Top 100 : Partie 10 (2009-2015)

91. 2009 SILVER SURFER #1-14 COMMUNION , Marvel Comics (Dan Chariton-Stacy Weiss/ Milx, Lan Medina, David Yardin)

J’ai longtemps hésité avant de prendre ce volume car je ne connaissais pas les scénaristes ni le contexte de l’histoire. En plus, le SILVER SURFER était à l’époque loin (mais alors très loin) d’être l’un de mes personnages préférés (on en reparlera la prochaine fois) et c’est juste le fait d’avoir une histoire complète et de jolis dessins qui m’ont finalement convaincu. J’ai eu raison.
Cette mini-série en 14 parties (qui était au départ une série régulière) m’a vraiment impressionné car elle nous offre une manière différente de voir le surfer.
Le principe de base est très simple : la Terre va bientôt mourir, des oracles extraterrestres l’ont prévu. Le surfer enlève donc des enfants pour les emmener dans un vaisseau extraterrestre qui va servir d’arche de Noé.
Déjà, on a du mal à se rendre compte si on est dans l’univers MARVEL classique ou dans une autre réalité, et au vu des évènements je pencherais pour la deuxième solution. Aucune référence à GALACTUS, au héraut qui choisit les planètes pour les détruire, rien de tout cela.
L’approche de WEISS et CHARITON est totalement différente, ils enlèvent le côté cosmique du héros pour lui donner une approche plus extraterrestre. En effet, le SURFER n’est absolument pas humain, n’a pas cette mélancolie que lui a donné STAN LEE et c’est je pense, le gros problème pour les fans de ce personnage ; c’est qu’en gros, la version du SURFER proposée ici n’est absolument pas en adéquation avec ce qu’on connaît de lui par les FF ou ses précédentes séries. NORRIN RADD n’est pas un humain, c’est un étranger et il n’a pas de lourd fardeau sur ses épaules. Forcément, cela lui enlève quelque chose, mais les scénaristes nous proposent beaucoup d’événements et de personnages qui compensent cette perte de repères. Tout d’abord ils décident de se concentrer sur la relation entre une mère qui lit les lignes de la main à la Nouvelle Orléans et sa fille autiste et surdouée (que le SURFER va enlever). Cet enlèvement est prétexte à toute une histoire qui navigue ensuite sur les chemins de la SF pure et dure, avec des créatures qui lisent l’avenir et qui ont créé l’humanité au tout début ; puis une machine censée supprimer toute vie de la Terre pour mieux la rebâtir. Rien à voir avec les combats contre MEPHISTO ou les GEMMES DU POUVOIR, c’est très terre à terre et l’histoire est suffisamment intrigante pour qu’on ne puisse pas lâcher le bouquin du début à la fin. Evidemment, les humains et l’armée vont avoir un rôle majeur dans cette histoire (puisque le fils d’un milliardaire est lui aussi kidnappé) ce qui nous donne un récit complètement différent des aventures cosmiques dont on a l’habitude. Personnellement, en tant que non fan du SURFER , cela ne m’a pas dérangé du tout ; mais je comprends que cela puisse troubler les nostalgiques purs et durs du personnage. Pas de dialogues métaphysiques et parfois rochons sur la condition humaine, on est dans un récit totalement à l’opposé, où le côté ALIEN du SURFER est omniprésent. Il n’hésite pas à faire du mal aux parents dont il enlève les enfants, par exemple.
Maintenant, reste à savoir si les scénaristes ont réussi à mener leur histoire jusqu’au bout… C’est peut-être un peu le seul point faible, à savoir qu’on se perd parfois dans les circonvolutions et les différents personnages extraterrestres du récit. La mythologie de la série semble parfois bien tarabiscotée, mais encore une fois, si on adhère au concept, ce n’est vraiment pas gênant.
J’ai trouvé la relation entre la mère et sa fille plutôt bien décrite et finalement, j’ai complètement adhéré. Le deus ex-machina de la fin semble un peu venir de nulle part, mais il est cohérent avec toute l’histoire (et je suppose que les scénaristes ont fait de leur mieux pour boucler le récit le plus vite possible). En tout cas c’est un récit très cohérent du début à la fin, sans aucune baisse (ou hausse) de niveau. Peut-être répétitif parfois et on pourra le trouver un peu mou.
Les dessins eux aussi sont extrêmement homogènes, puisque LAN MEDINA (qui signe douze épisodes sur quatorze) est uniquement remplacé par DAVID YARDIN, au style similaire. Le premier épisode, dessiné par MILX ( ?) accentue encore plus le côté ALIEN du SURFER.
De très bons dessins donc, pour finalement une série surprise, qui moi m’a beaucoup plu. C’est d’un excellent niveau, tant au point de vue des dessins que du scénario.
Mais attention, je pense que certains ont dû détester cette série, complètement différente de ce qu’on pouvait attendre au départ. En fait, CHARITON et WEISS ont fait une série SILVER SURFER pour les gens qui n’aimaient pas le SILVER SURFER, ça tombait bien.
Quelques défauts mais qui sont largement compensés par les dessins absolument impeccables de MEDINA. Je crois qu’on aimera ou qu’on détestera cette série, qui aura eu quand même la bonne idée de nous donner un aspect complètement différent de ce personnage.
Une bonne curiosité et une histoire vraiment solide. Et forcément, Lan Medina !

