Top 100 : Partie 9 (2006-2009)

81.2005. FELL #1-9, Image Comics (Warren Ellis/Ben Templesmith)  
 

Bon ben voilà, autant Warren Ellis peut parfois être décevant (il est pourtant cité de très nombreuses fois dans ce top) , autant parfois ses idées sont tout bonnement exceptionnelles, en tout cas, cet auteur apporte toujours quelques chose de sympathique sur une BD, une envie de bien faire, contrairement à certains autres qui abusent un peu de la crédibilité de leurs lecteurs. Dans le cas qui nous concerne, voici FELL, srti en VF il y a dix ans chez DELCOURT, et qui nous raconte l’histoire d’un policier avec un secret, débarqué dans un coin de ville abandonné de tous où règnent le crime et les ambiances glauques. Rien de bien original me direz-vous, sauf que c’est tout bonnement excellent aussi bien niveau dessins que niveau scénario. Le dessin d’abord car c’est celui qui frappe le plus. On avait l’habitude situer  BEN TEMPLESMITH comme un dessinateur jouant dans les mêmes eaux qu’ASHLEY WOOD, (voir ses 30 DAYS OF NIGHT ou plus récemment ses SPAWN CHRONICLES chez DELCOURT aussi en kiosque) et il nous livre ici une prestation totalement différente, prouvant par la même occasion qu’il est un grand dessinateur, capable de s’habituer aux tons du récit, inutile d’en rajouter dans le glauque, ce n’est pas la peine, ici on a un trait très lisse, très cartoony avec des couleurs pastels, qui font penser un petit peu à du JOSHUA MIDDLETON façon NYX qui se serait accouplé avec JIM MAHFOOD, mais en plus élaboré. Autant dire que c’est extrêmement intéressant et en tout cas parfaitement réussi. La colorisation (signée aussi TEMPLESMITH) est parfaitement maîtrisée.
Au niveau du scénario les épisodes sont très courts, une quinzaine de pages et je dois avouer que le tout premier épisode m’a fait peur : j’y ai vu trop de glauque et je me suis dit que si tout était comme ça, ce serait vite pénible. Et bien pas du tout ; FELL progresse au fur et à mesure des épisodes, contrairement à la lente descente aux enfers de ce type qui s’est mis en tête de sauver la ville, mais qui voit bien que c’est une tâche insurmontable. L’originalité et la précision du scénario vont crescendo, avec quelques épisodes absolument magnifiques, du genre celui de l’interrogatoire et surtout le dernier, quasiment tout en prose, qui pourrait ressembler à ce qu’on a déjà vu dans certains épisodes de TRANSMETROPOLITAN.
On s’habitue petit à petit à ce héros malgré lui, à sa copine bizarre serveuse de bar, à tous ces gens corrompus jusqu’à la moelle, glauques jusqu’au bout des dents et même à la réaction bizarre de certains des protagonistes, car en effet, ELLIS ne situe absolument pas sa ville, ne nous donne pas plus que ça d’indications sur les personnages et se contente juste de faire avancer ses idées et son histoire, différente à chaque épisode avec la ville en dénominateur commun.
On a en plus droit à des running-gags, genre la bonne sœur, ce qui contribue à faire encore plus de ces récits un sérial qu’on aurait envie de retrouver tous les mois.
Car chacun des épisodes (sauf peut être les premiers) est un petit bijou de dialogues, de scénario et de manière de faire vivre son histoire en 17 pages.

Bref, autant dire que ce recueil est une réussite totale et qu’il mérite bien un achat et qu’on attend toujours la suite !

 

82. 2006 CASANOVA #1-7: LUXURIA, Image Comics (Matt Fraction/ Gabriel Bà)

