dans AGE OF APOCALYPSE (GENERATION NEXT) font tout simplement partie des meilleures lectures mutantes de la décennie !
A relire d’urgence !

50. 1994 STARMAN #0-5, DC Comics (James Robinson/Tony  Harris / Wade Von Grawbadger

STARMAN a été l’un des cinq titres lancés par DC à l’occasion du crossover ZERO HOUR. Comme beaucoup d’autres titres ce même mois, il va donc commencer par un numéro #0.
Les autres titres étaient FATE, XENOBROOD, PRIMAL FORCE et MANHUNTER !
Evidemment, cela a été le seul à perdurer et a atteindre plus de 20 numéros.
Devenue instantanément culte, elle a permis à ses auteurs d’être nommés pour de nombreux AWARDS (les EISNER en particulier) et a permis d’installer un retour aux personnages rétro qui va enclencher quelques temps plus tard le retour de la JSA sous la plume du même JAMES ROBINSON.
TED KNIGHT, alias STARMAN est trop vieux pour assurer la protection d’OPAL CITY. Il va donc demander à ses fils DAVID et JACK de reprendre le flambeau. SI JACK n’en veut pas du tout, DAVID accepte.
Et cet arc contient tout ce qui fonctionne chez DC, à savoir la notion d’héritage (puisque le fils reprend contre sa volonté le manteau de héros du père) et aussi beaucoup de surprises, avec la mort du héros dès la troisième page!
En effet, quelques mois plus tôt on avait assisté à l’adoubement de DAVID KNIGHT comme nouveau STARMAN et tous les lecteurs s’attendaient à voir ses aventures. Et Robinson prend tout le monde de revers. Tout est réuni ici pour nous faire vivre de bons moments, le style de ROBINSON, qui s’attarde sur tous les petits détails de objets de collection de la boutique de JACK est terriblement efficace sans être pour le moins du monde pompeux et ennuyeux. Il va installer via des flashbacks une rivalité entre les deux frères pour l’admiration leur père ; un DAVID arrogant qui pense qu’il a pris le dessus en mettant le costume et un JACK qui répond par la moquerie, sans penser une seule seconde que cela peut blesser un tant soit peu l’héritage de Starman.
De plus, ROBINSON est autant intéressé par le destin de Jack que par la ville d’OPAL CITY, n’hésitant pas à réaliser des épisodes entiers sur des personnages emblématiques de la ville, comme les O’DARE (une famille de policiers) ou THE SHADE, un méchant de Flash devenu depuis un personnage assez neutre et aux motivations bien plus complexes qu’il y paraît !
Les dessins sont signés TONY HARRIS dont le style est très très bon pour une de ses premières œuvres. Lorgnant vers un dessin plus stylisé et beaucoup moins photo-réaliste que dans ses œuvres actuelles, son trait, renforcé par l’encrage de VON GRAWBADGER, est nettement plus épais et plus sombre, louchant presque vers du MIGNOLA.
Si le premier arc ne fait que quatre numéros (0-3), j’ai intégré ici les numéros 4 et 5 qui sont certainement les plus réussis de toute la série, puisque le 4 montre tout le talent de scénariste de ROBINSON et que le 5 étrenne une idée surprenante : chaque année, JACK aura une discussion avec son frère DAVID. C’est très bien vu car cela va lui permettre de poser son récit et de faire réfléchir JACK sur ce qu’il est devenu au fur et à mesure de ses aventures. Un excellent concept, qui fonctionnera parfaitement. Le noir et blanc (seul DAVID est en couleur) renforce évidemment encore plus le magnifique travail de HARRIS, de plus en plus à l’aise sur le personnage, les scènes d’action, peut être encore un peu hésitantes, sont néanmoins de mieux en mieux maîtrisées
Harris sera remplacé au bout d’une vingtaine de numéros par Peter Snejbjerg, encore meilleur !
Autant vous dire que c’est une énorme série sans vraiment grand temps mort !
 

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Arrowsmith dit :

    A part Druid (pas lu) et Starman (pas tout lu) je choisirai surement les mêmes (tu m’as piqué Generation X)

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