 

92. 2009 THE UNWRITTEN #1-12, DC Comics (Mike Carey/Peter Gross)

Cela m’aurait ennuyé de ne pas mettre le nom de Mike Carey dans ce top 100, car il a souvent écrit de très bonnes histoires. J’aurais pu choisir LUCIFER, titre adjacent à celui de Sandman mais j’ai préféré THE UNWRITTEN car il est plus récent. J’ai aussi choisi les douze premiers numéros car ils sont vraiment très bons, cela correspond aux deux premiers TPB.
L’histoire est vraiment intéressante et pleine de références, et pourtant les prémices du titre sont assez faciles, voire basiques.
Je vous les raconte vite fait : TOMMY TAYLOR est un jeune homme dont le père est un romancier à succès (il écrit des livres du genre HARRY POTTER) et dont le personnage principal est inspiré de TOMMY (même nom, même physique, etc…). Mais le père a disparu mystérieusement et le pauvre TOMMY se voit confronté à de nombreux problèmes, certains risquant de remettre en cause jusqu’à son existence. C’est encore pire lorsque des personnages du livre commencent à débarquer, mettant notre jeune héros dans une position plus que délicate.
Un jeune garçon vraisemblablement sorcier, une histoire qui tire vers la magie, des dessins de PETER GROSS ; forcément, on pense tout de suite à BOOKS OF MAGIK et à TIM HUNTER. Et la filiation est là, bien évidemment. Maintenant, le récit semble s’orienter vers quelque chose de plus littéraire.
J’ai eu assez peur au début, cela me semblait trop verbeux, mais au bout de quelques pages, l’intrigue se met en place et les mystères affluent.
Et à partir des épisodes 2 et 3 la série prend son rythme de croisière, laissant (un peu) de côté la filiation avec Harry Potter pour s’orienter vers quelque chose de beaucoup plus mystérieux. Après un retournement de situation assez imprévu autour de l’épisode 5 ou 6, Mike Carey nous régale avec un épisode sur Rudyard Kipling et un autre sur un chat de livre pour enfants qui en a marre de sa condition, nous rappelant par là le fameux COYOTE GOSPEL de ANIMAL MAN.
Les personnages secondaires sont particulièrement bien traités et tout le background autour de TOM est très richement développé, ce qui en fait une série d’une grande qualité, alignant surprises et numéros d’exception.
Il faut aussi souligner le travail de fou de Peter Gross, qui signe quasiment toute la série (une soixantaine d’épisodes) à lui tout seul et qui arrive à modifier son style pour mieux s’approprier les termes des différents épisodes.
Après rassurez-vous, même si vous ne captez pas toutes les références distillées par Mike Carey, cela ne change pas grand-chose, l’histoire reste tout aussi passionnante. J’ai d’ailleurs préféré cette série à FABLES pour deux raisons :
– je n’ai pas encore fini la série de WIllingham
– il n’y a pas de passages un peu en dessous dans UNWRITTEN !

Très conseillé. Une fois lancé dans la série (ce qui peut demander un peu d’effort), vous ne lâcherez plus et vous irez jusqu’au bout !

Titres écartés au profit de celui-ci:
– FABLES même si la série a proposé de très bons arcs, notamment le deuxième et la guerre des pantins de bois avec un Mark Buckingham au top! , je ne l’ai pas encore terminée

 

93. 2010 HELLBLAZER PANDEMONIUM, DC Comics (Jaimie Delano/ Jock)

Pour fêter les vingt ans de JOHN CONSTANTINE, DC a lancé ce one-shot d’une centaine de pages narré par le tout premier scénariste de la série (et certainement l’un des meilleurs) accompagné d’un dessinateur plutôt côté.
Pour ceux qui vivraient sur une autre planète, John Constantine surnommé Hellblazer est un personnage de magicien cynique crée par Alan Moore dans la série Swamp Thing. Il a ensuite obtenu sa propre série, certainement une des meilleures séries DC/VERTIGO sur la longueur car gérée par de très grands scénaristes (Jaimie Delano, Garth Ennis, BIran Azzarello, Mike Carey, Peter Milligan) avec de très grandes histoires. Sans vous mentir, j’aurais pu mettre quasiment une bonne demi-douzaine de runs dans ce Top 100 mais j’ai préféré cette histoire, qui résume à mon sens parfaitement ce qu’est Hellblazer et comment il doit être écrit.
Ce HELLBLAZER PANDEMONIUM envoie notre sorcier préféré directement en IRAK, où il va devoir affronter un prisonnier bien spécial. Pourquoi JOHN CONSTANTINE accepte t’il de travailler pour l’armée, lui qui est clairement en dehors de tout ça ? Parce qu’il s’est fait piéger, tout simplement, mais sa revanche n’en sera que plus terrible.
Evidemment, DELANO + CONSTANTINE + l’IRAK ça fait saliver, surtout lorsqu’on connaît le cynisme et l’engagement politique du scénariste.
Et cela fonctionne (même s’il m’a fallu deux lectures pour le voir). DELANO n’a pas perdu la main vingt ans plus tard et nous balance un John Constantine complètement désabusé et au bout du rouleau, qui sert de regard acerbe au scénariste et porte bien sa vision et ses réflexions sur la guerre en IRAK. Il fait un parallèle entre les jeux, la guerre et livre un récit tout à fait sympathique, qu’on lit d’une traite. Il y a quelques moments plutôt sympas, mais on a l’impression que DELANO s’est un peu apaisé. Et c’est une fausse impression ! Car la fin nous donne un Constantine qui se lâche complètement et qui évacue ses frustrations et là, c’est juste jouissif ! La fin est donc tout bonnement excellente.
Et pour faire un jeu de mot foireux, les dessins sont véritablement une tuerie ! Quel travail de JOCK, bien au-delà de tout ce que je l’avais vu faire avant. Il y a du BILL SIENKIEWICZ dans ce dessinateur et certaines cases sont à tomber par terre.
J’ai vraiment été époustouflé par son travail.
On résume, une bonne intrigue, une fin réussie, des dessins exceptionnels et une vision politique par le prisme d’un britannique désabusé ! Disons que ce HELLBLAZER PANDEMONIUM est un bon résumé de tout ce que devrait être une série magique, nerveuse et engagée. Surtout ne tentez pas les versions New 52 (tout du moins celle avec GUEDES aux dessins) , qui ne correspondent plus du tout à l’esprit du personnage. Disons que le Hellblazer New 52 est à l’ancien Hellblazer ce que Justin Bieber serait à Johnny Rotten !
Titres écartés au profit de celui-ci:
Les meilleurs runs de Hellblazer
– Le run de JAIMIE DELANO (#1-40), le scénariste qui a posé les bases du personnage, excellent !
– le run de BRIAN AZZARELLO (#146-174) où Constantine fait le tour des USA et de ses travers !
– le run de PETER MILLIGAN (#250-300) le sénariste qui livre les meilleures histoires sur la longueur !
J’aurais bien évidemment pu citer le run de Garth Ennis, mais il est à mon sens largement au-dessous de ces trois-là 
.