J’avais acheté le premier TPB de cette série car j’avais vu de très bons retours sur certains forum (Buzzcomics pour ne pas le nommer) et comme je ne m’étais pas renseigné du tout, je suis allé de surprises en surprises. Tout d’abord les couleurs : il n’y en a que trois, noir, blanc et vert. C’est toujours intriguant ce choix de trois couleurs, et je ne comprends pas bien pourquoi, mais c’est plutôt réussi car cela met en valeur le graphisme de Gabriel Bà.
Et puis il y a l’histoire : CASANOVA est une série de science-fiction croisée avec un peu de JAMES BOND. Là aussi, grosse surprise, je ne m’attendais pas à ça de la part du scénariste qui, à l’époque, n’avait fait que IRON FIST !
Ca fonctionne très bien. Le récit est très dense et jongle tout de suite avec des concepts pas du tout compréhensibles à premier abord, comme les lignes de temps parallèles ou les combats mentaux. Arrivé aux alentours de la fin du premier épisode, on repose alors le bouquin et on se dit qu’on va tout reprendre depuis le début, en faisant beaucoup plus attention. Car c’est loin d’être une bande dessinée pop-corn , comme SEX CRIMINALS du même scénariste par exemple. Il faut faire des efforts si l’on veut rentrer dans cette BD, et c’est plutôt bon signe car à la fin , on est totalement fasciné par l’univers que FRACTION et BA sont en train de créer sous nos yeux.
CASANOVA QUINN est donc le fils du directeur de l’EMPIRE (sorte de SHIELD ), dont le but est de protéger la planète des méchants. Or, CASANOVA est un méchant, un gentil méchant mais un méchant quand même. Le voilà par magie transporté dans une ligne temporelle alternative par le chef du WASTE (l’HYDRA donc), qui lui propose de se faire passer pour son double de cette réalité afin d’infiltrer l’EMPIRE. (Dans cette réalité, CASANOVA est un super agent). C’est déjà assez compliqué mais si vous rajoutez à cela des créatures bizarres ; des corbeaux ou des araignées qui apparaissent de temps en temps lors des combats mentaux, eh bien on se demande ce qui se passe et où FRACTION veut en venir. Pas d’inquiétude, tout est (quasiment) expliqué à la fin.
C’est beaucoup plus limpide au fil des épisodes, et ce qui peut paraître un peu confus au départ se décante très bien au bout du deuxième numéro. On est totalement pris dans l’action et l’univers ne pose plus de problèmes (même si j’ai toujours pas capté cette histoire de corbeaux et d’araignées…)
Le rythme aussi est excellent. CASANOVA nous donne la plupart du temps des numéros solos, où l’intrigue est résolue en vingt-quatre planches avec bien entendu toujours un fil rouge bien construit sur la personnalité du héros et de son univers. Il est sacrément doué pour raconter des histoires FRACTION, et réussit à nous faire aimer son héros pourtant peu ragoûtant au départ. Construit en plus sur de bonnes idées un peu tordues, FRACTION relance encore son récit dans le dernier épisode, ce qui promet de belles choses pour l’avenir.
De superbes personnages, de très bons concepts, de très bonnes histoires, bref, cela ne dépareille pas avec certains titres de MORRISON ou ELLIS, par exemple, tout en restant plus orienté action et SF.
La deuxième surprise vient du dessin. Au départ, je me suis dit…BOF BOF, le premier coup d’œil ne m’a pas franchement emballé. Et pourtant, on est absolument conquis par le style de GABRIEL BA dès les premières planches, où son sens du dynamisme et du détail qui tue fait mouche à tous les coups. Il faut, là aussi, juste faire un petit effort pour rentrer dans le dessin.
En résumé, CASANOVA est une série très inventive, rondement menée et excellemment dessinée.
Tout pour plaire donc.
Ce sera moins le cas pour ses suites, Fraction n’arrivant pas à retrouver le niveau de son premier arc.
Titres écartés au profit de celui-ci:
– DAYTRIPPER où Gabriel Ba et son frère jumeau Fabio Moon nous propose une bande dessinée très intimiste et assez surprenante.

 
83. 2006. MOUSE GUARD: FALL 1152, Archaïa entertenment (David Petersen)

Première constatation: l’objet est superbe, le format est cartonné, carré (21*21) avec plein de bonus et de pin-ups ; des cartes du monde, etc…
C’est le premier point positif.
Deuxième point l’histoire.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas du tout, MOUSE GUARD est une épopée très fantasy qui a pour protagonistes de jolies petites souris. En fait, les MOUSE GUARDS sont les protecteurs des villages et des routes rejoignant les différentes villes ; les débarrassant d’éventuels dangers (serpents , etc…)
On s’intéresse plus particulièrement à trois GUARDS qui vont mettre à jour un complot visant à envahir la capitale et à faire tomber la reine.
Si j’étais réducteur, je dirais, pensez au seigneur des anneaux version souris. C’est quand même beaucoup moins fourni que l’œuvre de TOLKIEN mais l’auteur, David Petersen, a particulièrement soigné son univers, fournissant cartes et moult détails à la clef, ce qui permet vraiment de nous faire rentrer de plein pied dans l’histoire, tout à fait classique.
C’est une petite histoire avec des petites souris en fait, tout simplement. Sauf que c’est particulièrement bien réalisé.
Je ne pense pas qu’il faille chercher quelque chose de plus, ce sont juste des souris et l’auteur n’a certainement pas cherché à faire de la philosophie anthropomorphique ; le fait que ce sont des animaux n’est pas une métaphore par rapport à la condition humaine, je pense notamment à des œuvres comme MAUS, ici rien à voir.
C’est juste une histoire de fantasy avec des souris toutes mimis.
En plus l’idée de départ est bonne. Comme ce sont de tous petits animaux, il paraît logique qu’il y ait une garde qui protège et surveille les routes des prédateurs des souris. Après, on a exactement (et encore une fois) ce que l’on cherche si on achète ce livre. Une bonne histoire de chevalier, de complot, de combat et de bravoure.
Evidemment, (et c’est le troisième point) ce livre ne serait pas aussi bon sans les magnifiques dessins de Petersen, qui arrive à dessiner de valeureuses et farouches petites souris avec des épées tout en gardant le côté mignon et craquant de celles-ci.
Bon, évidemment, le problème avec des souris, c’est qu’il est difficile de les reconnaître, et Petersen emploie une astuce faite et refaite depuis mais qui marche (la couleur de la fourrure et la couleur de la cape). Non, ce qui est très intéressant dans le dessin, c’est qu’il mélange un côté cartoon, pour les souris en général qui sont aux prises avec un monde extérieur en revanche, lui, dessiné de manière très réaliste. Les combats des souris contre des serpents ou des crabes sont tout bonnement beaux à tomber.
C’est aussi une mise en bouche, l’auteur a un plan derrière la tête puisque son histoire ici n’est que la première partie d’une saga plus grande dont trois autres volumes sont déjà sortis. Il respecte donc encore ici les codes de la fantasy jusqu’au bout.
En plus, vous pouvez faire lire ce livre à n’importe qui autour de vous, les plus jeunes, les moins jeunes, ce n’est pas extrêmement violent, c’est beau et l’histoire est très lisible et très linéaire. Les plus grands pourront eux s’extasier totalement devant la finesse et l’habileté de dessinateur de Petersen.
Un vrai petit bijou, un grand livre pour une petite histoire avec de petites souris.
Et donc un grand coup de cœur.

