Huck TPB (Millar/Albuquerque)

HUCK Book1 : ALL-AMERICAN (IMAGE COMICS, 2016)

Contient les numéros #1-6 de la série HUCK (20146)
( Scénariste : Mark Millar, Dessinateur : Rafael Albuquerque, Couleurs: Dave McCaig)

Le pitch :
Huck est un jeune trentenaire qui travaille dans une station-service. Abandonné à la naissance dans un couvent, il est ce que l’on appelle généralement un « gentil gars », un bonhomme tout en muscles et pas très malin qui peut se mettre en quatre pour vous aider. Parce qu’il est trop gentil, trop naïf, trop simple, Huck, il ne ferait pas de mal à une mouche et essaye de faire une bonne action par jour. Il faut dire que Huck a une particularité qui le différencie des autres : il a des superpouvoirs et il les utilise sans compter, que ce soit pour récupérer un bijou au fond de l’océan, récupérer un chat, tondre toutes les pelouses ! C’est donc l’idole de la ville, le secret le mieux gardé du fond de l’Amérique profonde.
Sauf que voilà, la cupidité d’une des habitantes de la ville va attirer l’attention sur notre héros et réveiller de sombres secrets.

J’ai eu un gros problème avec Mark Millar. Je l’ai quasiment découvert sur AUTHORITY (ah Religimon) et ULTIMATES où il m’avait vraiment impressionné, j’ai ensuite lu des œuvres plus vieilles du scénariste, lorsqu’il travaillait en duo avec Grant Morrison et j’ai encore une fois trouvé ça très bien. Déçu par Ultimates 2, plutôt enthousiasmé par des mini-séries comme Wanted ou Chosen et même Civil War (je l’assume), l’arrivée de Kick-Ass et du Millarworld a signé pour moi le début de la fin. En effet, depuis cette période, je n’arrivais plus à apprécier les œuvres du scénariste, que je trouvais toutes plus faciles et outrancières les unes que les autres. Ses Kick-Ass sont tout simplement une horreur et la plupart des séries estampillées Millarworld de l’époque (NEMESIS, SUPERIOR) étaient assez pauvres et ne justifiaient aucunement le buzz fait autour d’elles. Millar était devenu pour moi le symbole du scénariste « hype », qui construit son succès sur des concepts provocateurs absolument pas développés et superficiels, formatés à outrance pour une adaptation au cinéma (bien bien loin de Garth Ennis qui, derrière des blagues de potache et du gore à outrance peut parfois arriver à faire passer des idées sensibles et touchantes). Bref, Millar avait tellement perdu son mojo que personnellement, j’ai arrêté de lire sa production.
Jusqu’à tout récemment, où le scénariste a sorti JUPITER’S LEGACY avec Frank Quietely. Pris surtout pour le dessinateur, j’ai retrouvé dans cette bande dessinée un Millar recentré et qui arrivait ENFIN à faire passer son histoire avant sa personnalité. Les titres qu’il a produit pour Image récemment sont eux aussi du même calibre, ce ne sont pas des chefs d’œuvre, il y a parfois des ratés (MPH) mais la plupart du temps, ce sont de bonnes histoires (STARLIGHT, JUPITER’S LECAGY, CIRCLE) qui m’ont fait passer un bon moment de lecture.
C’est pourquoi je n’ai pas hésité très longtemps avant de commander ce recueil, surtout qu’il est dessiné par Rafael Albuquerque, dont j’avais bien aimé le style sur AMERICAN VAMPIRE et sur certaines couvertures DC Comics.
Huck est dans la moyenne de ce qu’a livré Millar depuis un an, à savoir une bonne histoire, pas révolutionnaire, mais agréable à lire et qui va à l’essentiel.
Et c’est un peu dommage, car les deux premiers épisodes sont extrêmement réussis.
J’ai beaucoup aimé cette idée de héros simple, un peu niais mais débordant de gentillesse. Millar réussit de plus à bien faire passer les émotions et les réactions des gens de la ville ainsi qu’à créer une certaine empathie envers Huck. En gros, on le voit utiliser ses pouvoirs pour faire le bien, et chez moi cela a fonctionné parfaitement.
Malheureusement, Millar se perd un peu à partir du troisième épisode, où il s’intéresse à la famille et aux origines de Huck. Je comprends bien qu’il est impossible de faire une série sans aucune intrigue (quoique… certaines stars du moment y arrivent depuis des années) et qu’il fallait secouer un peu le statu quo mais les origines du personnage sont réellement cliché et déjà vues des dizaines de fois que cela entraîne fatalement une perte d’intérêt. On s’ennuie donc un peu dans cette histoire de guerre froide, d’espions Russes et de méchants modifiés génétiquement et on vraiment envie de retrouver Huck, qui n’est pas du tout à sa place dans cette histoire, de retour dans sa ville autour des gens qu’il aime.
De plus, Millar accélère le rythme et la narration pour terminer son histoire et c’est assez superficiel.
La fin est toutefois plus réussie, les dernières pages renouant avec les émotions et les sentiments du début. Il y a quelques grosses ficelles dans le récit un (notamment ce qui concerne les pouvoirs de la maman de Huck et les aptitudes du héros pour retrouver n’importe quoi) mais ça passe.
Niveau dessins, c’est assez joli. Albuquerque est bon, ses pages sont très agréables à regarder, mais j’ai l’impression qu’il tire un peu la langue en fin de série, ses visages étant un peu moins précis qu’au départ et son trait moins affiné. Il n’y a pas non plus beaucoup de travail sur les décors, mais cela reste toutefois très joli.

Pour résumer, Huck est une histoire sympathique, qui part d’une idée plutôt originale (un vrai « gentil » avec des superpouvoirs, un gars simple et naïf dont le seul but et de rendre ses voisins heureux) mais qui aboutit sur une intrigue un peu générique, pas du tout originale et traitée un peu par-dessus la jambe. Concrètement, je pense qu’il aurait mieux valu faire un one-shot plutôt qu’une série en six épisodes. Mais, encore une fois, Millar s’efface derrière son histoire, à tel point qu’on ne le reconnaît pas du tout, et c’est le meilleur compliment qu’on puisse lui faire.
Les dessins sont très bons et viennent conforter l’idée que l’on a lu un comics un peu mieux que moyen. Au vu des productions de Millar depuis Kick Ass, c’est déjà énorme !

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