94. 2010. UNKNOWN SOLDIER #21 DC Comics (Joshua Dysart/Rick Veitch)

Retour sur l’une des meilleures séries publiées en VF par URBAN mais qui semble être passé totalement à côté des radars des lecteurs.

Le pitch :
Moses Lwanga est un docteur américain spécialisé dans l’humanitaire. Un jour, il décide de revenir dans son pays d’origine, l’Ouganda, afin d’y apporter une aide précieuse et d’amener les médias à rendre compte de la situation catastrophique dans lequel il se trouve, partagé entre des factions religieuses armées et des rebelles sans foi ni loi. Pacifiste convaincu, Moses a pourtant des accès de violence incontrôlés qui vont l’amener à l’automutilation et à se séparer de ses proches. Traversant l’Ouganda sous un bandage cachant son visage déformé et protégeant les innocents, il devient le Soldat Inconnu.

Le Soldat Inconnu est une vieille série créée dans les années 60 par Robert Kanigher et Joe Kubert, des spécialistes des comics de guerre et qui a été reprise dans le cadre de la ligne Vertigo. Elle est réalisée par Joshua Dysart (qui fait les beaux jours de Valiant) et Alberto Ponticelli qu’on retrouve fréquemment dans les magazines du new 52. Elle fait bien sûr hommage au héros crée au début des années 60 par Kanigher et Kubert, et transpose son mythe non plus durant la seconde guerre mondiale, mais en Afrique subsaharienne, où les factions religieuses, les désastres humanitaires, les enlèvements, les mutilations et les viols sont le pain quotidien de populations déplacées et vivant dans la misère.
Cette histoire, publiée en son intégralité (la série a duré 25 numéros aux USA) est vraiment très bien fichue et plutôt maligne. En effet, Dysart a fait de nombreuses recherches pour écrire sa série, et il nous en fait profiter largement dans les articles situés en fin de volume intitulés  » une brève histoire de l’Ouganda » ou sur sa page Facebook. Du coup, on ressort de cette lecture en ayant appris des choses, et c’est toujours appréciable. Moi je ne connaissais rien du tout de ce qui pouvait se passer dans ces pays, et maintenant j’ai un peu plus de clefs pour comprendre, c’est en plus complètement dans l’actualité récente avec l’intervention de la France au Mali et en Centrafrique, URABN ne l’a bien sûr pas fait exprès mais ça tombe plutôt pas mal.
On a donc un récit violent, dur et difficile, mais autant j’ai du mal avec les scènes de violence gratuites, autant là elles se justifient complètement. Ce n’est donc pas un problème.
Dysart est donc un malin car il réussit à faire un récit plutôt neutre et exempt de tout pathos auquel on pourrait s’attendre dans ce genre d’histoire. Il est bien évidemment très critique avec les dirigeants du pays, mais aussi avec tous les artistes people qui font des conférences de presse dans ces pays pour partir deux heures plus tard. Dysart est concerné avant tout par les gens, et Moses est notre témoin. C’est à travers ses réactions qu’on arrive à mieux saisir l’étendue du problème et les différentes interactions avec tous les politiques (services secrets, corruption etc..).
J’ai choisi de mettre cet épisode #21 dessiné par Rick Veitch car il résume à mon sens tout ce qui est bon dans cette série.
Cet épisode est un peu spécial car il nous raconte la vie d’un AK-47 racontée….par le fusil lui-même et comment la médiocrité, l’avarice et la bêtise humaine l’a fait passer d’une usine en URSS aux champs de bataille de l’Afrique.
Rien à dire, c’est tout simplement un numéro essentiel, qui devrait être lu par tout le monde. Pour vous dire, je l’ai photocopié et fait lire non seulement à quelques-uns de mes élèves, mais aussi à des professeurs, merci Mr Dysart !

Titres écartés au profit de celui-ci :
– UNKNOWN SOLDIER #21-25 la série complète !
Quatre volumes à ne pas louper, que je conseille à tout le monde.
– HARBINGERS du même Joshua Dysart chez Valiant Comics

 
95. 2010 JOURNEY INTO MYSTERY #622-626 (Kieron Gillen/Doug Braithwaite ), Marvel Comics

Le pitch :
Loki est mort. Il s’est sacrifié durant Siege. Même si on n’a pas trop compris pourquoi et comment. Mais Thor, ce grand sensible, se languissait de son frère. À l’issue d’un pacte passé avec Hela, Loki a avant de mourir assuré ses arrières : il ne pourra ni aller au valhalla, ni en enfer. Son âme est donc lire et c’est un jeu d’enfant pour Thor de le ressusciter… dans le corps d’un tout jeune garçon. Moi, LOKI… 12 ans… et dieu du mal ! (Enfin…peut être). Car est-ce toujours le même personnage, ou quelqu’un de différent qui n’a pas eu à subir les humiliations passées ?