84. 2006 STAR WARS LEGACY #1-50, Dark Horse, Marvel Comics (John Ostrander/Jan Duursema/Sean Parsons)
 

STAR WARS LEGACY est un superbe comic-book, je ne donne d’ailleurs pas de numéro particulier puisque la saga s’étend sur toute la série et prend de l’ampleur et de l’allure au fur et à mesure des planches.
L’histoire se passe après STAR WARS VI, et se concentre sur les aventures du dernier de la lignée des SKYWALKER, prénommé CADE, nous ne sommes donc plus raccord avec le nouveau film, mais ce n’est pas grave.
C’est l’accroche principale, mais on comprend très vite que JOHN OSTRANDER (scénariste trop sous-estimé qui a non seulement fait un travail fabuleux sur l’univers Star Wars mais aussi chez DC avec THE SPECTRE et SUICIDE SQUAD) et JAN DUURSEMA ne vont pas se focaliser sur le héros, mais sur tout l’univers qui l’entoure et toutes les forces en présence, n’hésitant pas à faire des numéros entiers sans que CADE apparaisse et qui ont pour protagonistes des personnages nouveaux ou secondaires, mais très important pour le développement de l’histoire. Car effectivement il y a beaucoup de forces en présence, tout un univers d’ailleurs.
Tout d’abord les SITH, menés par le très sombre DARK KRAITH qui ont pris le pouvoir en destituant par la force et avec l’aide de ses principaux conseillers (les MOFFS) l’ancien EMPEREUR, en exil, mais qui cherche à se venger et à retrouver son trône, aidé de ses jedi impériaux (des jedi « gris », à mi-chemin entre les JEDI pur et le SITH).
Puis de l’autre côté, les jedi, totalement disséminés eet dont il ne reste que peu de membres et qui s’allient plus ou moins aux YUZAAN VONG, des extraterrestres qui avaient tenté d’envahir l’empire, qui ont été heureusement battus mais qui sont à l’origine de la nouvelle scission de celui-ci. Vous trouvez cela déjà compliqué ?
Si vous rajoutez les trahisons de certains MOFFS, de certains IMPERIAUX, des rebelles qui se battent indépendamment et sans allégeance à l’empereur déchu contre les SITH et l’incapacité pour CADE de savoir s’il suit le chemin qui le mène à la lumière ou vers le côté obscur, vous comprendrez que LEGACY bénéficie d’une intrigue plus que dense, qui peut décontenancer au départ, mais dont les éléments et les personnages se mettent au fur et à mesure en place au fil des épisodes, formant un tout final particulièrement brillant.
L’intrigue principale est parsemée d’épisodes spéciaux, comme par exemple celui qui nous raconte les dessous de la scission EMPIRE/SITH et qui met bien des choses en place ; ou encore une intrigue politique où deux espions tentent d’empêcher un accord entre l’empereur déchu (FEL) et une coalition armée qui se bat contre les SITH. Nous avons même droit, dans les tous premiers épisodes de la série, à deux numéros où CADE retrouve certains de ses anciens camarades JEDI et monte une alliance avec les VONG et un épisode sur la manière dont les généraux de KRAITH asservissent une planète. Vous voyez bien qu’on est très loin du concept de base, et que ce qui prime dans LEGACY , c’est l’univers et les intrigues politiques.
Niveau dessin, c’est impeccable puisque la prestation de JAN DUURSEMA est tout bonnement fabuleuse, je n’avais jamais vu un tel niveau chez cette dessinatrice et cela n’a absolument rien à voir avec ce qu’on a pu voir dans les années 1990 sur X-Men. Je ne sais pas si c’est l’encrage de SEAN PARSONS qui lui réussit, mais en tout cas, c’est vraiment très bon et un régal pour les yeux. Je ne pensais pas qu’elle était capable de livrer d’aussi jolies planches !
Toute la série tourne donc entre arcs faisant avancer l’intrigue principale et petits numéros solos sur des points de l’univers Star Wars. Cela forme un tout extrêmement cohérent et complexe pour ce qui reste la meilleure série Star Wars Dark Horse, qui n’a rien du tout à envier aux nouvelles séries Marvel, trop restreintes par le format imposé !
Autre point positif : la fin de la série n’est absolument pas bâclée, elle est même vraiment passionnante et clôt de la meilleure des manières la série !
Même si vous n’êtes pas fan Star Wars (ce que je suis) et que vous n’avez qu’une connaissance parcellaire de cet univers, laissez vous entraîner dans cette aventure !
Titres écartés au profit de celui-ci:
– THE SPECTRE par le même Ostrander et Tom mandrake, qui nous propose le meilleur des aventures du perosnnage le plus mystérieux et le plus puissant de l’univers DC.