Gillen est un auteur qui souffle le chaud et le froid. Capable de très bonnes choses, il a aussi produit certains épisodes assez médiocres, notamment sur les X-Men.
Et j’ai choisi ce premier arc car cela a été pour moi une révélation absolue ! Gillen sait écrire, Gillen est bon, Gillen a des idées !
Je vais me lancer dans une comparaison un peu osée mais le style et la tournure des phrases du premier épisode m’ont fait nettement penser à du Neil Gaiman.
Les idées sont vraiment bien pensées, et encore une fois, livrer les aventures d’un petit LOKI qui n’a rien à voir avec le personnage du film est plutôt assez original et osé. C’est aussi relativement hermétique, puisque Gillen réintroduit beaucoup d’éléments de son run précédent sur Thor (qui était loin d’être mauvais, mais pas du tout au même niveau). Bon, pas la peine lire (comme moi) ce qui précède, puisque MARVEL fournit un résumé en images qui permet de bien s’y retrouver à la fin du tout premier TPB…Problème : il est situé à la fin du volume. Je l’aurais quand même mis avant les épisodes.
Parlons un peu de l’histoire : LOKI est donc revenu, et même si c’est un petit garçon qui prétend ne plus être le même, cela n’empêche pas les autres Asgardiens de vouloir lui faire la peau ! Mais attention, ce n’est pas parce qu’il mesure 1mètre 40 qu’il n’a pas de moyens de défense. Il est toujours le roi de la fourberie, des arnaques et du mensonge.
Pas de chance, ces épisodes tombent pendant Fear Itself, et je pense que c’est absolument incompréhensible si l’on n’a pas la moindre idée de ce qui se passe dans le crossover. C’est vraiment dommage.
Bref, LOKI n’a pas très envie de voir le Serpent gagner, et il va utiliser tous les moyens à sa disposition pour arriver à ses fins, dupant encore une fois Hela et Méphisto sans aucune vergogne.
C’est vraiment bien fichu, il y a des tentatives pour raconter une histoire de manière vraiment très différente et c’est super bien écrit. Le premier épisode est juste fabuleux ! La discussion vieux LOKI / P’tit LOKI est parfaite, l’idée du corbeau aussi, bref, il n’y a quasiment aucune faute.
Bon après, il reste quand même un point noir, comme je l’ai dit plus haut : c’est incompréhensible si on décide de s’y attaquer sans connaître Fear Itself, et c’est bien dommage.
Niveau dessins, j’aime beaucoup ce que propose Dougie Braithwaite, avec un style peut être un tout petit peu statique parfois, mais qui fait du bien aux yeux. En plus il dessine tous les épisodes, donc c’est très cohérent graphiquement.
JE ne m’attendais pas du tout à une bande dessinée de ce niveau, c’est impressionnant. Maintenant j’espère que la suite va tenir la comparaison parce que là, c’est très très élevé.
ET le pire, c’est que les épisodes qui suivent sont encore meilleurs, Gillen s’amusant avec les formats et les cases pour une série vraiment différente et totalement réussie, en dépit des dessins parfois pas terribles. Et que dire du dernier épisode de la série, qui prouve que le scénariste avait tout prévu dès le départ !
Tout simplement génial et l’une des meilleures séries Marvel de l’époque !

 

96. 2012 X-MEN LEGACY #1-24 (Si Spurrier/Tan Eng Huat), Marvel Comics

Pas du tout attiré par le thème de départ (un comics centré sur LEGION) mais au vu des previews et des couvertures, on pouvait penser que ce titre risquait d’être un « sleeper », c’est-à-dire un comics que personne n’achèterait mais qui serait d’une excellente qualité. Le fait que PANINI l’ait à l’époque dégagé du sommaire du magazine X-MEN pour en repousser son éventuelle publication aux calendres grecques a fini de me convaincre de passer à la VO. Et j’ai bien eu raison.

David Haller, le fils du professeur Xavier est l’un des mutants les plus puissants du monde, mais aussi l’un des plus perturbés! Il est schizophrène et possède environ deux cent personnalités qui se battent entre elles pour gagner le contrôle du corps du jeune homme. Problème : toutes ces personnalités ont chacune un pouvoir mutant de classe oméga (c’est-à-dire le plus élevé) !!!! Xavier a laissé son fils dans une sorte de monastère afin de lui permettre de pouvoir contrôler au mieux ses personnalités, et c’est ce qui arrive, jusqu’à AVX, où un évènement qui touche LEGION au plus profond de son être va tout bouleverser : la mort de Xavier et le choc télépathique qui s’en suit !
Libre et totalement perturbé, le jeune homme se lance sur les traces de son père, essayant de protéger les mutants en danger partout à travers le monde. Ce qui n’empêche pas les X-Men de se lancer à sa poursuite, le jugeant trop instable pour être laissé sans surveillance.
Cela commence assez bizarrement. Je ne connaissais pas à l’époque SI SPURRIER mais il faut reconnaître qu’il a des idées un peu bizarres, farfelues mais très intéressantes. L’endroit mental crée par LEGION pour contrôler sa propre armée de personnalités est assez intriguant au départ, tout comme ce monastère où il apprend à gérer ses pouvoirs. Personne ne l’avait abordé comme cela, de plus, certaines personnalités sont vraiment bien trouvées, comme un monstre télépathe sans forme qui va finir en sac à dos ! Bref, le ton est assez surréaliste (tout comme les couvertures de Mike Del Mundo) et ses aventures délirantes puisqu’il va rencontrer dès la première partie du récit deux yeux décharnés qui vont se mettre à lui parler ! Il est clair que l’on n’est plus vraiment dans une série mainstream Marvel, et le ton décalé fonctionne plutôt bien, même si l’on se demande au départ où le scénariste veut nous entraîner. On a la réponse assez rapidement, puisque rien que dans les six premiers épisodes il réussit non seulement à poser son personnage principal, à donner un but à sa série (ce qui est de plus en plus rare de nos jours) mais aussi à résoudre toutes ses intrigues, qui prennent sens au fur et à mesure de l’histoire et où tous les indices sont récapitulés lors de la grande révélation finale, comme dans un épisode de Sherlock Holmes. C’est là aussi de moins en moins fréquent d’avoir une histoire avec un début, un milieu et une fin, et surtout une ligne directrice.
La suite est du même acabit puisque David rencontre Crane Rouge qui possède le cerveau de son père, part dans l’espace et lie une relation amoureuse avec Blindfold, une jeune mutante de l’école des X-Men. Ces passages-là sont d’ailleurs mes préférés, Spurrier arrivant aussi à gérer les scènes plus émouvantes.
Encore une fois, la fin est tout simplement parfaite, puisque le scénariste trouve une solution toute poétique pour résoudre non seulement les problèmes accumulés durant les 24 épisodes, mais régler une fois pour toutes le destin de David Haller.
C’est excellent.
Les dessins sont la plupart du temps signés TAN ENG HUAT, un dessinateur au style assez variable, qui possédait une véritable identité graphique dans les années 90 avec la Doom Patrol et qu’il a abandonné pour des dessins plus paqsse-partout en débarquant chez Marvel il y a quatre ou cinq ans. Ici, il livre une prestation correcte, pas très originale et un peu poussive parfois, mais qui colle bien à l’ambiance. Ses fill-ins (comme Jorge MOLINA) sont toutefois d’excellente qualité.
Pour résumer, ce X-MEN LEGACY est un comics qui n’attire peut être pas les foules sur le papier, mais qui révèle finalement une histoire fichtrement bien agencée, avec de réelles idées qui changent un peu de ce qu’on peut voir chez Marvel et qui ne verse pas dans le sang (même si au départ on peut se le demander). Niveau dessin c’est très honnête, voire très bon et pour une première incursion dans l’univers Marvel Now, je dois reconnaitre que c’est très réussi, avec une réelle envie de connaître la suite.
Certains diront que cela se rapproche d’une série Vertigo, je ne suis pas tout à fait d’accord, même si l’esprit y est. On reste quand même dans du Marvel, mais avec une version un peu moderne et différente. C’est vraiment une bonne nouvelle. En tout cas, que ce soit en VO ou en VF, je ne peux que vous conseiller de sauter sur l’occasion, même si le concept de départ ne vous attire pas du tout. Une des meilleures séries Marvel récentes avec JOURNEY INTO MYSTERY

97. 2013 YOUNG AVENGERS #1-15, Marvel Comics (Kieron GIllen/Jaimie McKelvie)

De jeunes super-héros adolescents qui ont appartenu à différents groupes (Marvel Boy, Miss America, Hulkling, Wiccan, Kate Bishop, Patriot) se voient obligés de cohabiter ensemble loin de la Terre parce que l’un d’entre eux a réveillé un démon Trans-dimensionnel qui leur vaut d’être menacés de mort par leurs parents dès qu’ils s’en approchent.
Gillen et McKelvie correspondent parfaitement au duo d’auteurs qui savent livrer de bonnes histoires correspondant à l’air du temps. Le scénariste, s’il n’a pas tout réussi dans ce qu’il a entrepris auparavant a tout de même livré l’une des meilleures séries Marvel de ces dix dernières années, à savoir le JOURNEY INTO MYSTERY dont on a parlé plus haut, un coup de maître qui a définitivement montré tout le potentiel de ce monsieur. Il est accompagné ici de son dessinateur fétiche, Jaimie McKelvie, avec qui il a réalisé il y a quelques années la série PHONOGRAM et qui traitait déjà des adolescents et de leurs problèmes. C’est d’ailleurs le thème favori du duo, qui sera encore réutilisé dans THE WICKED + THE DIVINE. Si cela ne vaut pas le JOURNEY INTO MYSTERY, le pari est toutefois largement gagné.
En quinze épisodes, Gillen et McKelvie réussissent à donner une véritable caractérisation à tous ces adolescents de seconde zone, maltraités dans le passé par des scénaristes assez indigents (exception faite de MISS AMERICA par JOE CASEY). Il prend donc une équipe de super-héros assez basique, composée de personnages absolument pas connus et dont l’existence relevait plus d’un cliché qu’autre chose, ces jeunes ayant été souvent utilisés comme chair à canon dans de nombreux crossovers de la firme (doit-on véritablement revenir sur MARVEL BOY et les DARK AVENGERS de BENDIS, ou sur l »infâme bouse concoctée par ALAN HEINBERG qui le temps d’une maxi-série (CHILDREN’S CRUSADE) a réussi à anéantir tout le bon travail qu’il avait alors pu faire sur HULKLING et WICCAN, qui sont pourtant ses créations !
Bref, Gillen construit en quelques épisodes une véritable interaction entre ses personnages, et crée finalement une intrigue pas aussi classique que ce que le pitch de départ pouvait laisser entendre. Mieux, il utilise même la continuité de ses personnages pour faire grandir l’intrigue, tous les héros étant opposés non seulement à leurs parents, mais aussi aux personnes qu’ils ont trahi dans leur passé.
C’est tout simplement une série sur le dépit amoureux adolescent qui nous est proposée ici, mais version Marvel. En fait, Gillen réussit à nous décrire véritablement des ados d’aujourd’hui, des gamins qui ont des pouvoirs quasi-divins, qui le savent mais qui continuent à se chercher. D’ailleurs la fin, où l’on se rend finalement compte que l’équipe ne contient pratiquement aucun personnage strictement hétéro, est particulièrement savoureuse. En plus, c’est réalisé assez finement, tout comme les dessins de McKelvie.
Alors je dois vous avouer qu’à la base, j’apprécié énormément les dessins de McKelvie mais qu’en plus, les éditeurs de Marvel ont eu une idée géniale : lui associer l’encrage de Mike Norton.
Et, disons-le clairement, la combinaison de ces deux très bon dessinateurs donne le truc le mieux dessiné chez Marvel depuis très très longtemps (à mon goût tout du moins, bien évidemment). Il faut que je vous avoue que je ne suis pas plus attiré que ça par les dessins et que j’ai plutôt tendance à préférer une bonne histoire mal dessinée qu’une mauvaise histoire bien dessinée. Là je me suis extasié devant certaines planches du duo, ce qui ne m’arrive que très rarement. Il y a une finesse dans le trait de McKelvie totalement sublimée par Norton, et quand on rajoute à cela des compositions très audacieuses (peut-être plus du fait de Gillen que de McKelvie), c’est vraiment une partie graphique à placer dans le haut du panier.
En effet, Gillen, lorsqu’il se sent à l’aise, n’hésite pas à proposer des formats différents pour sa narration (je me rappelle d’une scène de combat façon jeu de l’oie dans JIM) et il essaye encore de proposer des choses dans cette série qui en plus ne sont pas toujours gratuites, comme par exemple quand un monstre joue avec les cases de la bande dessinée où quand il se sert de l’espace de la page pour franchir des dimensions.
Du vrai comics actuel réussi.
La partie graphique est tout simplement à tomber par terre (d’ailleurs on remarque tout de suite la différence quand Norton n’est pas à l’encrage) et ce Young Avengers reste une excellente série, très recommandée.