 

85. 2007 SILENT WAR (David Hine/Fraser Irving), Marvel Comics

Cette série en six parties est la suite directe de la mini série SON OF M, et nous raconte les début d’une guerre entre les inhumains, les humains et VIF ARGENT.
Pour ceux qui ont aimé la mini SON OF M, vous pouvez vous jeter dessus instantanément. En effet, le scénario est aussi bon, voire meilleur et peut-être un peu plus linéaire mais c’est tout à fait logique, car la précédente série s’intéressait aux différents voyages dans le temps de PIETRO. Hine a vraiment une relation particulière avec ses personnages et nous décrit les inhumains d’une manière très intéressante, se concentrant sur les personnages avant tout comme l’avait fait JENKINS dans sa mini avec JAE LEE. Le ton y ressemble un peu je trouve, et c’est quand même dans ce genre de séries que l’on se rend compte que FLECHE NOIRE est un magnifique personnage. J’aurais pu mettre SON OF M mais là, je pense que c’est sur cette mini-série que David Hine se donne à fond et maitrise le mieux son histoire.
Ici, on s’intéresse aux conséquences du vol des cristaux térrigènes et de leur expérimentation par l’armée Américaine, ce qui va entraîner une guerre entre les inhumains et les USA. C’est, en plus de ça, relié parfaitement aux séries de MARVEL, avec l’apparition des MIGHTY AVENGERS et d’autres équipes plus en relation avec VIF ARGENT, à savoir X FACTOR. Donc là-dessus, pas de problème, les personnages sont écrits impeccablement et le scénario ne prend pas le lecteur pour une buse et il ne fait pas de concessions, ce qui parait actuellement impossible. C’est assez dur, c’est violent et adulte, ce qui est le principe des récits de David Hine.
Hine est à mon sens l’un des meilleurs scénaristes du moment. Il a réussi sur chaque titre qu’il a eu entre ses mains à donner une valeur ajoutée non négligeable, à réaliser quelque chose de mature, profond et ambitieux, que ce soit sur ses titres indépendants (Spawn, Bulletproof comics) mais aussi chez Marvel (Son of M, District X) ou DC (pas mal de Detective Comics de très bonne facture). Vous pouvez prendre les yeux fermés dès que vous voyez son nom quelque part, c’est quasiment toujours signe d’une très grande qualité.
Le dessin, maintenant : FRAZIER IRVING a vraiment un style, que personnellement j’adore et c’est un peu pour cela que j’ai choisi cette mini par rapport aux autres! Je comprends qu’il puisse en rebuter quelques-uns, mais franchement, il faut reconnaître que tout y est : ce n’est pas statique, cela à du style, les persos sont quand même très reconnaissables et une majesté se dégage complètement de FLECHE NOIRE par exemple. Même ses MIGHTY AVENGERS tiennent la route, c’est vous dire. Non vraiment, j’adore ce style, reconnaissable entre tous.
Si vous avez l’occasion, foncez !

Titres écartés au profit de celui-ci:
– SILENT WAR qui s’intéresse aux suites de HOUSE OF M et qui est plus complexe
– DISTRICT X, une série policière mutante avec Bishop et qui est à mon sens la meilleure production Marvel issue de HOUSE OF M
– XOMBI par Frasier Irving, un superbe récit auto-contenu est superbe !

86.2007 SCALPED #1-5 INDIAN COUNTRY, DC Comics (Greg Rucka- Ed Brubaker/ Michael Lark / Stefano Gaudiano )

Pas repéré au départ, je suis venu à SCALPED après la sortie du deuxième recueil VO, poussé par les critiques dithyrambiques sur les forums.
A première vue pourtant, ce n’est pas franchement ma tasse de thé, les thèmes d’un indien qui revient dans sa réserve en tant qu’homme de main du « mafieux » local sur fond de pauvreté d’alcoolisme etc… peut facilement devenir caricatural ou gênant, ou partir trop dans la démesure. Quand on voit des batailles sanglantes, un peu trop parodiques collées à un fond très réaliste, j’ai beaucoup de mal, car c’est déjà vu et déjà fait !
Autant vous dire que ce n’est absolument pas le cas ici !
SCALPED est tout simplement brillant !
Pourtant, on pouvait craindre des premières planches que le récit parte dans un semblant d’histoire ultra violente, mais en fait pas du tout. La grande réussite de JASON AARON c’est qu’il arrive à rendre complètement crédibles les personnages de sa série, en s’y attardant longuement, et qu’il maîtrise parfaitement l’art du cliffhanger ! Mais alors complètement. La fin du premier épisode est déjà surprenante en soi, mais la fin du TPB nous laisse carrément par terre, nous faisant acheter immédiatement la suite.
AARON veut aller en profondeur dans son histoire, et prend son temps ; personne n’est réellement ce qu’il paraît être et c’est pour notre plus grand plaisir qu’on se prend à découvrir des aspects de certains personnages qu’on ne supposait absolument pas. Ce sera d’ailleurs le principe de la série tout au long des dix recueils.
Un résumé pour ceux qui ne connaîtraient pas : DASH BAD HORSE revient donc dans sa réserve après plus de quinze ans d’absence et se met très vite au service du chef LINCOLN RED CROW , très stressé par l’ouverture prochaine de son CASINO qui doit lui permettre de gagner encore plus d’argent qu’il ne se fait avec l’alcool, la drogue ou la prostitution.
AARON ancre sa série dans un réalisme historique, avec des agents du F.B.I. tués par des indiens dans les années 70 et une rébellion qui a effectivement eu lieu me semble t-il (mais mes connaissances en histoire de l’Amérique s’arrêtent là) et on entre tout de suite dans cette atmosphère de fin du monde, de misère et de pauvreté.
Le style est assez intéressant aussi, AARON utilisant la plupart du temps des flashbacks qui nous en apprennent à chaque fois un peu plus et nous entraînent vers une révélation finale assez surprenante et totalement bluffante !

Il y a aussi quelques personnages mystérieux qui vont apporter leur pierre à l’édifice et qui vont véritablement faire un parallèle entre les actions des protagonistes de la série et les légendes indiennes. Car SCALPEED n’est pas qu’une bande dessinée policière, avec des flics corrompus, des agents du F.B.I. qui ont des choses à cacher et des criminels qui sont peut-être meilleurs que les autres parfois. C’est aussi une bande dessinée sur l’identité, la loyauté, les liens du sang, bref, sur l’humanité et tout ce qu’elle recèle de bien ou de mal. Tous sont des gens paumés, et l’arrivée de BAD HORSE va déclencher des évènements à la chaîne, dont on ne peut évidemment pas prévoir l’issue. Cela me fait penser complètement au style de séries HBO, comme SHIELD ou SOPRANO. C’est rude, c’est dur et très bien écrit. Le scénario sait exactement où il va et s’attarde sur tous les aspects de l’histoire (le passé des personnages, les personnages secondaires, l’environnement) pour nous emmener exactement là où il le désire sans que rien ne soit superflu. Chaque page est un régal. Et pourtant, les trucs policiers violents ne sont pas ma tasse de thé, mais force est de reconnaître que c’est passionnant de bout en bout !
La bonne nouvelle c’est que le niveau ne baisse quasiment pas tout au long de la série !!!!!!
Quelques mots des dessins. R.M. GUERA, que je ne connaissais pas du tout est absolument formidable. Ses planches sont un bijou de détail et de réalisme, qui ne tombent jamais dans la démesure ni la caricature, et sans utiliser de photo références. C’est un dessinateur d’instinct, comme Sean Phillips d’ailleurs, et cela fonctionne encore mieux, car il évite parfois le trait caricatural de ce dernier. Ce sont des dessins puissants, qui rendent parfaitement l’atmosphère et qui en plus sont parfaites au niveau du storytelling.
Mélange entre du JOHN BUSCEMA pour l’énergie et la puissance de ses dessins et LEONARDO MANCO, R.M. GUERA est lui aussi une révélation.
Un des meilleurs TPB que j’ai pu lire récemment, et qu’on ne peut pas fermer avant d’être arrivé à la fin.
Maintenant que la série est terminée, je pense que SCALPED est le genre de série que l’on peut lire et relire indéfiniment, on trouvera toujours un petit quelque chose, un indice qui nous avait mis sur la voie.