 

Titres écartés au profit de celui-ci :
– PHONOGRAM
– THE WICKED AND THE DIVINE du même duo, qui est à mon sens beaucoup plus forte que YOUNG AVENGERS, avec des dieux qui reviennent sur Terre mais qui n’est pas encore terminée.

98. 2013 LAZARUS #1-4, Image Comics (Greg Rucka/ Michael Lark)

Nouvelle série IMAGE pas encore terminée, réalisée par le tandem de GOTHAM CENTRAL Greg Rucka et Michael Lark.
Nous sommes dans un proche futur où les pays n’existent plus mais où les territoires sont soumis à de richissimes familles. Chaque famille possède un LAZARUS, c’est-à-dire un être artificiel génétiquement modifié qui peut se régénérer et qui possède des pouvoirs physiques au-dessus de la norme. Nous suivons ici les aventures du LARAZUS de la famille Carlyle, une jeune femme nommée Forever (Eve).

Enorme série pour un arc plus que prometteur ! (je ne ferai pas la critique des autres, je ne les ai pas encore tous lus).
On pouvait s’attendre à quelque chose de fort, mais là, vraiment c’est excellent. Rucka non seulement développe un univers plutôt complet et réaliste, bien développé mais s’intéresse à une jeune guerrière qui commence à avoir des doutes non seulement sur sa fonction de LAZARUS mais aussi sur son passé de membre de la famille. Cela tombe bien car les héroïnes fortes sont l’une des spécialités de Rucka, qui a toujours utilisé ce genre de personnages aussi bien dans ses comics que dans ses romans. Rucka sait écrire un personnage féminin et cela fonctionne donc à merveille. On s’attache tout de suite au personnage principal. C’est très très bon.
Eve va donc devoir affronter une famille ennemie de celle des Carlyle en affrontant leur Lazarus, mais aussi devoir faire face à des trahisons à l’intérieur même de sa propre famille. En gros, c’est Game Of Thrones qui rencontre Terminator. Il n’y a que quatre épisodes, ce qui est peu pour se faire une idée précise de la qualité de la série, mais globalement cela part sur des chapeaux de roue et les épisodes qui suivent et que j’ai pu lire le confirment : c’est une réussite! Le concept est plutôt intéressant, encore une fois cela change de la plupart des comics Image qui parlaient à l’époque de gore, de zombie ou de sexe. C’est d’ailleurs l’une des premières séries Image à avoir amorcé un virage vers la science-fiction pure et dure comme les séries TREES ou encore INJECTION de Warren Ellis.
Mais là où cela devient fort, c’est que la série est de plus graphiquement impeccable. Et c’est normal puisque c’est Michael Lark qui gère les dessins. Lark a encore élevé son niveau en dépit de quelques couvertures assez hasardeuses. On sent bien qu’il se fait plaisir! Et quand on possède un talent aussi prononcé dans le détail et la composition permettant de dessiner en une seule planche autant de cases que Jim Lee dans un épisode entier de Superman Unchained, forcément l’histoire avance très vite. On ne peut pas lire Lazarus en cinq minutes, et donc on a aussi l’impression d’en avoir pour son argent, de lire une bonne histoire bien dense et c’est parfait.
Que dire de plus, Lark est excellent et son association avec Stefano Gaudiano mais aussi Brian Level fonctionne toujours aussi bien. Les couleurs de Santi Arcas complètent d’ailleurs parfaitement les dessins .
Bref, pour résumer on a une histoire avec une super héroïne forte, bien décrite, un univers bien pensé et bien étoffé, une histoire qui tient la route à base de trahison et de dessins top niveau. Que dire de plus si ce n’est qu’il faut absolument le lire.
Lazarus peut véritablement vous réconcilier avec les comics si vous trouvez que la production actuelle est fade et sans intérêt ou si vous en avez marre des zombies.

 

Titres écartés au profit de celui-ci:
C’est peut-être un peu rapide mais il y a d’excellentes séries qui ont débuté chez Image Comics assez récemment et qui ne sont pas encore terminées, parmi toutes celles que je vais citer, lazarus est celle qui m’a fait la meilleure impression, mais tout le reste est d’une très très grande qualité !
– TREES de Warren Ellis
– INJECTION de Warren Ellis et Declan Shalvey

99. 2014 SILVER SURFER vol 7 #1-15, Marvel Comics (Dan Slott/ Mike Allred)

Dan Slott (SPIDER-MAN) et Mike Allred (X-STATIX) nous présentent les nouvelles aventures de Norrin Radd, alias le SILVER SURFER. Dans ses pérégrinations cosmiques, il est cette fois-ci accompagné, sans trop savoir pourquoi, d’une humaine nommée DAWN GREENWOOD. Ensemble ils vont affronter la NEVER QUEEN, détruire une planète, rencontrer les Gardiens de la Galaxie, se battre contre Hulk et le Dr Strange et finalement se confronter aux actions passées de Norrin en faisant face à Galactus ! Mieux encore, ils vont complètement redéfinir leur univers et leur existence durant le crossover SECRET WARS, livrant une fin…cosmique et touchante !

J’avais très peur de Dan Slott sur le Silver Surfer. En effet, le scénariste, qui m’avait tellement fait plaisir sur Miss Hulk et sur Arkham Asylum, où il avait parfois fait preuve de subtilité et d’empathie, s’était brusquement transformé en serveur de fan-service sur la série Spider-Man, utilisant souvent les procédés les plus cheap et les blagues les plus faciles. Attention, Slott a réalisé aussi de très bons arcs sur le personnage, notamment son Superior Spider-Man qui reste un bon moment. En revanche , je trouve qu’il est nettement moins bon sur les crossovers ou les projets d’envergure, ses « gros arcs » étant souvent foirés (Spider-Island, Ends of The Earth, etc..).
Du coup, retrouver ce scénariste sur Silver Surfer, un personnage dont la noblesse écrase tout le reste, m’inquiétait un peu. Je craignais déjà des blagues scatos qui n’auraient pas convenu du tout à ce que j’envisageais pour le Surfer. Encore une fois, c’est la présence de Mike Allred qui m’a convaincu de la faire en single, puisque pour moi, c’est une combinaison parfaite, même si son style de plaît pas à tout le monde. Mike Allred sur le Surfer, j’en rêvais depuis un moment et Marvel a réalisé mon rêve.
J’ai été particulièrement rassuré à la lecture du premier arc en trois parties qui a pour protagonistes une bonne demi-douzaine de races extraterrestres aux looks plus déjantés les uns que les autres, une planète impossible et surtout la NEVER QUEEN, qui se trouve tout simplement être ni plus ni moins qu’une version « féminine » d’ETERNITE.
C’est très bien. En fait, Dan Slott utilise pour son Silver Surfer un style qui ne serait pas sans rappeler celui utilisé pour les histoires du Dr WHO, à savoir une jeune fille totalement ancrée à la Terre et à sa réalité qui ne peut pourtant pas refuser de partir en vadrouille avec un être cosmique et qui va, au fil des temps, nouer des liens affectifs avec lui.
Dawn Greenwood est sympathique et adoptée dès les premières pages, elle est même beaucoup plus développée dans la série que le héros lui-même. Mais cela fonctionne parfaitement. La relation entre les deux est tout simplement adorable et cela suffit pour faire vibrer mon petit cœur de midinette. Ce premier arc est très bon, Slott permettant à Allred de se faire plaisir, notamment en lui proposant des villes impossibles à dessiner et l’artiste excelle dans quasiment tout ce qu’on llui demande, livrant à chaque numéro des planches aussi magnifiques qu’inventives.
De plus, il tient en trois épisodes, ce qui évite les redites et les redondances. Le rythme est donc bien tenu.
Le deuxième arc est un peu plus faible, il ramène Dawn et Norrin sur Terre, pour faire face à Cauchemar, à Hulk et au Docteur Strange. Il y a aussi un passage obligé inévitable avec les Gardiens de la galaxie, qui ne sert à rien. L’histoire est correcte sans plus, mais permet de véritablement nouer les liens entre les deux protagonistes principaux de la série et d’entériner le choix de Dawn, celui qui va l’emmener aux confins de la galaxie.
On a ensuite deux histoires solos qui parachèvent le début de la relation amoureuse entre Dawn et Norrin, toute en subtilité (il faut le faire remarquer).
Nous voici donc arrivés au numéro 8 et Dawn doit malheureusement apprendre le passé de Norrin et ses actions en tant que héraut de Galactus lorsque les deux tourtereaux arrivent sur une planète composée uniquement de races qui ont survécu à l’extermination de leur planète par l’ogre cosmique.
C’est certainement l’arc le plus réussi au niveau de l’histoire puisqu’on a une véritable évolution de la relation entre Norrin et Dawn. On assiste à de réels sacrifices de la part de l’un comme de l’autre, par amour tout simplement. C’est vraiment très bien. De plus, Allred est fait pour dessiner Galactus et si c’est un peu moins recherché que dans certains autres épisodes, c’est quand même franchement bien fichu en termes de narration.
Et que dire de l’épisode 11, beaucoup plus long que les autres qui vraiment va essayer de nous proposer quelque chose de différent en enfermant notre ami Norrin dans une boucle temporelle. L’idée de Slott est assez originale (proposer deux bandes sur chaque page pendant vingt pages qui forment une boucle) et si c’est quand même nettement moins bien réussi que ce qu’avait fait Alan Moore dans PROMETHEA (il y a quand même quelques soucis de temporalité je trouve), cela a au moins le mérite d’exister dans un comics MARVEL. Cet épisode 11 est certainement celui qui est le plus réussi depuis le début, cela promet donc pour la suite. De plus le lien entre NORRIN et DAWN est encore exploité à merveille.
Par la suite, le Surfer se retrouve embringué dans le crossover SECRET WARS qui redéfinit l’univers Marvel. Slott est un malin puisqu’il réussit à rester dans la trame de ce crossover sans toutefois qu’il soit besoin de le lire pour apprécier l’histoire. ON y retrouve tous les personnages du début et c’est un tournant décisif dans la relation qu’entretiennent nos deux protagonistes principaux.
Ce Silver Surfer est un régal. Il réussit à allier quelque chose de nouveau, de moderne tout en respectant complètement le personnage tel qu’il a été défini par Lee et Kirby. Comme quoi, on peut faire du neuf avec du vieux, kil suffit d’avoir simplement de bonnes idées. L’histoire de Slott n’est peut-être pas toujours exceptionnelle (même si a relation entre Dawn et Norrin est parfaite) mais elle est largement compensée par les dessins d’Allred.
Un des meilleurs comics actuel.
La mauvaise nouvelle : le titre s’est arrêté au numéro 15
La bonne nouvelle : il a été relancé deux mois plus tard avec la même équipe et, d’après ce que j’ai pu lire, la même qualité !