87. 2007 OMEGA THE UNKNOWN (Lethem-Rusnak/Dalrymple), Marvel Comics
 

C’est marrant de constater qu’on a toujours tendance à laisser les œuvres récentes de côté lorsqu’on parle de ses histoires préférées. Peut-être est-ce le temps qui les rend meilleures, peut-être est ce que ce sont les souvenirs qu’on leur a attaché, je n’en sais rien. OMEGA a failli partir à la trappe, c’est pourtant l’une des meilleures choses que j’ai pu lire cette année, voire une des meilleures choses que j’ai pu lire depuis longtemps. Pourtant, ce n’est pas un concept original, puisque c’est le regretté STEVE GERBER qui a créé OMEGA au sein de son propre magazine mensuel, dans les années 70 avec le regretté JIM MOONEY. Depuis, OMEGA est parti dans les limbes de l’oubli pour être ressorti par JONATHAN LETHEM et FAREL DALRYMPLE l’année dernière !
Plus qu’une relecture, plus qu’un hommage, ce comics est absolument différent de quasiment tout le reste de la production MARVEL) dans la mesure où ce n’est absolument pas « markété » ni « bankable ». Des auteurs inconnus du grand public, un personnage totalement oublié, une parution dans la plus stricte intimité et sans publicité, bref, on se demande même ce qu’il fait au sein de la maison des idées, ce OMEGA.
Original, innovant, artistiquement parfait, OMEGA THE UNKNOWN a non seulement le mérite de garder l’esprit original de la série de GERBER mais de s’en démarquer au fil des pages pour arriver à un aboutissement assez explosif et osé (aucun dialogue sur l’épisode de fin..ou presque). Comme si on avait demandé à un artiste contemporain de revisiter les toiles des plus grands maîtres de la renaissance
On suit donc les mésaventures du jeune ALEXANDER ISLAND, un jeune homme plutôt taciturne qui a le malheur de découvrir que ses parents ne sont que des robots lors d’un accident de voiture. Et qui est cet extraterrestre en collant qui poursuit ALEX ?
C’est une véritable explosions d’idées, avec un graphisme qui oscille entre du PAUL POPE et du GEOFF DARROW et des concepts tordus que même PETER MILLIGAN période SHADE ne renierait pas ! Une des grandes réussites (et des grandes originalités ) de OMEGA tient surtout dans le personnage de MINK, super héros bariolé qui n’existait pas dans la version originale et qui va donner lieu à quelques scènes totalement surréalistes (lorsqu’il se bat avec sa main coupée géante qui est devenue autonome et revancharde par exemple).
Le premier épisode (la série en compte 10) est quasiment une copie mot pour mot du script initial de GERBER, mais peu à peu, l’intrigue prend ses distances et on commence à se demander où LETHEM et son complice RUSNAK veulent bien aller. On est un peu perdu dans l’intrigue, mais tout se dénoue à la fin. C’est donc une splendide série qui s’offre à nous, totalement réussie de bout en bout !
Je vous le conseille vivement même si le traitement de l’intrigue à de quoi surprendre. C’est en tout cas une œuvre à part qui a toute sa place ici, une des plus originales de la dernière décennie !

 


88. 2008 I KILL GIANTS, Image Comics (Joe Kelly/J.M. Ken Nimura)

 

Barbara Thorson est une jeune fille un peu bizarre. Non seulement elle porte des oreilles de lapin sur la tête, mais de plus elle ne s’intègre pas vraiment dans sa classe, se faisant très peu d’amis. Il faut dire qu’elle est fan de jeux de rôles, qu’elle écrit beaucoup d’histoires, qu’elle vit dans sa tête.
Et surtout qu’elle attend des géants afin de les massacrer avec son petit marteau caché dans son sac en forme de cœur !
C’est, je pense, le titre le moins connu de toute la liste et pourtant, c’est le plus émouvant !
Joe Kelly nous livre sa meilleure histoire, peut-être la plus personnelle de sa carrière avec une jeune fille qui s’invente un monde imaginaire pour échapper à une triste réalité.
C’est drôle, touchant et la fin vous retournera le cœur.
En plus, il n’y a rien de compliqué, l’histoire se lit très rapidement et elle est finalement très simple.
J’aime aussi beaucoup la morale de l’histoire, « on est plus fort que ce que l’on croit « !
De plus, les dessins de JM Ken Nimura, très manga pourtant, arrivent à donner une certaine poésie à l’ensemble, ses personnages étant très bien croqués. Si on peut être un peu surpris par les graphismes au tout premier abord, cela fonctionne parfaitement dans le cadre de cette histoire.
Un petit bijou !

 

89. 2009 ASTERIOS POLYP, Pantheon Books (David Mazzuchelli)

(David Mazzucchelli)

J’entame toujours la lecture d’un supposé chef d’œuvre, critiqué unanimement par tout le monde avec beaucoup de suspicion. C’est donc avec un grand détachement que j’ai commencé cet ASTERIOS POLYP, un gros pavé d’à peu près 400 pages signé DAVID MAZZUCCHELLI.
Evidemment, pour les fans de la première heure, DAVID MAZZUCCCHELLI est le dessinateur de DAREDEVIL : BORN AGAIN et de BATMAN YEAR ONE, deux des plus grandes sagas de super héros de la fin des années 80. Depuis, j’avais perdu la trace de ce dessinateur qui était déjà impressionnant (il a entretemps réalisé une adaptation de CITY OF GLASS de Paul Auster). Il y avait d’ailleurs pas mal de différences entre DD et son BATMAN : la ligne semblait de plus en plus claire, le dessinateur cherchait à épurer un peu son style. Près de 25 ans plus tard, on peut dire qu’il est arrivé à ce qu’il recherchait, c’est à dire un trait véritablement très clair et très expressif. Pas de fioritures, de chichis et impossible de reconnaitre le dessinateur de ces sagas tellement il a évolué.
ASTERIOS POLYP est certainement l’aboutissement artistique de toute une carrière centrée vers l’expérimentation et la narration : ce ouvrage nous raconte l’histoire d’un brillant architecte arrogant et sûr de lui de 50 ans qui voit son appartement et tous ses souvenirs brûler à cause d’un éclair mal placé. Il décide de se remettre petit à petit en question, voyageant à travers les états unis pour finir réparateur de voiture au fin fond du trou de balle de l’Amérique.
Son voyage va lui faire changer sa manière de voir les choses et lui faire abandonner cette sacro-sainte vision de la vie en noir et blanc , cette dualité qui le poursuit depuis la mort de son frère jumeau à la naissance.
A tout bien y réfléchir, cette histoire est quand même complètement typique d’une histoire indé US, comme BRIAN WOOD par exemple sait en faire.
Qu’est ce qui fait alors le plus de ASTERIOS POLYP et le place au rang des incontournables ? Eh bien c’est tout simplement la manière de la raconter. En effet, MAZZUCCHELLI fait véritablement un travail de folie en essayant d’expérimenter quasiment à chaque vignette. Il joue avec les blancs, avec les couleurs, avec les formes, fourmille d’idées narratives qui prennent corps et qui fonctionnent plutôt pas mal.
Le problème avec ce genre d’œuvre super esthétisante, c’est que souvent, l’artiste en oublie l’histoire, il s’intéresse tellement à la forme qu’il en oublie le fond; ce n’est pas vraiment le cas ici, puisque par petites touches, MAZZUCCHELLI réussit à rendre véritablement l’émotion et le changement d’attitude , le changement de vision du personnage. Il n’en fait pas des tonnes, ne noie pas ses propos dans un délire pseudo-artistico-référencé prétentieux, ce qui est souvent l’écueil de ce genre de récit. Il oublie la démarche intellectuelle pour une vision artistique, ne laissant personne au bord de la route.
Les références sont bien évidemment présentes mais jamais le lecteur n’est laissé de côté. On peut très bien passer à côté de toutes les théories pour ne se concentrer que sur l’histoire, cela fonctionne quand même.
MAZZUCCHELLI livre donc un bouquin à plusieurs niveaux de lecture et réussit la tâche la plus difficile, rendre accessible et intéressante une œuvre aussi bien pour les grands théoriciens de la bande dessinée et de l’art que pour les lecteurs occasionnels ou de base (dont je fais partie). C’est quand même le point fort du livre.
Ce que j’ai beaucoup aimé, ce sont les petits détails, par exemple les pages où l’on voit tous les petits défauts  de la femme d’ASTERIOS, ça sent le vécu et c’est impeccablement retranscrit, sans dialogue verbeux ou montage pompeux. J’ai beaucoup aimé la manière dont le dessin change lorsque les deux amoureux se rencontrent pour la première fois, et la manière dont il change lorsque la rupture est définitivement consommée. Il y a tellement d’invention sur chaque page qu’on pourrait y passer des heures. En plus, ça n’alourdit pas la lecture, bien au contraire.
Après, est-ce le comics qui m’a fait le plus vibrer de toute ma vie ? Non, pas du tout, il y a bien d’autres choses qui m’ont plus touché que ASTERIOS POLYP, mais force est de reconnaître que la réputation du bouquin est à la hauteur de ce que j’ai lu.
Une très jolie tranche de vie qui vous rappellera forcément des moments intimes de votre propre existence.  Largement au-dessus d’un DAYTRIPPER des frères BA et MOON par exemple.
 

90. 2009 MARVEL DIVAS, Marvel Comics (Roberto Aguirre-Sacasa/ Tonci Zonjic)