Titres écartés au profit de celui-ci:
– DOCTOR STRANGE de Jason Aaron et Chris Bachalo , où l’équipe qui avait déjà livré le somptueux WOLVERINE AND THE X-MEN redéfinit complètement le docteur de Marvel pour le meilleur.
– WONDER WOMAN new 52 par Azarello et Cliff Chiang qui lui aussi redéfinit le personnage !

100.2014. SUPREME BLUE ROSE #1-7, Image Comics (Warren Ellis/ Tula Lotay)

Diana Dane est une journaliste au chômage qui galère dans ses relations humaines. Un jour, elle est contactée par Darius Dax, un mystérieux entrepreneur spécialisé dans l’anticipation et la prévision du futur afin d’éclaircir un mystère : découvrir ce qu’il s’est passé dans la ville de Littletown et surtout retrouver Ethan Crane, alias Supreme.

J’avais commandé ce TPB uniquement parce que j’avais lu le nom de Warren Ellis et vu les previews de Tula Lotay sur Buzz. Et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’en fait il s’agissait d’une bande dessinée sur SUPREME, oui, le héros de ROB LIEFELD qui a été magnifié et canonisé par Alan Moore. Pourtant en feuilletant le volume, je n’ai vu absolument aucun super-héros dans le coin !!!!
Passer après Moore, il fallait oser et surtout avoir une approche assez originale. Et finalement, quel meilleur auteur que Warren Ellis pouvait nous proposer un truc comme ça.
Attention, ça donne mal à la tête mais le jeu en vaut largement la chandelle.
Ca va être très difficile de faire une critique de cette série sans rien spoiler à tout bien y réfléchir.
Disons qu’Ellis a une idée absolument géniale, à savoir réutiliser tous les personnages de l’univers de SUPREME ainsi que les idées de Moore sur le contexte méta-textuel de la série sans toutefois proposer une suite, ou une version différente. Je ne peux pas vous expliquer plus au risque de vous spoiler. Disons que l’idée (qui prend tout son sens à la fin et ne vous inquiétez pas, tout est bien expliqué) d’Ellis est tout simplement géniale et qu’elle n’imposera aucune contrainte si des auteurs décident de reprendre le héros.
Car oui, Ellis arrive à faire un lien entre le SUPREME de Liefeld et celui de Moore par le biais d’une histoire totalement onirique et à double sens. Cela peut faire penser à DOCTOR THIRTEEN d’Azzarello et Chiang, sauf qu’au lieu de partir directement sur une histoire linéaire, super héroïque ou ultra-référencée par rapport au medium, Ellis préfère faire une intrigue à base de science-fiction. Le point de départ est de savoir si l’on peut voyager dans le temps via une résolution d’équation ainsi que la réécriture d’un univers !!!!
Quel est alors le rapport avec SUPREME et Darius Dax , la série vous le dira, mais disons qu’il faut quand même faire l’effort de s’accrocher jusqu’au dernier numéro qui, promis, vous donnera toutes les explications.
Et qu’est-ce que c’est beau !
Définitivement, Tula Lotay (que je ne connaissais pas du tout) est une star en puissance, proposant des dessins absolument magnifiques et embellis par une colorisation parfaite (oui, les petites ratures présentes à toutes les pages ont une réelle signification dans le cadre de l’histoire).
En sept épisodes, elle enterre clairement Fiona Staples, qui serait celle dont le style se rapprocherait le plus, mais avec un petit goût de David Mack. Je veux revoir cette artiste, qui a peut-être encore des problèmes avec les scènes en mouvement, mais quelle beauté des planches : chaque dessin pourrait être un poster. C’est tout simplement magnifique.

SUPREME : BLUE ROSE est définitivement une mini-série exceptionnelle : des dessins magnifiques et surtout des idées pour faire une série sur SUPREME vraiment bien trouvée. Faire une série sur ce héros sans qu’il apparaisse une seule fois, il fallait le tenter. En plus cela tient la route.
Une grande grande bande dessinée qui (re)donne de l’espoir en ce qui concerne le futur de ce medium.

Titres écartés au profit de celui-ci:
– DOCTOR THIRTEEN par Azzarello et Cliff Chiang

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. ARROWSMITH dit :

    Je trouve qu’il est trop tôt pour décider du niveau de DESCENDER.
    Je n’ai lu que le premier TP du Unknown Soldier de Dysart et c’est en effet très bon. Je prendrai la suite chez Urban.

    D’accord pour le choix de JIM mais pas YA que j’ai finalement trouve prétentieux et décompressé. J’ai du mal avec Gillen.

    Spurrier méritait d’être dans ton top et le choix de X-Men Lagacy est le bon. Série déconcertante mais tellement maîtrisée (narration et continuité). Si on aime les X-Men on ne peut pas ne pas aimer ce titre. Tan Eng Huat est tres bon dessus (surtout au début) et dans la lignée dès scénario dérangés de Spurrier. La folie bien représentée.

    Lazarus a pris de l’ampleur et est désormais au niveau attendu. Par contre je trouve que cela se lit assez vite (mais en restant intéressant).

    Je n’apprecie pas Slott (ses Spidey par exemple) mais son Surfer est une douceur qui se déguste. Une réussite.

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