Un jour est arrivé dans un colis un petit TPB qui avait l’air sympathique en dépit de la couverture horrible (mais c’est un pléonasme) de J SCOTT CAMPBELL : MARVEL DIVAS.
Je pensais lire un petit truc gentillet et au bout d’un épisode, j’ai été complètement conquis !
ROBERTO AGUIRRE SACASA (et je suis content de le voir dans cette liste) est un scénariste assez troublant, dans la mesure où il est rarement moyen. Il est soit excellent (FF : 4 ou ANGEL, AFTERLIFE WITH ARCHIE où il livre l’une des scènes les plus touchantes de ces dix dernières années), soit assez mauvais , voire les deux à la fois (sa mini-série MAN THING alternait le sublime comme le très médiocre). Là on est tout bonnement dans l’excellent !
MARVEL DIVAS nous raconte les aventures de quatre héroïnes de seconde zone : PATSY WALKER (HELLCAT); MONICA RAMBEAU (PHOTON); FELICIA HARDY (BLACK CAT) et ANGELICA JONES (FIRESTAR) et se veut une parodie comique des séries pour filles des années 50/60. Car n’oublions pas que PATSY WALKER, TOP MODEL était l’héroïne d’un comics à l’eau de rose avant d’être HELLCAT dans les VENGEURS, d’ailleurs c’est ce que Marvel a essayé de relancer il y a quelques mois en faisant un four absolu.
Alors quand un scénariste s’essaye à la parodie, c’est souvent lourd et raté (les exemples sont nombreux) sauf que là, miracle, ça fonctionne enfin.
On n’est pas du tout dans une bande dessinée qui joue la carte de la provocation, on n’est pas dans les allusions sexuelles à deux balles avec un humour gras. On n’est pas non plus dans un comique de répétition lourd et agressif, un seul gimmick utilisé et ré-utilisé jusqu’à la corde, pas de sang, pas de violence et surtout une caractérisation COMPLEXE des personnages, définis autrement que par un seul trait générique de caractère, bref, on n’est pas dans une série mainstream Marvel ou DC de base.
Bref, le scénario et surtout l’humour de MARVEL DIVAS est au SPIDER-MAN de Dan Slott ce qu’ASTERIOS POLYP est à ONSLAUGHT REBORN, un truc écrit de manière très fine et délicate, sans prouts à base de tacos qui ne joue pas la carte de l’humour potache et dans ta face, mais plutôt celle de la légèreté et de la subtilité.
Le premier épisode est tout à fait sympathique, la parodie est bien menée, les réactions des filles sont excellentes, entre l’une qui est totalement phagocytée par son ancien mari démon, l’autre qui ne s’est jamais remise de sa rupture avec son plus grand amour, une troisième qui se la joue BAD ASS mais qui est simplement un cœur d’artichaut et une quatrième qui revendique son indépendance mais qui ne peut pas s’en sortir toute seule.
Ce sont de très jolis portraits d’héroïnes qui nous sont livrés ici, et rien que de voir leur réaction lorsque les STARS DE MARVEL (SHE HULK, SUE STORM, TORNADE) débarquent lors d’une soirée vaut son pesant de cacahuètes.
Sauf que voilà, AGUIRRE SACASA transforme brutalement son récit dès la fin du premier épisode, qui vire dans un truc nettement plus sombre. Changement brutal et radical de ton, l’ambiance se retrouve totalement plombée lorsque ANGELICA annonce qu’elle a un cancer du sein. Pour les historiens, cette histoire avait déjà été abordée dans le AVENGERS vol 3 de BUSIEK/PEREZ et fonctionne à merveille dans le cadre de cette mini.
Les épisodes passent alors d’un ton frais et léger à un combat contre la maladie. Les détails données par l’auteur me font penser que soit il est bien documenté, soit il connaît le sujet personnellement.
Et surtout, on ressent de l’émotion.
Les épisodes 2 et 3 sont d’ailleurs de véritables petits bijoux de réalité. Pas de provocation, rien n’est gratuit. C’est excellent.
Bon évidemment, il faut trouver une fin, qui si elle est nettement plus convenue, nous laisse quand même émus et touchés comme très rarement depuis un comics MARVEL.
Qu’est-ce que cela fait plaisir d’être ENFIN touché et surpris par une bande dessinée alors que tout devient de plus en plus prévisible, sanglant et provocateur ou alors lisse et sans intérêt. On peut écrire des trucs fins, tout en livrant de splendides histoires. C’est tout simplement un petit moment de vie qui nous est livré ici. Cela prouve aussi, et c’est quelque chose qui a tendance à me gonfler avec les comics actuels, QUE DES HOMMES PEUVENT TRES BIEN ECRIRE DES COMICS CONSACRES UNIQUEMENT A DES PERSONNAGES FEMININS. Je ne vais pas rentrer dans le débat mais actuellement, c’est un peu n’importe quoi. On a tendance à confier à des auteures des comics uniquement féminins et je trouve ça regrettable, alors oui, j’entends bien l’argument « c’est déjà ça », mais bon, cela a tendance à me désespérer, je n’aime ni les étiquettes, ni les quotas et j’aimerais bien voir, par exemple, Elsa Charretier sur du Fantastic Four ou Jill Thompson sur Guardians of Galaxy. Pour bien écrire une série, il faut juste être un bon scénariste, peu importe le sexe. Les dessins de TONCI ZONJIC sont quant à eux dans une veine ligne claire et à rapprocher de MARCOS MARTIN, JAVIER PULLIDO ou CLIFF CHIANG et prouvent premièrement qu’il n’est pas besoin d’être une dessinatrice pour bien dessiner des personnages féminins mais aussi que Zonjic a de meilleurs connaissances sur l’anatomie féminine que J SCOTT CAMPBELL !!!
Une superbe mini-série !
Titres écartés au profit de celui-ci:
– AFTERLIFE WITH ARCHIE. Par AGUIRRE SACASA. Archie est confronté à des zombies et c’est tout simplement formidable!
– ANGEL par SACASA mais aussi par Adam Pollina dont le style préfigure ce qui va arriver dans MS MARVEL !

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